Health and wellbeing will be the new green

Alors que les certifications et les labels traitant de développement durable sont devenus des must-have au sein de l’industrie immobilière ces dernières années, la crise sanitaire va placer les sujets de santé et de bien-être au cœur des préoccupations des utilisateurs, des exploitants et des propriétaires. Décryptage.

Alors que les certifications et les labels traitant de développement durable sont devenus des must-have au sein de l’industrie immobilière ces dernières années, la crise sanitaire va placer les sujets de santé et de bien-être au cœur des préoccupations des utilisateurs, des exploitants et des propriétaires. Décryptage.

Quel est le point commun entre Unibail-Rodamco-Westfield, Viparis, Accor et B&B Hôtels à l’approche du 11 mai ? Tous ont engagé des démarches pour faire certifier la sécurité sanitaire de leurs sites.

Unibail-Rodamco-Westfield a ainsi renforcé sa démarche pour labelliser ses centres commerciaux en matière d’hygiène, santé et environnement en partenariat avec Bureau Veritas. "Cette initiative, menée avec le concours d’épidémiologistes, nous permettra de renforcer encore l’excellence de nos pratiques en matière de santé, sécurité et environnement (HSE) et de garantir leur conformité avec les toutes dernières recommandations des autorités sanitaires, explique Christophe Cuvillier, président du directoire d’Unibail-Rodamco-Westfield. Dépassant le cadre actuel de l’épidémie de Covid-19, cette démarche s’inscrit dans le long terme, pour que notre groupe reste en pointe en matière d’hygiène, santé et environnement." La filiale de la foncière et de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Île-de-France dédiée à l’accueil de congrès et de salons, Viparis, a élaboré pour sa part un référentiel en matière de sécurité sanitaire des sites évènementiels. Ce label, appelé "SAFE V" et également défini avec Bureau Veritas, s’inscrira dans lignée des démarches conduites par d’autres acteurs du tourisme.

Accor développe justement, toujours avec Bureau Veritas, un autre label autour des mesures sanitaires pour accompagner la reprise d’activité dans l’hôtellerie et la restauration. "Aujourd’hui et plus que jamais, nos collaborateurs, nos clients, nos partenaires ont besoin d’être rassurés sur notre capacité à les accueillir dans les meilleures conditions, souligne Franck Gervais, directeur général Europe. En tant que leader de l’hospitalité en Europe, nous nous devons d’anticiper les besoins et répondre avec la plus haute exigence aux enjeux de santé et de sécurité." B&B Hotels France a retenu quant à lui Socotec pour créer un référentiel de certification sur l'hygiène, la santé et les protocoles de décontamination au Covid-19. Cette frénésie autour des certifications couvrant la santé semble devoir se propager aux immeubles de bureaux.

Le choix de l’approche holistique


"Nous avons reçu beaucoup de questions sur les aspects sanitaires et de santé de nos certifications, révèle Patrick Nossent, président de Certivea (filiale du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) qui développe l’offre HQE en France et propose des labels et certifications pour accompagner les acteurs du bâtiment et de l’immobilier dans la progression de leurs performances durables). Nous avons également reçu des demandes d’opérateurs qui se préparent à déployer nos référentiels répondant à ces enjeux sur l’ensemble de leur parc." Si aucune offre ne traite spécifiquement le sujet à ce jour, plusieurs l’incluent dans une approche holistique. "Le label OsmoZ de Certivea, Well de l’International well building institute et Fitwel du Center for active design traitent de la santé et du bien-être des occupants des bâtiments, liste Gwennaële Chabroullet, présidente de la commission santé et bien-être de la Smart Building Alliance (SBA). Ils comportent à la fois des éléments techniques et architecturaux, d’autres d’ordres serviciel et de management et politique." La certification HQE inclut quant à elle un engagement sur la qualité de vie et adresse par ce biais les questions de santé. Mais ces différentes offres sont-elles bien calibrées pour répondre aux préoccupations des utilisateurs et des propriétaires ?

"Une grande partie de la réponse se trouve déjà dans nos certifications et labels avec la prise en compte, par exemple, des sujets de qualité de l’air et de nettoyabilité des matériaux, assure Patrick Nossent. Notre travail dans les semaines et mois à venir va consister à enrichir nos référentiels en fonction des retours terrain et de ce que nous apprendra la science. Nous devrons également faire évoluer notre approche. Nous sommes spécialisés dans le domaine tertiaire mais le confinement actuel fait du logement un prolongement naturel du bureau et nous devrons traiter les questions posées par la mixité des usages." L’idée de créer une offre dédiée est donc écartée.

"Les hôteliers et les professionnels de la certification qui ont uni leurs forces vont développer de nouveaux labels, observe Patrick Nossent. C’est une démarche qui prend du temps. Chez Certivea, nous bénéficions de quinze ans de retours d’expérience sur les problématiques de santé et de confort grâce au référentiel HQE. Il ne faudrait pas non plus se focaliser uniquement sur les problématiques soulevées par le virus en laissant de côté d’autres urgences comme la lutte contre le changement climatique par exemple." Gwennaële Chabroullet ajoute : "La crise sanitaire actuelle fait ressortir l’importance du cadre bâti, de l’offre de services, de la localisation et de la connectivité du bâtiment. De nombreuses interactions existent entre ces différents aspects, ce qui légitime une approche holistique et non ciblée. De plus, n’oublions pas que la santé est définie par l’OMS comme un état complet de bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité."

Dans ces conditions, elle prévoit "une accélération de la diffusion des cadres de référence, certifications et labels qui favorisent la santé et le bien-être, dans toutes les typologies d’actifs." Un point de vue partagé par Patrick Nossent : "Les référentiels qui traitent des questions de santé et de bien-être dans l’immeuble vont devenir indispensables au cours des prochaines années." Voici sans doute un des premiers impacts structurels de la crise sanitaire sur l’industrie immobilière.

Par François Perrigault (@fperrigault)

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