H. Calef (Advance Capital) : "La manière d’exercer notre métier m’a fortement incité à les rejoindre"

La crise de la Covid-19 n’a fait qu’encourager la volonté d’expansion d’Advance Capital et les projets de développement se poursuivent sur ses quatre métiers que sont le transaction services, le restructuring, la transformation et l’évaluation. Pour preuve, le cabinet accueille en ce début d’année 2021 Henri Calef, jusqu’alors responsable de l’activité restructuration financière d’entreprise au sein du département Financial Advisory Services de Mazars, au cœur de la pratique Restructuring. Il nous explique ses motivations et ses projets aux côtés d’Arnaud Vergnole, associé et cofondateur d’Advance Capital et d’Emmanuel Squinabol, associé en charge de la practice Restructuring au sein d’Advance Capital.

La crise de la Covid-19 n’a fait qu’encourager la volonté d’expansion d’Advance Capital et les projets de développement se poursuivent sur ses quatre métiers que sont le transaction services, le restructuring, la transformation et l’évaluation. Pour preuve, le cabinet accueille en ce début d’année 2021 Henri Calef, jusqu’alors responsable de l’activité restructuration financière d’entreprise au sein du département Financial Advisory Services de Mazars, au cœur de la pratique Restructuring. Il nous explique ses motivations et ses projets aux côtés d’Arnaud Vergnole, associé et cofondateur d’Advance Capital et d’Emmanuel Squinabol, associé en charge de la practice Restructuring au sein d’Advance Capital.

Décideurs. Qu’est-ce qui vous a séduit chez Advance Capital ?

Henri Calef. Ces dernières années, j’ai assisté à l’essor des pure players en advisory qui se sont détachés des gros cabinets d’audit où j’ai acquis mon expérience. Emmanuel, qui m’a précédé dans l’aventure Advance, n’a eu de cesse de m’encourager à rejoindre l’équipe. En ce début d’année 2021, j’ose franchir le pas.

La manière d’exercer notre métier chez Advance Capital m’a fortement incité à les rejoindre. Elle se distingue de celle des mastodontes dont je viens car elle n’est pas figée. Le monde comme les entreprises évoluent. Les business models sont de plus en plus mis à l’épreuve et on ne peut pas continuer à n’exercer le restructuring qu’en urgentiste financier qui "produit" des chiffres. Dans un environnement complexifié par la crise sanitaire et accélérateur de mutations de business models, il est nécessaire d’aller au-delà, de donner toujours plus de valeur à nos clients et de faire preuve d’agilité.

À ce titre, la prestation restructuring financier, déjà très complémentaire du savoir-faire des avocats, va devoir de plus en plus se conjuguer avec l’accompagnement à la transformation. Il est manifeste que la sortie de la crise sanitaire va se caractériser par la nécessité pour nombre d’acteurs économiques d’opérer une mutation de leur business model, voire de rattraper une mutation nécessitée par le marché et qui n’aura pas forcément été mise en place à temps. Nous devons être capables d’aller au-delà de la restructuration et d’accompagner les entreprises sur le terrain de la transformation.

Emmanuel Squinabol. En effet, j’ai précédé Henri d’un peu plus d’un an chez Advance Capital afin d’y créer le département Restructuring. Cela m’a laissé le temps d’apprécier le mode de fonctionnement collectif du cabinet. Un point que je déplorais dans mes précédentes expériences. J’ai découvert une vraie communauté d’associés qui pense avant tout business et ne réfléchit pas de manière individualiste, chacun sur son P&L. Tous les associés travaillent avant tout au bénéficie d’Advance Capital et non pas à leur propre profit. Cela permet notamment de mutualiser l’ensemble des connaissances et des compétences pour pouvoir sourcer et sortir les dossiers par le haut.

Pour ce qui est de l’expertise Restructuring, après un parcours commun de plus de cinq ans avec Henri, nous avons appris à nous connaître et nous faire confiance. Son arrivée va nous permettre d’être plus forts à Paris et sur le nord de la France grâce à son implantation lilloise. Notre champ d’action s’étend désormais de Lille à Marseille, en passant par Paris et Lyon.

Arnaud Vergnole. Ce qui constitue notre ADN et ce qu’Emmanuel et Henri sont venus chercher chez Advance Capital c’est l’absence de compte de résultat individuel par associé. Cela permet de faire tomber les barrières entre associés et métiers et nous autorise à réaliser une démarche commerciale collective.

Par ailleurs, nous sommes très attentifs à l’ambiance et à la qualité de vie au travail. On ne recrute pas des jeunes pour les voir repartir dans les premières années. Nous sommes particulièrement fiers de notre faible turnover, inférieur à 5 %, contrairement à celui des grosses structures qui tourne autour de 25 %. Il est primordial de faire une place à tout le monde. Cela se matérialise notamment par la réalisation d’un seul reporting mensuel communiqué à l’ensemble des forces vives du cabinet. Nous rejoindre, c’est un choix de vie. Tout le monde participe à cette épopée.

"Nous devons être capables d’aller au-delà de la restructuration et d’accompagner les entreprises sur le terrain de la transformation" H. Calef 

Quels sont les projets d’Advance Capital pour 2021 ?

A.V. Toutes nos expertises se renforcent. Le métier de l’évaluation qui vient compléter des problématiques sur nos autres cœurs de métiers est actuellement sur-sollicité et nous allons attirer de nouveaux talents. Le métier du transaction services, ou interviennent également Olivier Poncin, cofondateur d’Advance avec moi, et Thomas Bettant, associé, est également très mobilisé. Plusieurs recrutements au fil de l’eau sont prévus. Quant au métier de la transformation porté par Thomas Cisterne, il poursuit sa consolidation. Il prend en compte l’amélioration de la performance, qu’elle soit financière comme industrielle, la conduite du changement, pour laquelle nous sommes régulièrement consultés dans ce contexte de crise, et enfin tout ce qui concerne les mesures comme la mise en place de reportings qu’ils soient financiers ou non. PME et ETI regardent, plus que jamais, vers le futur et cherchent des objectifs concrets, nous les aidons à y voir plus clair.

E.S. Plus particulièrement, en matière de restructuring, nous allons mettre en commun toutes nos compétences entre les bureaux de Lyon et Paris. Cela va de la production de chiffre au distressed M&A en matière duquel Henri possède une compétence reconnue.

Tout en restant à l’écoute des opportunités de croissance, les futurs recrutements permettront d’étendre notre maillage national. Par exemple, nous ne sommes pas encore présents sur le Grand Ouest et cela pourrait être une piste de développement.

"Tous les associés travaillent avant tout au bénéficie d’Advance Capital et non pas à leur propre profit" E. Squinabol

Comment comptez-vous faire la différence en matière de restructuring ?

H.C. Je suis très attentif à l’évolution du métier. J’ai toujours fait extrêmement attention à ne pas être qu’un producteur de chiffres mais à essayer d’épouser l’économie de l’entreprise. Il faut sans cesse rechercher comment on peut ajouter de la valeur ; l’enjeu du redressement d’une entreprise ne passe pas seulement par l’acte chirurgical, momentané, de restructuration mais par le suivi post-opératoire et l’accompagnement. C’est un point discriminant par rapport à la concurrence. Encore faut-il bien évidemment que le client y consente. Dans cet esprit, tout ce qui touche à la transformation en relais du restructuring m’intéresse tout particulièrement.

Toujours en termes d’évolution du métier, il ne m’étonnerait pas que les plans de cession judiciaires reprennent un peu de vigueur. Ces dernières années, on a constaté une paupérisation de tout ce qui était stressed M&A ou distressed M&A. Des entreprises de plus en plus abîmées arrivaient à la barre du tribunal avec de moins en moins d’actifs à reprendre. La matière pourrait reprendre des couleurs à la faveur de la sortie de crise sanitaire. Ils représentent d’excellentes opportunités pour un certain nombre d’entreprises de faire de la croissance externe pertinente et de faire émerger des champions dans des catégories sectorielles d’activités. Ces restructurations devront s’opérer rapidement et efficacement. Le paysage des PME françaises a besoin de se restructurer notamment dans certains secteurs encore très atomisés où les marges sont dégradées par l’intensité du jeu concurrentiel au point de mettre en danger les acteurs les plus faibles. Nous nous devons d’être présents, avec notre compétence financière, aux côtés des avocats, pour participer à des plans de cession qui permettent de structurer ces secteurs d’activité.

E.S. Advance Capital c’est un peu moins de 300 missions chaque année sur les deux dernières années. Les contacts sont donc très étroits et approfondis avec l’ensemble des fonds d’investissement, des banques d’affaires de la place ou les corporates. Il y a un véritable foisonnement avec l’ensemble des associés pour trouver des solutions intelligentes à proposer aux clients. Pas une journée ne s’écoule sans évoquer une opportunité de reprise que ce soit en pré-pack cession ou à la barre pour permettre aux clients qu’on a soutenus de croître d’une manière différente. Nous nous attachons à développer cette approche pour aller plus loin en matière de restructuring.

"Nous sommes particulièrement fiers de notre faible turnover, inférieur à 5 %" A. Vergnole

Que nous réserve le métier du restructuring en 2021 ?

H.C. Les aides d’État ont été nombreuses depuis le premier trimestre 2020. Tôt ou tard, il faudra affronter la réalité. Cependant, je ne crois pas à une crise généralisée mais à un effet plus progressif qui engendrera un besoin d’accompagnement intelligent. Notre mission sera de tenir la main des managers pour les aider à passer ce cap difficile en ajustant notamment leur structure au rythme de reprise de leur activité. Nous aurons fort à faire mais sur des sujets légèrement différents de ce que nous avions l’habitude de traiter jusque-là.

Propos recueillis par Béatrice Constans

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