Gilles Bouvelot (EPIF) : «Le renouvellement urbain n’est plus un processus séquentiel »

Départements, communes et bien sûr la Métropole du Grand Paris s’appuient sur l’Établissement public foncier d’Île-de-France, surnommé « le grand EPF » qui mobilise, transforme et revalorise le foncier. Avec un montant global de cessions s’élevant à 401 millions d’euros, sa force de frappe s’accroît. Décryptage avec  Gilles Bouvelot, son directeur.

Départements, communes et bien sûr la Métropole du Grand Paris s’appuient sur l’Établissement public foncier d’Île-de-France, surnommé « le grand EPF » qui mobilise, transforme et revalorise le foncier. Avec un montant global de cessions s’élevant à 401 millions d’euros, sa force de frappe s’accroît. Décryptage avec Gilles Bouvelot, son directeur.

Décideurs. Le titanesque chantier du Grand Paris est aujourd’hui lancé au niveau des transports. Sur le plan de l’aménagement urbain et de la mobilisation du foncier, quelle est votre mission ?
Gilles Bouvelot. L’Établissement public foncier d’Île-de-France (EPFIF) accompagne les grandes stratégies territoriales. Il est l’instrument foncier de l’État, de la Région, des départements, de la Métropole du Grand Paris, des communes et des EPCI. Au total, cela représente 320 collectivités d’Île-de-France et 75 % de la population de la région. Notre rôle consiste à apporter notre savoir-faire aux collectivités franciliennes ainsi que nos capacités d’investissement au service des nouveaux projets urbains et immobiliers. C’est dans ce cadre que nous sommes partenaires de 90 % des communes qui accueilleront une gare du Grand Paris Express. Nous n’intervenons pas sur les gares en tant que telles mais sur les projets qui vont se développer autour de ces nouveaux sites.

Comment travaillez-vous au quotidien avec les collectivités ?
L’action de l’EPF Île-de-France se déroule en cinq étapes. Le diagnostic permet d’abord d’évaluer les conditions de notre intervention. Ensuite, la commune et l’établissement signent une convention définissant le périmètre de l’intervention, sa durée et son enveloppe financière. Ensuite, les équipes de l’EPFIF négocient et achètent les terrains. Elles mènent la requalification des terrains et des bâtiments. Puis, l’EPFIP revend les biens aux opérateurs désignés par la collectivité. La cession s’effectue au prix de revient sans réaliser ni bénéfice ni rémunération. Le coût final du foncier n’est donc pas impacté par l’inflation des prix pendant la durée de définition des projets, et ceci facilite la faisabilité des différentes opérations. Depuis 2016, grâce à la fusion des quatre établissements publics d’État, nous avons mutualisé nos ressources. La nouvelle feuille de route définie par notre conseil d’administration sous la présidence de Valérie Pécresse, et aujourd’hui de Geoffroy Didier, a permis une nette accélération des cessions qui s’élèvent aujourd’hui à 401 millions d’euros (+ 20 %).

Les opérateurs privés viennent de plus en plus en amont du processus de fabrication des projets 

Comment synchroniser les logiques d’investissement des acteurs publics et des acteurs privés ? 
Le renouvellement urbain n’est plus un processus séquentiel mais superposé. Hier, la réussite d’une opération dépendait de la qualité de l’enchaînement des opérations des acteurs publics et des opérateurs privés. Désormais, les interventions sont beaucoup plus imbriquées. Les opérateurs privés viennent de plus en plus en amont du processus de « fabrication ». Nous sommes dans de l’urbanisme de projet.

Quinze sites de l’EPIF figurent parmi les propositions d’« Inventons la métropole ». En quoi les concours ou appels de projets de ce type sont-ils des accélérateurs d’innovation urbaine ?
Depuis les trois dernières années, les appels à projets se sont multipliés, à l’initiative de la Ville de Paris, de la Métropole du Grand Paris, de la Région Île-de-France et de l’État. Ces concours sont des vecteurs d’innovation et de pédagogie. Ces appels à projets mettent en lumière les potentialités des différents sites, permettent de mieux associer les parties prenantes et de sortir de la discussion entre experts. Non seulement en raison de l’importance de son portefeuille foncier (douze millions de m² en Île-de-France), mais également pour son expertise technique de mobilisation foncière qui couvre à la fois, sa capacité de diagnostic et de requalification, l’EPF Île-de-France est associé à cette « effervescence urbaine ».

Propos recueillis par Laetitia Sellam
 


 

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