G. Paoli (Aramis Group) : "Notre développement à l’étranger passe forcément par le M&A"

Aramis Group, leader européen de la vente en ligne de voitures d’occasion, a réalisé au mois de juin 2021 la plus grosse introduction en Bourse de Paris depuis celle de la FDJ en 2019. Guillaume Paoli, co-fondateur et co-président, revient sur cette étape stratégique dans le développement du groupe français.

Aramis Group, leader européen de la vente en ligne de voitures d’occasion, a réalisé au mois de juin 2021 la plus grosse introduction en Bourse de Paris depuis celle de la FDJ en 2019. Guillaume Paoli, co-fondateur et co-président, revient sur cette étape stratégique dans le développement du groupe français.

Décideurs. Il y a quelques semaines votre IPO a été couronnée de succès. Comment s’est-elle déroulée et quels sont ses objectifs ?

Guillaume Paoli. Grâce à notre modèle économique fort et à la croissance profitable du groupe nous avons pris la décision d’aller encore plus loin dans notre développement. Pour y parvenir, il était nécessaire de lever des fonds. C’est chose faite grâce à notre introduction en Bourse qui nous a permis de récolter 250 millions d’euros en equity et la signature de 200 millions d’euros de dette à travers un revolving credit facility.

Notre stratégie est très simple : premièrement, acheter plus de voitures, faire plus de marketing pour réaliser plus de ventes sur un marché qui peut absorber une croissance très forte. Grâce à ces opérations nous allons donc investir davantage pour poursuivre notre développement. Deuxièmement, accélérer notre stratégie d’acquisition qui nous a permis jusqu’à présent de nous implanter au Royaume-Uni, en Espagne et en Belgique.

Quelle place votre actionnaire Stellantis occupe-t-il à la suite de cette opération ?

Stellantis possède aujourd’hui 60 % du capital, Nicolas Chartier et moi-même détenons environ 17 % et le reste se répartit entre les différents investisseurs français, européens et américains. Notre actionnaire majoritaire depuis fin 2016 nous a fortement accompagné au cours de ces dernières années, notamment en nous procurant des ressources ou en développant des synergies industrielles avec l’approvisionnement de voitures d’occasion. Il continue d’être engagé à nos côtés à la suite de cette opération. C’est un soutien précieux pour notre croissance.

"Notre ambition est de devenir la plateforme d’achat de voitures d’occasion préférée des Européens"

Le produit de la levée de fonds doit notamment vous permettre de financer votre croissance externe. Avez-vous d’ores et déjà identifié des cibles ?

Notre ambition est de devenir la plateforme d’achat de voitures d’occasion préférée des Européens. Pour y parvenir, nous comptons continuer sur le même rythme d’acquisition que celui de ces cinq dernières années avec nos trois opérations. Notre développement à l’étranger passe forcément par le M&A car chaque marché est très spécifique et il est primordial de travailler avec des acteurs locaux ambitieux. Ainsi, au mois de mars 2021, nous avons concrétisé l’acquisition de MotorDepot (maison mère de CarSupermarket.com, l'un des leaders britanniques de la vente de voitures d’occasion) qui réalise un chiffre d’affaires d’environ 250 millions d’euros au Royaume-Uni et nous permet de nous implanter durablement dans ce pays. Actuellement, nous avons des discussions, plus ou moins avancées, avec différents opérateurs en Europe.

Comment le marché des véhicules d’occasion a-t-il affronté la crise sanitaire et quel est votre positionnement sur ce marché ?

Le marché de la voiture d’occasion est de 400 milliards d’euros en Europe mais il est très fragmenté car aucun opérateur ne possède plus de 1 % de parts. Par ailleurs, il se digitalise de plus en plus. Cela en fait donc un marché extrêmement résilient et avec une croissance constante qui se situe autour de 4 % par an.

La mobilité aujourd’hui en Europe passe avant tout par la voiture individuelle. Deux tiers des Européens vont travailler chaque matin en voiture, plus de 80 % des ménages en possèdent une, et la moitié d’entre eux en ont même deux. Par ailleurs, pour un pays comme la France, il se vend environ une voiture neuve pour cinq ou six véhicules d’occasion.

Nous avons commencé il y a vingt ans avec Nicolas Chartier dans son studio avec seulement 20 000 euros chacun. Le modèle que nous avons pu construire est solide et, malgré les difficultés du marché automobile, il nous permet de continuer à croître. Parmi les acteurs d’une certaine taille, nous sommes d’ailleurs le seul opérateur de vente de voitures d’occasion en ligne qui soit rentable. En outre, nous avons annoncé au mois de juillet nos résultats du troisième trimestre. Ils sont extrêmement positifs et nous permettent de confirmer tous les objectifs présentés lors de notre introduction en Bourse.

Propos recueillis par Béatrice Constans

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