G. Outters (Culture Patrimoine) : "Il n’y a pas de rendement sans risque"

L’appétit des épargnants pour les produits structurés est-il justifié ? Le risque est-il bien appréhendé par ces investisseurs ? Gabriel Outters, business executive au sein du cabinet de gestion  de patrimoine Culture Patrimoine, nous offre un éclairage bienvenu.
Gabriel Outters

L’appétit des épargnants pour les produits structurés est-il justifié ? Le risque est-il bien appréhendé par ces investisseurs ? Gabriel Outters, business executive au sein du cabinet de gestion de patrimoine Culture Patrimoine, nous offre un éclairage bienvenu.

Décideurs. Comment les produits structurés ont-ils résisté à la forte volatilité des marchés financiers en 2020 ?

Gabriel Outters. Ces solutions d’investissement ont en pratique très bien réagi face à la crise, leurs valorisations sont d’ailleurs déjà revenues à leurs niveaux d’avant crise. Au moment de la chute des marchés, leurs valeurs liquidatives ont été fortement impactées mais cela ne représente pas la santé financière de l’investissement. En effet, les produits structurés sont des titres de créance à détenir sur des durées longues (6 à 12 ans) avec à terme –  pour la plupart  – des mécanismes de protection partiels allant jusqu’à - 40 %/- 50 % pour le capital, et jusqu’à - 20 % pour les coupons. Ainsi, la valeur a fluctué mais l’investissement et sa rentabilité ont été préservés.

Par ailleurs, la forte volatilité des marchés a offert des conditions de structuration très favorable, ainsi que des points d’entrée attractifs.

En conclusion, la bonne question à se poser au sujet de ces investissements structurés quand on est dans la tourmente est la suivante : « Les marchés vont-ils remonter un jour ou continuer à baisser tout au long de la vie du produit ? »

Est-ce le bon moment pour s’intéresser à ces solutions ?

Oui, les structurés restent l’un des meilleurs ratio risque/rentabilité, en particulier dans le cas de marchés élevés, car ils s’inscrivent sur le long terme qui est un très bon paratonnerre contre les effets de yoyo du marché et sont très souvent structurés avec des protections partielles à la baisse assez forte (- 30 % à - 50 %) similaire aux chutes que l’on a pu observer sur les sous-jacents les plus communément traités (Euro Stoxx 50, Cac 40…).

De plus, la rentabilité est fixée à l’avance et permet, dans un contexte trouble, de donner un peu de visibilité. C’est un investissement recommandé pour une personne qui pense que les tempêtes se terminent un jour mais ne souhaite pas pâtir de l’aléa sur la performance qui est lié au mauvais temps.

"Les structurés restent l’un des meilleurs ratio risque/rentabilité"

Certains voient dans les produits structurés un outil de protection efficace contre le risque de perte en capital. Font-ils fausse route ?

Absolument pas, un structuré offre très souvent une protection partielle du capital avec comme sous-jacents de grands indices.

De plus, le pourcentage de protection en capital prévu correspond souvent à des « Max Drawdown » historiques, c’est-à-dire à des pertes maximales enregistrées par un portefeuille sur une période récente.

Enfin, même s’il est réalisé sur une durée longue, un investissement structuré se dénoue dès que la valeur de son sous-jacent est dépassée au moment de la constatation. Cela offre un effet cliquet qui permet de sortir quand le marché est montant et de se préserver de la baisse à venir. 

Les frais pratiqués sur les produits structurés sont-ils justifiés ?

Pour les investisseurs, la rentabilité présentée est nette de frais, hors ceux du contrat support (assurance-vie, PEA, compte-titre, etc.). Les frais du contrat varient, quant à eux, énormément selon les assureurs. Ces coûts demeurent souvent moins élevés dans le cadre d’une assurance-vie luxembourgeoise.

Concernant les frais prélevés à l’origine que ne voit pas l’investisseur, il y a la rémunération du conseil en gestion de patrimoine qui oscille entre 2 % et 4 % une fois, comparables voire inférieurs à ceux d’un OPCVM, dont les frais de gestion s’élèvent à 0,8 % chaque année. Il faut ajouter à cela les frais prélevés par le Broker, environ 0,5 %. Enfin, on doit ajouter les frais du structureur. Et c’est justement là où il peut y avoir le plus d’opacité.

In fine, en regardant la rentabilité du placement final par rapport au niveau de risque encouru et aux autres investissements, les produits structurés restent attractifs.

"Une classe d’actifs atypique et complexe  à appréhender" 

Quels sont les conseils que vous voudriez donner aux investisseurs s’intéressant à cette classe d’actifs ?

Il s’agit d’une classe d’actifs atypique et complexe à appréhender. Il est indispensable pour un épargnant de pouvoir échanger au préalable avec un conseil en gestion de patrimoine compétent. Il faut aussi avoir en tête qu’il n’y a pas de rendement sans risque. Celui-ci est bien présent, sinon la rémunération ne serait pas aussi importante.

Quoi qu’il en soit, je conseillerais notamment aux personnes intéressées de bien comprendre le sous-jacent sur lequel le produit structuré est construit et de privilégier les principaux indices reposant sur de grandes capitalisations, plutôt qu’une valeur ou un panier de valeurs.

Par ailleurs, les produits structurés se dénouent lorsque les valeurs du sous-jacent atteignent un certain niveau à une date anniversaire fixe. Cette fréquence doit, à mon sens, être la plus courte possible, par exemple à chaque semestre. Enfin une protection sur les coupons comme une mise en mémoire ou un versement jusqu’à - 20 % permet de conserver la rentabilité de l’investissement en cas de tempête.

Propos recueillis par Aurélien Florin (@FlorinAurélien)

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