G. Etcheberrigaray et C. Paoli (Invest AM) : "Nous opérons un virage stratégique en nous ouvrant aux distributeurs"

Spécialiste de la gestion d’actifs, Invest AM, filiale de Cyrus Conseil, a adopté un modèle proposant des produits diversifiés, mondiaux et multi-sectoriels. Un positionnement qui a fait ses preuves au plus fort de la crise. Forte de cette singularité, la structure entame une phase de développement vers le B2B. Gilles Etcheberrigaray et Constantin Paoli nous détaillent ce virage stratégique.
Gilles Etcheberrigaray, directeur général et Constantin Paoli, directeur du développement chez Invest AM

Spécialiste de la gestion d’actifs, Invest AM, filiale de Cyrus Conseil, a adopté un modèle proposant des produits diversifiés, mondiaux et multi-sectoriels. Un positionnement qui a fait ses preuves au plus fort de la crise. Forte de cette singularité, la structure entame une phase de développement vers le B2B. Gilles Etcheberrigaray et Constantin Paoli nous détaillent ce virage stratégique.

Décideurs. Quels ont été les impacts de la crise sanitaire sur votre activité depuis le début de l’année 2020 ?

Constantin Paoli. Malgré son caractère totalement atypique, nous avons connu une belle année 2020. Entre janvier et septembre, nous sommes passés de 630 millions d’euros à 730  millions d’euros d’encours sous gestion. Une collecte de 100 millions d’euros tout à fait significative au regard de notre taille. D’ailleurs, de ce côté-là également, la croissance est au rendez-vous puisque notre équipe a plus que doublé depuis 2019, passant de cinq à onze collaborateurs. L’un des événements marquants de l’année demeure l’ouverture de notre offre au B2B, c’est-à-dire aux CGP, family offices et banquiers privés. En effet, en qualité de filiale du groupe Cyrus, Invest AM proposait historiquement son savoir-faire aux clients du groupe. L’année 2020 signe donc un virage stratégique pour notre maison. Nous avons mis les bouchées doubles en matière de communication et de marketing pour gagner en notoriété et surtout nous avons accéléré notre développement commercial en organisant des roadshows et des rencontres avec tout l’écosystème.

La crise vous a-t-elle poussé à modifier votre stratégie d’investissement ?

Gilles Etcheberrigaray. Non, pas vraiment. Nous avons été robustes dès le début d’une crise unique par ses caractéristiques avec un plongeon initial puis un rebond et des oscillations des marchés. Aujourd’hui, nous sommes à la croisée des chemins, entre un ancien monde pas encore tout à fait enterré et un nouveau monde pas encore né. Cette période est la plus délicate à gérer. Dès que la situation se sera normalisée grâce à la découverte d’un vaccin, d’un traitement ou même peut-être par l’atteinte de l’immunité collective, on retrouvera des relations plus normales entre la macroéconomie, les marchés et les politiques budgétaires. Depuis la pandémie, nous n’avons pas changé notre façon de travailler. Notre positionnement de pure player de l’allocation d’actifs, nous assurant une capacité d’adaptation et de souplesse, n’est évidemment pas étranger à notre résilience. D’ailleurs, les performances de nos fonds en témoignent. Même au cœur de la crise en mars, par exemple, Invest Latitude Patrimoine n’est resté que deux ou trois semaines dans le négatif.

"Notre positionnement de pure player de l’allocation d’actifs n’est évidemment pas étranger à notre résilience"

L’un des éléments différenciant d’Invest AM est sa "flexibilité intellectuelle". Pouvez-vous nous en dire plus ?

G. E. Intervenir sur les marchés financiers, c’est savoir raconter de belles histoires mais surtout savoir comment réagir lorsque la fin escomptée est bien loin de celle éprouvée. Chez Invest AM, nous essayons de penser le monde différemment, loin du consensus majoritaire. Par exemple, nous pensons que la remontée des actions est déconnectée de la réalité économique, ce qui ne l’empêche pas de se produire. En nous efforçant à réfléchir loin des idées majoritaires, nous construisons une vision qui nous est propre et qui semble faire ses preuves puisque depuis le début de ma carrière, je peux, je crois, affirmer ne jamais avoir été pris dans des bulles, quelles qu’elles soient – internet, la hausse du cours du pétrole, le Brexit… Mais cette flexibilité intellectuelle n’a rien à voir avec une approche structurellement négative. Il nous est arrivé d’être massivement acheteurs quand les chars américains ont pris les puits de pétrole à Bagdad en 2003 ou lorsque Draghi a affirmé sa position du "whatever it takes". Vous fêtez cette année vos dix ans.

Quelles sont vos ambitions à moyen et long terme ?

C.P. Notre priorité est de poursuivre notre virage stratégique vers le développement externe initié cette année car la pandémie et les confinements ne nous ont pas facilité la tâche. En outre, notre objectif est simple : maintenir la pertinence et la robustesse de notre modèle dans un monde qui s’annonce plus inflationniste et dans lequel les taux vont remonter.

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