G. Brateau (BNP Paribas Banque Privée) : "L'immobilier est résilient en matière de cycle économique"

G. Brateau (BNP Paribas Banque Privée) : "L'immobilier est résilient en matière de cycle économique"
Guillaume Brateau

L’environnement économique difficile et les éventuelles conséquences du développement du télétravail font peser de nombreuses incertitudes sur l’immobilier d’entreprise et de commerce. Faut-il pour autant se détourner des SCPI ? Guillaume Brateau, directeur commercial, BNP Paribas Banque Privée fait preuve de mesure et maintient sa confiance dans ce placement.

Décideurs. La période est-elle propice à l'investissement dans des SCPI ?

Guillaume Brateau. Les SCPI sont des véhicules d’investissement éprouvés, bien connus des épargnants et des spécialistes de la gestion de patrimoine. Les stratégies qu’elles mettent en œuvre permettent de diversifier son patrimoine financier, sous réserve d’un horizon d’investissement assez long, proche de dix ans. La classe d’actifs immobilière se montre, par ailleurs, résiliente en matière de cycle économique. Il est, dès lors, intéressant de disposer de l’immobilier, en direct ou sous forme de pierre-papier, au sein de son allocation. La crise ne l’a pas modifié. La pierre-papier devrait continuer d’offrir des rendements attractifs sur le long terme.

Ces véhicules d'investissement ont-ils été fragilisés par la période de confinement ?

Le marché immobilier s’est arrêté durant le confinement. L’activité des SCPI consistant à mettre en location des biens et à en percevoir les loyers a donc pu être affectée. La plupart des sociétés de gestion a proposé des reports de loyers, voire des annulations pour certains de leurs locataires, selon leur secteur d’activité et leur situation financière. Les locaux et centres commerciaux ont été les plus fragilisés. Le résidentiel et les bureaux se sont, quant à eux, mieux maintenus durant la crise.

"Il serait hasardeux de dresser un bilan sur la seule période du premier semestre 2020" 

Bureaux, logistiques, logements, commerces… quels seront les perdants et les gagnants de cette crise ?

L’investissement en SCPI se place sur un horizon de placement très long. Il serait donc hasardeux de dresser un bilan sur une si courte période. Factuellement, les commerces ont été fermés durant ce confinement. Le temps va cependant les aider à redresser la barre. Le résidentiel bénéficie, quant à lui, de politiques d’investissement massifs. Si cela constitue un précieux soutien pour ce marché, les particuliers doivent tout de même rester vigilants sur la qualité des biens et des locataires ainsi que leurs emplacements. La sélection de biens immobiliers reste la clé de réussite d’un investissement.

Pour les bureaux, de nombreuses études ont été publiées sur les conséquences du développement du télétravail. Va-t-elle redessiner le périmètre et la géographique de l’immobilier de bureaux ? Il me semble aujourd’hui difficile de se prononcer avec certitude. Pendant la crise, des transactions et des travaux ont été retardés mais l’activité ne s’est pas pour autant arrêtée. BNP Paribas REIM a par exemple réalisé près de 600 millions d’euros de transactions durant cette période. Je constate également qu’une prime est aujourd’hui appliquée aux biens de qualité et à ceux qui ont intégré des critères de développement durable dans leurs investissements.

Quels conseils donneriez-vous aux épargnants qui souhaiteraient investir en SCPI ?

Je regarderais en premier lieu l’ancienneté et le track-record de la SCPI. Il est conseillé de se positionner sur une société de gestion présente sur ce marché depuis longtemps, avec un historique de rendement intéressant et ayant démontré sa capacité à passer les cycles. Les épargnants doivent aussi s’assurer de la qualité des immeubles et vérifier que les investissements de la SCPI ne soient pas trop concentrés sur un petit nombre d’actifs. La SCPI ne doit pas non plus avoir un niveau d’endettement trop élevé. Une baisse trop importante de sa collecte pourrait alors la mettre en difficulté. La SCPI Accimmopierre gérée par BNP Paribas REIM remplit ces critères. Dans tous les cas, je recommanderais aux épargnants de bien diversifier leurs investissements et ne pas placer une part trop importante de leur patrimoine sur ces véhicules.

Propos recueillis par Aurélien Florin (@FlorinAurélien)

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retrouvez l'intégralité du dossier Retrouvez les portraits des dirigeants de sociétés de gestion immobilières (SCPI et OPCI Grand Public)

Les SCPI et OPCI grand public permettent aux épargnants d'investir dans des actifs immobiliers (commerces, bureaux, habitations…) par l'intermédiaire d'une société de gestion spécialisée. Celle-ci se chargeant d’acquérir des immeubles, de les gérer et de les revendre le cas échéant. La rédaction de Décideurs Gestion d'Actifs & Patrimoine vous propose de mieux connaitre leurs dirigeants et de découvrir les portraits de vingt d'entre eux.
Sommaire Les bâtisseurs (Dirigeants de sociétés de gestion immobilières) Les visionnaires (Dirigeants de sociétés de gestion immobilières) SCPI et OPCI : une collecte toujours positive au premier semestre 2020 J-M. Peter (Sofidy) : "Les SCPI sont des véhicules adaptés pour traverser les cycles économiques" S. Fendler (Altixia) : "Il ne faut pas s’attendre à une baisse drastique des prix de l’immobilier" F. Grandvoinnet (EdR REIM) : "L'immobilier fera preuve d'une plus grande résilience" F. Bôl (Swiss Life AM) : "L'immobilier va aussi subir les conséquences du choc lié à l’épidémie" M. Bertrand (La Française REM) : "Il faut être aux côtés des locataires dans cette période" G. Frapet (Primonial REIM) : "Nous confirmons notre objectif de 30 Mds€ d’actifs gérés d’ici cinq ans"
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