G. Bonneton (GP Bullhound) : « Ce n’est pas facile de lever de l’argent »

Responsable du bureau parisien de la banque d'affaires technologique, Guillaume Bonneton fait le bilan de son activité en 2018, et ébranle (un peu) l'idée selon laquelle les start-up ont aujourd'hui tout l'argent du monde à disposition.
Guillaume Bonneton, Partner de GP Bullhound.

Responsable du bureau parisien de la banque d'affaires technologique, Guillaume Bonneton fait le bilan de son activité en 2018, et ébranle (un peu) l'idée selon laquelle les start-up ont aujourd'hui tout l'argent du monde à disposition.

Décideurs. Quel est le bilan de l’année 2018 pour la banque d’affaires ?

Guillaume Bonneton. C’est une bonne année. Dernièrement, nous avons conseillé Synthesio lors de sa vente à Ipsos pour plus de cinquante millions de dollars. Un peu plus tôt, nous étions sur deux levées de fonds avec des investisseurs internationaux. Nous avons aussi récemment ouvert des bureaux à New York, Hong Kong, et Madrid. Parmi les boutiques « Tech » françaises, nous possédons l’un des réseaux les plus larges. Les clients qui nous mandatent rencontrent souvent des problématiques transnationales et s’attendent à ce qu’on puisse les traiter sans perdre de temps et de préférence, en interne. En ce moment, je travaille sur une levée de fonds main dans la main avec un collègue allemand qui connaît le secteur aussi bien que moi.

Et cette ouverture de bureau à Hong-Kong ?

On a vendu plusieurs groupes à des investisseurs asiatiques, et il y a un énorme potentiel. Nous créons un lien entre les entrepreneurs européens et les investisseurs asiatiques. Nous sommes là-bas pour contribuer à l’évangélisation du marché de la « Tech » au sens large : un investisseur lambda en Chine, par exemple, sait encore peu faire la différence entre l’écosystème français des start-up et son équivalent en Allemagne.

Comment est-ce que vous vous répartissez les mandats au sein de la banque ?

Nous avons la chance d’être aux quatre coins du globe : en Europe (Londres, Stockholm, Berlin, Manchester, Paris et Madrid), en Asie (Hong-Kong) et aux États-Unis (New-York et San Francisco), et de couvrir de nombreux domaines d’expertise : digital media / entertainment, software / SaaS, digital services & adtech, ecommerce et fintech.

L’une de nos forces est que nous ne sommes pas cloisonnés par pays ; nous profitons de notre réseau international pour apporter la meilleure expertise et les meilleurs investisseurs à nos clients. N’importe quel bureau peut être détaché en fonction du besoin identifié.

Et puis, cela peut être aussi une question de premier contact, de première relation. A titre d’exemple, j’ai pu développer une forte expérience fintech à la suite de plusieurs deals, Prodigy Finance par exemple. Et c’est donc au travers de mes contacts que j’ai rencontré Monese. Bien que le deal soit anglais avec des investisseurs basés à Londres, l’équipe France a été très impliquée dans le dossier au vu de notre expérience dans ce domaine.

On encense beaucoup, à juste raison, les acteurs de la French Tech. Sauf que nos start-up finissent souvent dans les bras d’investisseurs étrangers.

Je crois que le marché de la « Tech » est de plus en plus darwinien. Il y a plus d’argent, cependant ce sont une quantité limitée de start-up qui en profitent. Celles qui ne peuvent pas s’adapter s’éteignent. Contrairement à ce que l’on entend un peu partout, ce n’est pas si facile de lever de l’argent. Par ailleurs, faire entrer au capital d’une société française un investisseur étranger peut être très positif pour la société, l’aider à se propulser plus vite à l’international.

Parlez-nous de Monese pour qui vous avez levé soixante millions de dollars en Série B. En quoi cette fintech peut-elle faire partie du haut du panier ?

D’abord, c’est une néo-banque qui répond à un besoin particulier, celui des expatriés qui s’installent dans un nouveau pays. Ils sont généralement frustrés par la lenteur des procédures affectant leur installation dans un logement par exemple, et le nombre de garanties demandées. Grâce à Monese, ils peuvent ouvrir un compte bancaire en quelques minutes et justifier leur identité à l’étranger. Dans 75 % des cas, le compte Monese se substitue au compte courant traditionnel et reçoit le salaire de son utilisateur. On a donc levé 60 millions de dollars auprès de Kinnevik, Paypal, Augmentum Fintech, et International Airlines Group.

 

Firmin Sylla 

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