Fusion Demeter-Emertec : « Nous n'avions pas besoin l'un de l'autre, mais nous nous savions plus forts ensemble »

Fusion Demeter-Emertec : « Nous n'avions pas besoin l'un de l'autre, mais nous nous savions plus forts ensemble »

Nouveau leader européen de l'investissement dans les métiers liés à l'environnement et à la transition énergétique, le rapprochement Demeter-Emertec nous est raconté et justifié par ses principaux initiateurs, Stéphane Villecroze et Bernard Maître.

Dealmakers. Demeter Partners et Emertec Gestion joignent leurs forces pour devenir le leader européen de l'investissement en matière de transition énergétique et d'environnement. Quels sont les sous-jacents de cette union ?

Bernard Maître. Trois raisons ont présidé à ce rapprochement. D'abord, notre industrie réclamait cette alliance : les métiers liés à la transition énergétique et l'environnement sont de plus en plus demandeurs en capitaux. Ensuite, nos clients respectifs le souhaitaient. Les grands investisseurs (fonds de pension, fonds souverains...) cherchent à placer des sommes qui vont au-delà de nos seuils critiques. Aujourd'hui, ces grands souscripteurs veulent à la fois investir 50 ou 100 M€ dans un véhicule et ne pas y avoir d'empreinte supérieure à 10 % ou 15 % des montants levés. Enfin, du point de vue de la logique « private equity », notre métier évolue aussi et il tend à privilégier le fonctionnement en mode plate-forme one-stop-shop. L'enjeu est de couvrir tous les besoins d'une industrie considérée : capital-innovation, growth, infrastructures...

 

Stéphane Villecroze. Nous n'avions pas besoin l'un de l'autre, mais nous savions que nous serions plus forts ensemble. Le rapprochement Demeter Emertec est le fruit d'une histoire longue de plus de dix ans. Elle s'est aussi cristallisée au travers de co-investissements, dans Ynsect par exemple. Techniquement, les équipes de gestion de Demeter et d’Emertec détiennent à 100 % Demeter, qui détient à 100 % Emertec. L’esprit est celui d’une holding commune et de deux sociétés qui gèrent leurs fonds existants en indépendance mais partagent expertise, bonnes pratiques et projets de développement. Les deux marques continuent d'exister. Les organes exécutifs restent inchangés. Seuls les principaux associés de Demeter arrivent au conseil de surveillance d'Emertec tandis que Bernard Maître entre au conseil de Demeter.

 

Cette union va-t-elle vous permettre de séduire de nouveaux LPs ?

B. M. Nous sommes très fiers de nos investisseurs. Ce sont des leaders dans leur industrie respective. On retrouve les plus grands noms de l'énergie (Engie, Total...), de l'agriculture (Unigrains, Sofiprotéol, Soufflet...), et des métiers liés à l'environnement (Suez, Veolia). La cerise sur le gâteau, c'est qu'il n'y a pratiquement pas de chevauchement de LPs industriels entre Demeter et Emertec, en dehors d'Engie. On ajoute donc un réseau à un autre et cela devrait nous offrir de nouvelles perspectives lors de nos futurs fundraisings.

 

Dans quelles activités souhaitez-vous continuer à investir ?

S. V. « Transition énergétique et environnement », c'est un domaine très vaste. En général, ce sont chacun des fonds qui vise une thématique d'investissement plus précise. Par exemple, en innovation, un véhicule se concentrera sur l'énergie et la mobilité pendant qu'un autre ciblera la chimie verte et l'agtech. En ce moment, nous levons un fonds d'amorçage. Pour ce type de véhicule, nous nous intéressons à des technologies non encore abouties mais porteuses de grands espoirs. Il sera question de stockage d'énergie, d'outils digitaux et de mobilité.

 

Leader européen avec 800 M€ et bientôt 1 MD€ de montants collectés, ce n'est pas une mince affaire. Pour autant, avez-vous la capacité de vous imposer à l'étranger face aux acteurs locaux, sectoriels ou non ?

S. V. Ce métier est fondamentalement local et suppose de disposer d’équipes proches des entreprises financées. On continuera donc à être fort en France, en Allemagne et en Espagne, des régions que nous connaissons. Ailleurs, nous savons co-investir auprès d’un confrère lead sur un tour de table. Il n'est pas impossible non plus que nous nous rapprochions d’un confrère étranger.

 

FS

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