Fin de l’accord de Vienne : les entreprises françaises fortement touchées

Le 8 mai, le président américain annonçait se retirer de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien. Une décision accompagnée de la reprise des sanctions économiques sur l’Iran qui seront effectives dès le 4 novembre. Les entreprises européennes et en particulier françaises seront les plus impactées.
Photo prise en 2015 lors de l'annonce de l'accord de Vienne réunissant les ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, de l'Allemagne, de l'Union européenne ainsi que de l'Iran.

Le 8 mai, le président américain annonçait se retirer de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien. Une décision accompagnée de la reprise des sanctions économiques sur l’Iran qui seront effectives dès le 4 novembre. Les entreprises européennes et en particulier françaises seront les plus impactées.

En juillet 2015, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies avec l'Allemagne ainsi que l'Union européenne et l'Iran, signaient l’accord de Vienne, répondant à la volonté de contrôler le programme nucléaire iranien et de lever les sanctions économiques qui touchaient le pays. Trois ans plus tard, Donald Trump décide de se retirer de cette union, réel levier de coopération internationale sur les problèmes de sécurité au Moyen-Orient. Cette décision est récriminée par les différents signataires de l’alliance et suscite la furie du Parlement iranien puisqu’elle sera accompagnée du niveau « le plus élevé de sanctions économiques possibles ».

La question du pétrole

À l’heure où la scission entre le président Hassan Rohani et le guide suprême Ali Khamenei se creuse, et que le débat sur le maintien de l’accord avec les autres membres du Conseil de sécurité devient houleux, l’inquiétude quant aux conséquences économiques mondiales est grandissante. La première des préoccupations concerne la hausse du prix du pétrole. Alors qu’il a déjà triplé depuis un an et demi, atteignant les 70 dollars le baril, le phénomène risque de continuer en s’intensifiant. Le prix du pétrole exploserait si les exportations iraniennes étaient stoppées, ce qui risquerait de provoquer un choc pétrolier. Ce scénario représente un risque de ralentissement certain pour la croissance mondiale. Les États-Unis, eux, autosuffisants grâce à leur production de pétrole de schiste, semblent hors de portée.

Choc pour les entreprises

Les sanctions américaines réactivées en novembre prochain concerneront les secteurs pétrolier et aéronautique ainsi que le commerce de métaux et les transactions en dollar avec la banque centrale iranienne. Alors que l’accord de Vienne leur offrait un marché prometteur, la situation actuelle entraîne dans la tourmente les entreprises européennes telles que Total, Airbus, Siemens, PSA ou encore Renault. En effet, la Maison-Blanche a déclaré que « ceux qui font du business en Iran auront un délai pour pouvoir défaire leurs engagements » et que, dans le cas contraire, ils « s'exposeront à de graves conséquences ». Mauvais timing pour Airbus qui vient de recevoir une commande d’une centaine d’appareils de la part de l’Iran, un contrat de 19 milliards de dollars auquel l’avionneur va devoir renoncer. Il en va de même pour Total qui avait signé un contrat pour l’exploitation du gisement de gaz naturel du champ South Pars 11. Les entreprises concernées se voient accorder un délai de 90 à 180 jours pour cesser leurs activités avec l’Iran, avant l’activation des sanctions. Celles-ci sont d’ores et déjà effectives pour tout nouveau contrat.

Morgane Al Mardini 

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