Récemment arrivé à la tête de TGV Lyria, Fabien Soulet, expose le potentiel de développement de la liaison ferroviaire entre Paris et la Suisse.

Décideurs. Pouvez-vous nous présenter TGV Lyria ?

Fabien Soulet. Nous sommes une société franco-suisse qui opère des liaisons à grande vitesse entre Paris et les grandes villes suisses (Genève, Lausanne, Bâle et Zurich). Nous revendiquons une identité bi-culturelle très forte qui se matérialise par l’habillage spécifique de nos trains et dans l'expérience à bord : nous ne sommes pas un TGV comme les autres.

Quels sont les prochaines étapes de votre développement ?

Le marché sur lequel nous opérons a la particularité d'être très concurrentiel et avec un potentiel de développement fort : l'étude que nous avons menée avec l'école polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) prévoit en effet une évolution de 25 % du trafic franco suisse dans les six à huit ans à venir. Notre objectif n’est pas seulement d’accompagner cette augmentation de la demande, mais aussi de gagner des parts de marché sur l’aérien. Pour cela, nous avons établi un nouveau projet stratégique, Lyria 2020. Ce dernier part d'un constat double : une forte augmentation du trafic à venir, ainsi que la conviction extrêmement forte que le train va devenir encore plus essentiel et central pour les trajets inférieurs à 1 000km, porté par une nécessité écologique. Nous voulons faire un saut compétitif décisif face aux compagnies aériennes !

Comment accomplir cela ?

Cela nécessite d'intervenir sur des variables quantitatives et qualitatives. Nous allons, à partir de décembre prochain, augmenter nos places disponibles de 30 %. Cela se matérialise aussi par un renouvellement total de notre flotte, nos rames des années 90 étant remplacées par des TGV à deux étages totalement rénovés. On y répond aussi avec plus de services (wifi) ainsi que par une simplification de l'offre, avec la mise en place d'un cadencement dans les horaires de départs / arrivées des trains, des horaires identiques 7 jours sur 7 et mieux répartis sur la journée. Nous faisons le pari de faire croître significativement nos parts de marchés pour faire voyager plus de clients à bords. Il y a derrière ça une transformation industrielle profonde dans nos processus de pilotage de la flotte : nous aurons désormais une utilisation beaucoup plus productive de celle-ci, nos rames roulant plus..

Comment s'exprime votre "double identité franco suisse" ?

Nous possédons des équipes mixtes, notre service combinant donc le meilleur de la France et de la Suisse en termes de services. Notre offre est également plus segmentée que le TGV, avec trois classes, dont une très haut de gamme, la business première Lyria, qui n’existe pas dans les TGV français, et permet d’offrir des services dédiés et une flexibilité totale. Nous pensons que cette segmentation est une façon d'augmenter significativement notre part de marché, puisqu’elle renforce notre capacité à proposer des catégories de prix plus adaptées aux différents profils de clients qui nous rejoignent à bord.

Propos recueillis par Boris Beltran

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