F.Lopez (MMA Factoty) : "D'une certaine manière, le MMA est aussi un sport intellectuel"

Désormais légal en France, le MMA, pour mixed martial arts, gagne en popularité. Véritable figure de proue du MMA français et africain, Fernand Lopez revient pour Décideurs sur ses parcours personnels et entrepreneuriaux..

Désormais légal en France, le MMA, pour mixed martial arts, gagne en popularité. Véritable figure de proue du MMA français et africain, Fernand Lopez revient pour Décideurs sur ses parcours personnels et entrepreneuriaux..

Décideurs. Comment un jeune garçon né dans le village de Lékié, au Cameroun, de parents enseignants, devient  "The King", entrepreneur multi-casquette du MMA français ?

Fernand Lopez. J’étais si peu prédestiné à embrasser une carrière d’entrepreneur que j’ai l’impression que c’est le fruit d’une affaire d’ego. Pour mon père, la réussite consistait à ne pas prendre de risques, ce qui suppose une aversion à toute forme d’entrepreneuriat. C’est à la fois ma passion pour le sport et ma propre ambition, qui m’ont permis d’entreprendre des études sportives, en particulier dans les disciplines de boxes pieds-poings, puis d’enchaîner les combats avant de prendre la direction d’une salle de sport.

Pour mes enfants, je voulais être un père qui prend des risques afin de pouvoir leur transmettre un héritage moral et financier. C’est guidé par cette envie, qu’avec cinq amis, nous avons créé en 2012 la première salle de MMA privée, la MMA Factory, avec pour ADN une approche multidisciplinaire propre à traiter toutes les facettes du MMA. Entraînement, formation, coaching, business, etc...

Décideurs. Quelles sont les raisons du succès du MMA ?

Deux raisons principales expliquent le succès du MMA. La première repose sur la nature même des sports de combat. L’être humain, c’est dans sa nature, a toujours cherché et cherchera toujours à savoir qui est le plus fort, qui est "le mâle dominant". La deuxième raison repose sur les origines du MMA qui visent à fusionner de nombreux arts martiaux allant de la boxe anglaise, au Muay-thaï, en passant par le kickboxing, la lutte, et le ju-jitsu, afin de se rapprocher le plus possible d’un combat réel, sous le contrôle d’un arbitre et en adoptant des règles. Concrètement, le MMA est un sport ludique car multidimensionnel et basé sur l’instabilité. Du fait de la multiplicité des pratiques, rien ne permet d’anticiper l’issue d’un combat. Il nécessite chez le pratiquant des ressources physiques, mentales et stratégiques, dans le but de mettre son adversaire en défaut. Le tout en temps réel et dans un espace contraint. D’une certaine manière, le MMA est aussi un sport intellectuel.

"C'est dans sa nature, l'être humain cherchera toujours à savoir qui est le plus fort"

Décideurs. Vous êtes à la fois un éducateur, un manager de champions et un entrepreneur. Pourriez-vous nous décrire en quoi consiste la "galaxie Fernand Lopez" dans l’univers du MMA ?

J’ai toujours souhaité travailler avec les meilleurs experts dans leur domaine, tout en explorant les multiples dimensions et opportunités qu’offre cette jeune activité sportive déjà mondialisée. La MMA Factory compte plus de 600 adhérents dont 18 % de femmes. Notre taux de réinscription est de 100%. En parallèle, le Fight Management College, agréé par le ministère du Travail, est le seul institut dédié à la formation des coachs de MMA qui couvre non seulement les aspects liés à la pratique martiale et diététique mais aussi ceux liés à la carrière des sportifs, qu’il s’agisse de gestion de carrière, de communication, ou de modalités financières.

En tant que manager de plusieurs champions, dont Ciryl Gane, je gère leur carrière, depuis leur préparation physique et mentale jusqu’à la négociation de leurs contrats avec les organisations, en passant par la gestion de leurs droits à l’image et de leurs partenariats avec les acteurs du monde privé.

Enfin, en tant qu’entrepreneur, je veille à développer la marque MMA Factory à l’international. Ce qui se matérialise notamment par un partenariat avec le groupe Adidas. Avec mon associé Benjamin Sarfati, nous avons récemment fait l’acquisition de l’organisation ARES Fighting Championship, 1re organisation française et africaine de MMA, que j’avais contribuée à créer à la demande de Vivendi, il y a plusieurs années. Nous espérons reprendre nos évènements sur le dernier trimestre 2021 en France.

Quels sont vos prochains objectifs ?

À très court terme, préparer Ciryl Gane à son prochain combat, le 8 août prochain, face à l’américain Derrick Lewis. Le gagnant de ce combat, en plus d’être champion intérimaire validera son ticket pour rencontrer le champion en titre, Francis Ngannou, pour le titre de champion du monde de l’organisation UFC. Dans l’univers des arts martiaux mixtes, l’UFC est au MMA ce que la Ligue des champions est au football.

Ce combat revêt une saveur toute particulière pour la MMA Factory puisque Francis Ngannou en est issu et que Ciryl Gane en est aujourd’hui le principal ambassadeur. J’ai vu naître et grandir ces deux champions. Les voir s’affronter pour une ceinture mondiale sera l’illustration du savoir-faire français dans le monde du MMA.

Au-delà de ces perspectives sportives, je regarde actuellement vers les Émirats arabes unis, pays qui s’est positionné comme l’une des places fortes du MMA. Nous réfléchissons également à l’ouverture d’une filiale aux États-Unis, où siège l’UFC en plus d’être le pays de résidence des plus grands combattants de la planète.

Propos receuillis par Pierre Marteel

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