F. Letier (Geneo Partenaires) : "L’investisseur n’est plus un financier mais un business partner"

F. Letier (Geneo Partenaires) : "L’investisseur n’est plus un financier mais un business partner"

Société de gestion avec une raison d’être inscrite dans ses statuts, Geneo Partenaires promeut la finance positive et investit depuis deux ans à travers un véhicule evergreen. Ses cofondateurs, Fanny Letier et François Rivolier, reviennent sur la notion d’impact et les mutations à venir sur le marché du capital-investissement.

Décideurs. Geneo Capital Entrepreneur est un véhicule evergreen. Que change cette caractéristique ?

Fanny Letier. Geneo Capital Entrepreneur n’est pas un fonds mais une société d’investissement qui s’adapte aux cycles naturels de l’entreprise, sans contrainte de période d’investissement limitée. Cela permet d’accompagner les croissances externes actives des PME et ETI que nous soutenons, avec la possibilité de repousser la durée de notre investissement. L’evergreen donne aux dirigeants les moyens de leurs ambitions et répond à leur besoin de souplesse sur l’horizon temporel. Cela attire des entreprises sur des trajectoires de croissance forte. Par ailleurs, ce format améliore la performance de Geneo pour ses investisseurs, principalement des family offices et entrepreneurs.

"Ces périodes de crise sont des périodes de transformation"

Comment traitez-vous la dimension extra-financière ?

François Rivolier. Dans responsabilité sociétale des entreprises (RSE), il y a le mot « responsabilité ». C’est donc une obligation. Lorsque nous investissons, nous menons des due diligences poussées sur ces sujets et établissons des plans de progrès, avec pour objectif un impact sociétal positif. Nous travaillons le modèle économique de nos entreprises pour les amener à se transformer, à clarifier leur utilité sociétale et à développer des produits et services à impact positif.

F. L. En tant qu’entreprise, Geneo Partenaire s’y engage également. Elle est ainsi signataire de la charte paritaire rédigée par le collectif Sista et France Invest et compte 40 % de femmes. En matière de gouvernance, nous visons une parfaite transparence. La société de gestion dispose d’un conseil d’orientation et chaque véhicule d’un comité stratégique. De nombreuses sociétés en portefeuille travaillent désormais sur leur raison d’être. La fonction « Business partner Impact Positif » est internalisée chez Geneo et nous pouvons nous reposer sur notre plateforme d’experts pour des sujets pointus comme le carbone ou l’inclusion.

Quels sont les leviers de création de valeur ?

F. L. Geneo ne s’appuie pas sur l’augmentation des multiples pour générer sa performance mais sur la création de valeur par la croissance de l’Ebitda. Nous apportons notre méthodologie de Carnet de croissance, qui soutient l’exécution des nouveaux leviers de croissance ou des transformations importantes. Nous fournissons du capital humain, à travers les équipes de Geneo, notre plateforme de plus de 140 experts et notre communauté d’actionnaires.

F. R. Parmi les 800 actions d’accompagnement menées ces deux dernières années sur notre portefeuille, les thèmes principaux relèvent de la stratégie, de la performance commerciale, du capital humain, de la croissance externe, de l’impact positif, du digital et de l’innovation. L’investisseur n’est plus un financier mais un business partner. Sa responsabilité est d’être partie prenante de la création de valeur des sociétés en portefeuille.

"Pour beaucoup de dirigeants de PME, c’est la crise de trop"

Quelles perspectives attendre du marché ?

F. R. Ces périodes de crise sont des périodes de transformation et les PME et ETI accélèrent leurs investissements. Ne serait-ce que parce qu’il y a un mouvement de consolidation que les fonds accompagnent par la croissance externe. Et pour beaucoup de dirigeants de PME, c’est la crise de trop. Cela accélère certaines opérations de transmission et génère des opportunités d’acquisition pour les PME et ETI qui proposent un projet d’entreprise et une vision d’avenir attractifs.

F. L. Par ailleurs, les grosses ETI font face à des besoins de quasi-fonds propres, pour poursuivre leurs investissements, mais aussi d’accompagnement pour leur digitalisation et leur transformation vers l’impact positif. C’est ce qui justifie le lancement de notre deuxième véhicule.

F. R. La durée et l’intensité de la crise opèrent les transformations importantes dans la société et en particulier dans le monde du travail. Au-delà des enjeux RSE, les entreprises et les fonds doivent accroître leur impact positif. C’est ce qui transformera le plus le marché du capital-investissement dans les prochaines années.

Propos recueillis par Anne-Gabrielle Mangeret

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