F. Largeron (Crédit du Nord) : "Nous sommes la banque de ceux qui entreprennent"

La Banque privée du groupe Crédit du Nord rassemble 8 banques régionales. Elle fonde son modèle sur une fine connaissance des territoires. Frédéric Largeron, directeur de la Gestion privée et Stéphane Carles, directeur commercial de la Banque privée, du groupe Crédit du Nord présentent leur positionnement.
Frédéric Largeron, directeur de la Gestion Privée, Crédit du Nord et Stéphane Carles, directeur commercial de la Banque privée du groupe Crédit du Nord

La Banque privée du groupe Crédit du Nord rassemble 8 banques régionales. Elle fonde son modèle sur une fine connaissance des territoires. Frédéric Largeron, directeur de la Gestion privée et Stéphane Carles, directeur commercial de la Banque privée, du groupe Crédit du Nord présentent leur positionnement.

Crédit du Nord Banque Privée a reçu en juin 2019 le trophée de la meilleure Banque privée en France ainsi qu’une mention spéciale pour sa démarche solidaire et responsable lors du Sommet Patrimoine et Performance organisé par le Magazine Décideurs. Que représentent pour vous ces récompenses ?

Frédéric Largeron. Nous avons été très heureux de recevoir ce prix et cette mention spéciale. Nous l’avons accueilli avec beaucoup d’humilité. Cela vient récompenser et valoriser le travail des équipes et apporter une dynamique très vertueuse en interne. Aujourd’hui notre banque privée est reconnue par nos clients et les experts du marché.  

Quels sont justement les grands axes stratégiques de la banque pour 2020 ?

F. L. Notre priorité repose sur deux piliers.

Le premier est de travailler sur nos points forts. Nous sommes la banque de ceux qui entreprennent. Deux tiers de notre chiffre d’affaires émane des services proposés aux chefs d’entreprise, en réponse à leurs problématiques personnelles et/ou professionnelles. Les entreprises dirigées par nos clients réalisent le plus souvent entre 1 million et 200 millions d’euros de chiffre d’affaires. Crédit du Nord Banque privée est un établissement bancaire connu pour travailler en circuit court. Les décisions sont prises en local. Nos équipes disposent, en effet, d’une grande autonomie et sont capables de faire preuve d’une grande rapidité dans leur prise de décision. Enfin, à travers notre modèle de confédération, nous pouvons nous appuyer sur un fort ancrage régional. Nous souhaitons avoir un impact important sur les économies régionales et être au service des territoires. Cet ancrage territorial a été récemment renforcé par le lancement d’une entité banque privée sur le territoire monégasque. Dans la crise sans précédent que nous vivons, notre dispositif permet d’accompagner l’ensemble de nos clients chefs d’entreprises sur leurs reports d’échéances et la mise en place des Prêt Garanti par l’Etat. Actuellement, il s’agit de la priorité des équipes corporate.

Le deuxième axe consiste à maintenir notre différenciation qui est la satisfaction de nos clients. Cela me semble être un élément fondamental de notre développement. Toutes nos opérations sont tournées vers cet objectif.

"Les clients souhaitent échanger avec leur banquier privé, notamment lorsqu’il y a des mouvements sur les marchés"

Stéphane Carles. Pour aller plus loin, nous avons interrogé nos clients sur plusieurs thématiques : la fréquence et le mode de contacts privilégiés avec leur Banquier privé, la perception de notre offre, notre expertise, leurs attentes et leur souhait de nous recommander.

Nous avons donc élaboré notre feuille de route 2020 sur les constats de cette étude. Forts de ces résultats, nous avons par exemple, décidé de renforcer l’approche recommandation de nos banquiers en nous faisant accompagner d’un cabinet spécialisé.

L’onde de choc de la crise sanitaire sur les marchés financiers, permettra à nos clients de tester à nouveau nos équipes sur leur présence, leur expertise et leur accompagnement. En effet, notre dispositif s’est rapidement adapté à travailler à distance pour être en capacité de répondre à leurs inquiétudes et de continuer à leur proposer des solutions adaptées.

Quelles sont les attentes de vos clients sur le sujet du digital ?

S.C. Le contexte actuel a accentué ce que nous voyons depuis plusieurs années. Nos clients veulent être autonomes pour les opérations bancaires du quotidien et veulent disposer d’outils transactionnels performants. Et sur les moments les plus importants, ils souhaitent échanger avec leur banquier privé, notamment lorsqu’il y a des mouvements sur les marchés comme nous venons de les vivre ou lors d’événements de vie majeurs (transmission d’entreprise, investissement immobilier …). Ils gardent bien à l’esprit le rôle du banquier privé. Nous donnons à nos banquiers les outils nécessaires pour répondre à la demande de nos clients. Ils doivent bénéficier de toutes les applications métiers sur leur ordinateur portable et de l’ensemble des éléments permettant la signature électronique. Notre objectif est de fluidifier au maximum le parcours client/banquier. Cette période de confinement que nous traversons nous a permis de tester et d’accélérer le mouvement sur le transactionnel en y associant également nos partenaires.

"Le projet philanthropique est souvent un trait d’union familiale, qui rassemble plusieurs générations" 

L’investissement socialement responsable est-il en train de gagner du terrain auprès des clients des banques privées ?

F. L. Nous avons interrogé nos clients en ce sens. Ils nous confirment leur volonté de donner du sens à leur investissement. Nous devons donc aller plus loin sur ce sujet. Nous travaillons à la mise en place d’un mandat purement ISR. Nous avons également commercialisé un produit structuré à vocation caritative qui a permis de reverser de l’argent au profit d’associations caritatives. Ces projets ont vocation à se répéter. La crise actuelle va certainement faire grandir le besoin des placements à « impact ». Sur la philanthropie, nous avons deux personnes spécialisées en centrale et nos Experts Juridiques et fiscaux en région ont été formés. Ainsi, nous avons participé, pour nos clients, à la création de quatre fondations l’année dernière. Notre partenariat avec la Fondation de France fonctionne à ce titre très bien.

Cette activité ne doit pas être orientée que sur les questions techniques, la dimension psychologique doit être prioritaire. Nous évoquons des causes qui sont chères à nos clients. Le projet philanthropique est souvent un trait d’union familiale, qui rassemble plusieurs générations.

Comment accompagnez-vous vos clients dans un environnement de taux négatifs ?

S.C Notre approche se veut méthodologique. Nous axons notre réflexion sur la notion d’allocation stratégique et tactique. Le sujet des taux négatifs s’inscrit de manière durable. Il accélère le besoin de diversifier son épargne. Pour cela, il est nécessaire de définir ses objectifs et son appétence aux risques. Une fois la stratégie fixée, on peut mettre en place une tactique qui permet de définir les classes d’actifs sous-jacentes et la répartition des investissements. La priorité est de garder un certain équilibre entre l’immobilier, les actifs cotés (actions et obligations) et le non côté comme le private equity.

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