F.Bonfils (Un Air d’ici) : "La grande distribution ne croyait pas au vrac"

Un Air d'ici, s’est imposé sur le marché de la distribution de fruits secs bio, oléagineux, céréales, en vrac et en sachets en hyper et supermarchés. Son dirigeant revient sur les recettes du succès.

Un Air d'ici, s’est imposé sur le marché de la distribution de fruits secs bio, oléagineux, céréales, en vrac et en sachets en hyper et supermarchés. Son dirigeant revient sur les recettes du succès.

Décideurs. Quelles seraient les 3 qualités indispensables pour bâtir une entreprise à la croissance durable ?

Franck Bonfils. Définir trois qualités serait réducteur… Cependant au cours de mon histoire, trois ont été essentielles. La première est la curiosité. J’ai commencé ma carrière en fabriquant des cacahuètes et des chouchous dans ma cuisine lorsque j'étais étudiant. Il s’agissait de produits gras, salés et sucrés pour la grande distribution. Aujourd’hui, nous sommes leaders des produits naturels, bio et sans emballage. Tout cela m’a demandé une dose de curiosité et de remise en question permanente.

Ne rien s’interdire, c’est à mon sens la seconde qualité indispensable. Nous essayons de toujours donner un sens à l’entreprise. Notre souhait a toujours été de proposer des produits plus sains, plus naturels, et d’explorer de nouvelles méthodes de consommation. De la grande distribution aux magasins spécialisés, nous ne nous sommes interdits aucune voie.  

Enfin, à mon sens, une qualité extrêmement importante à mes yeux est l’humain. Bien s’entourer, savoir transmettre, ne jamais oublier qu’une entreprise est avant tout une équipe. Construire une équipe qui a du sens est nécessaire. C’est également ma plus grande fierté. 

Au-delà de la dimension humaine, quelles sont justement les réalisations dont vous êtes le plus fier ?

Mon équipe est considérablement impliquée et me surprend chaque jour. Nous sommes également en partie à l’origine de la réduction du gaspillage alimentaire, de l’émission de plastique (économie de plus de 140 tonnes par an) grâce au vrac et à l’impulsion d’une manière de consommer différente. Initialement, cette proposition de consommation était la résultante d’un refus. La grande distribution n’y croyait pas, jugeant cela trop contraignant et trop problématique. De ce refus, est née ma volonté d’acheter moi-même mon meuble full service et de développer le vrac. Nous avons désormais à plus de 4 000 points de vente en France et nous développons l’international. Notre défi est de sensibiliser les consommateurs au vrac.

A-t-il fallu réadapter votre management à votre stratégie de croissance ?

J’ai commencé seul dans ma cuisine et constitué par la suite une entreprise d’environ cent personnes, avec notamment des caps de croissance qui m’ont permis de recruter plus de 40 personnes rien qu’en 2018. Par ailleurs, j’ai naturellement fait évoluer en interne des collaborateurs. Structurer ne suffit pas, il est nécessaire de donner un sens à tout cela et d’être toujours plus visionnaire. Mes collaborateurs comprennent l’intérêt de ce qu’ils font, à savoir démocratiser l’antigaspi, réduire l’impact environnemental et réduire l’emballage.

La passion a-t-elle été un moteur ?

Elle est évidemment déterminante. Je suis de nature très enthousiaste, et déterminé à changer les choses même à notre petit niveau. Je suis passionné, de sport, de vélo, de natation… et j’ai une grande chance, c’est que l’orientation que j’ai voulu donner à ma vie professionnelle, correspond à l’orientation que j’ai voulu donner à ma vie personnelle. J’ai transmis cet équilibre à mes collaborateurs. J’ai également la passion d’entreprendre bien entendu, mais aussi d’être surpris chaque matin en me disant "ce collaborateur a eu une idée de génie, comment a-t-il fait !".

A 10 ans quel était votre rêve ?

Quand j’avais 10 ans, je rêvais de voir un consommateur mettre un de mes produits dans son panier. Aujourd’hui nous sommes leaders sur une manière de consommer qui n’existait pas à l’époque. Et dans les 10 ans à venir je continuerai d’avancer avec passion, tout en continuant à ne rien m’interdire.

Ne rien s’interdire, est-ce s’autoriser l’échec ?

Evidemment, nous apprenons toujours dans l’échec. En revanche durant les trois premières années de vie de l’entreprise, il est plus difficile d’y faire face car la santé financière de l’entreprise repose sur les produits commercialisés. Aujourd’hui, nous pouvons nous autoriser des voies risquées. Toutefois, je dois admettre que l’échec me fait quand même peur et je me remets en permanence en question. Chaque soir je me couche en me disant que ma vie me plait tellement, que je ne veux pas que cela s’arrête demain. Sans nécessairement faire mieux, je veux que cela soit au moins aussi bien.

Propos recueillis par Anne-Sophie David

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