Entretien avec Alban Arribas, Head of Fund Management France d’Aberdeen Asset Management France

Entretien avec Alban Arribas, Head of Fund Management France d’Aberdeen Asset Management France

 « Quelques fonds adoptent des positions plus opportunistes, mais ils sont encore rares »

 Décideurs. Quel est le business model d’Aberdeen Asset Management ?
Alban Arribas.
Aberdeen Asset Management est une société indépendante cotée au FTSE 100 et ayant pour unique métier la gestion d’actifs. Notre activité consiste à gérer des actifs pour compte de tiers, principalement pour des investisseurs institutionnels. Nous proposons des solutions d’investissement sur plusieurs classes d’actifs : les actions (56,3 %), l’obligataire (22 %), Aberdeen Solutions, regroupant les fonds de private equity, les fonds de hedge funds, la gestion diversifiée et la multigestion (13,1 %), et l’immobilier, en direct et en fonds de fonds (8,6 %). A ce jour, nos encours sous gestion s’élèvent à 236 milliards d’euros.

Décideurs. Depuis quand Aberdeen se positionne-t-il sur l’immobilier ?
A. A.
Nous avons développé la gestion d’actifs en immobilier à partir de la Suède dans les années 2000. Après plusieurs acquisitions de sociétés, Aberdeen est devenue la quatrième plus importante plateforme immobilière en Europe. Nous gérons aujourd’hui près de 23 milliards d’euros d’actifs, essentiellement en Europe. Cette gestion s’organise autour de trois lignes de métier : la gestion de fonds immobilier en direct, dont plus de 70% en Europe continentale ; la gestion sous mandat (40 %), essentiellement au Royaume-Uni ; et les fonds de fonds immobiliers, principalement en Europe.

Décideurs. Que représente la France dans le volume d’encours sous gestion du groupe, en immobilier ?
A. A.
Dans l’Hexagone, nous gérons les actifs français pour le compte de fonds paneuropéens Aberdeen de droit luxembourgeois ou allemand. Nous assurons toute leur gestion immobilière, de l’acquisition à la cession, en passant par la gestion et nous positionnons principalement sur des actifs core, de bureau et de commerce dans le quartier central des affaires de Paris (300 millions d’euros). Nous avons également quelques actifs à Lyon et Toulouse. Par ailleurs, les clients français sont investis à hauteur de 200 millions d’euros dans des fonds gérés par nos collègues européens.

Décideurs. Quelle stratégie de développement poursuivez-vous en France ?
A. A.
Notre ambition est à la fois de faire venir des investisseurs étrangers en France et de convaincre des investisseurs français de se positionner à l’étranger, à travers des fonds ou des mandats. Cela permet d’offrir un spectre d’investissement plus large et offre une diversification de son allocation. Les investisseurs français sont, par exemple, très intéressés pour augmenter leurs allocations d’actifs en Allemagne, où nous nous positionnons sur différentes classes d’actifs immobiliers (bureaux, commerces, logistique mais aussi de façon importante sur le marché résidentiel). En France, les investissements se font le plus souvent en direct, du fait de la profondeur de marché, notamment à Paris. Mais nous voyons de plus en plus apparaître des réflexions autour des fonds dans une stratégie de diversification sur des niches de marché mais également sous forme de mandats. C’est un modèle d’investissement qui se développe de plus en plus et auquel nous croyons.

Décideurs. Le marché parisien se tient-il ?
A. A.
Sur le core, le marché tient assez bien mais dès qu’on s’éloigne du centre de Paris, le marché souffre plus. Dès lors que le risque sur la localisation et l’état locatif de l’immeuble est écarté et que les rendements sont sécurisés, les investisseurs sont au rendez-vous. Quelques fonds adoptent des positions plus opportunistes, mais ils sont encore rares.

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