Entreprises, une rentrée masquée

À l’issue d’une réunion, par visioconférence, avec les partenaires sociaux, la ministre du Travail Élisabeth Borne a annoncé que le port du masque serait rendu obligatoire en entreprise dès le 1er septembre.

À l’issue d’une réunion, par visioconférence, avec les partenaires sociaux, la ministre du Travail Élisabeth Borne a annoncé que le port du masque serait rendu obligatoire en entreprise dès le 1er septembre.

Dans son dernier bulletin hebdomadaire, Santé publique France révélait que, parmi les 746 foyers de contamination recensés entre le 9 mai et le 11 août, 182 se trouvaient dans les entreprises, soit près d’un quart des clusters. Cette proportion significative, couplée à une reprise de la circulation du virus en France, a sans doute incité Élisabeth Borne à suivre le Haut Conseil de la santé publique (HSCP) qui, dans son avis du 14 août portant sur la transmission du coronavirus par aérosol, prônait le port "systématique" du masque dans "tous les lieux clos publics et privés collectifs". 

Une mesure sans ambiguïté 

Ce sera donc le cas dans les entreprises à partir du 1er septembre. "Le gouvernement, explique Yves Veyrier, secrétaire général de Force ouvrière, qui a participé à la réunion organisée ce mardi matin, estime nécessaire que l’on porte le masque quand on n’est pas seul dans l’entreprise". Open spaces, salles de réunion sans aération naturelle, espaces de circulation, vestiaires, cafétéria, etc. : les salariés devront se masquer partout sauf dans les bureaux individuels.

"Le gouvernement estime nécessaire que l’on porte le masque quand on n’est pas seul dans l’entreprise"

Le nouveau protocole sanitaire ne prévoit pas de revenir aux 4 mètres carrés alloués, au moment du déconfinement, à chaque salarié. Mais, si la distanciation physique entre chaque collaborateur reste fixée à 1 mètre, son respect ne dispense pas de l’obligation de porter un masque. Ce dernier devient, de fait, un équipement de protection individuel qu’il reviendra aux entreprises de fournir à leurs salariés. La ministre recommande par ailleurs de mettre en place le télétravail "chaque fois que c’est possible dans les zones de circulation active du virus".

Des avis partagés

Consignée "dans les prochains jours" dans un "protocole national", cette mesure vise à "assurer la santé et la sécurité des travailleurs en période de Covid-19" tout en assurant "la continuité de notre activité économique". Pourtant, du côté des entreprises, la généralisation du port du masque inquiète. Patrick Martin, président délégué du Medef, craignait avant la réunion qu’une telle imposition fait passer le mauvais message. "Il ne faut pas, assurait-il, envoyer un contre-signal en signifiant que notre pays va se mettre à l’arrêt parce que ce serait fatal, notamment sur le plan de l’emploi". Même son de cloche chez la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) qui, pour ne pas "gripper la machine", en appelait plutôt à des mesures "de bon sens pour les cas particuliers" comme, par exemple, les espaces café dans les entreprises. 

"Les masques, ça ne fait pas tout"

Le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti) considère, pour sa part, cette mesure comme un moindre mal au regard du scenario catastrophe d’un reconfinement massif. Mais, son coprésident, Frédéric Coirier, aurait préféré que le ministère fasse davantage "confiance" aux entreprises "ainsi qu’aux acteurs territoriaux pour adapter les règles". Ces dernières doivent encore être précisées. Car, comme le demandait par exemple, avant la réunion, Yves Veyrier : "Peut-on réutiliser le même masque ?" Pour répondre à de telles questions, les discussions doivent se poursuivre dès la semaine prochaine. "Les masques, ça ne fait pas tout", a rappelé Fabrice Angéi, qui représentait la CGT. "[I]l faut aussi travailler sur les questions d’organisation du travail, de télétravail et de réduction du temps de travail". Une rentrée masquée donc, mais pas moins chargée pour les partenaires sociaux.

Marianne Fougère

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