Entreprises françaises en Asie-Pacifique : les recettes du succès

Problématique essentielle des entreprises françaises, l’implantation à l’étranger est un défi difficile à relever. Fast-Track, à mi-chemin entre une structure d’investissement et un incubateur, aide les sociétés à pénétrer le marché Asie-Pacifique. Rencontre avec Ivan Bernard-Brunel et Alexandre Omedo, les fondateurs de la structure.

Problématique essentielle des entreprises françaises, l’implantation à l’étranger est un défi difficile à relever. Fast-Track, à mi-chemin entre une structure d’investissement et un incubateur, aide les sociétés à pénétrer le marché Asie-Pacifique. Rencontre avec Ivan Bernard-Brunel et Alexandre Omedo, les fondateurs de la structure.

Décideurs. Quel type d’entreprises Fast-Track aide-t-il à se développer ?

Ivan Bernard-Brunel et Alexandre Olmedo : Fast-Track est un accélérateur de start-up européennes en région Asie-Pacifique. Nous accompagnons des socié- tés dont le chiffre d’affaires se situe entre 20 et 50 millions d’euros. Elles possèdent ainsi la solidité et la culture d’entreprise suffisante pour mener à bien des opérations à l’international. Nous intervenons pour créer leur filiale en Asie : après un cycle de quelques années, le but est que cette nouvelle entité représente entre 10 % et 15 % des revenus mondiaux du groupe.

"Aujourd'hui, il existe une vraie curiosité pour les entreprises françaises"

Fast-Track se positionne aussi en investisseur, en injectant des capitaux dans la filiale créée. Après trois ans d’existence de cette dernière, si nous le souhaitons, nous échangeons les parts de cette joint-venture contre d’autres dans la société mère.

Sur quels critères identifiez-vous les entreprises que vous accompagnez ?

Nous sommes des partenaires d’affaires dotés à la fois d’une approche d’investisseur et d’entrepreneur. Pour réussir en Asie, il est primordial que les entreprises aient des valeurs d’humilité, de performance et de profitabilité. Les entreprises que nous lançons sur le marché Asie doivent maîtriser leur croissance : nous regardons leurs comptes, contactons tous les investisseurs qui sont au ban de la société, etc. Notre métier, c’est le développement des ventes mondiales. Ce qui suppose que l’entreprise avec laquelle nous collaborons ait les reins solides.

Ivan Bernard-Brunel et Alexandre Olmedo sont les fondateurs de Fast-Track.

Vous accompagnez notamment OpenClassrooms, société française de formation en ligne, au Japon. Y a-t-il vraiment une opportunité d’affaires dans ce pays où il est si difficile de s’implanter ?

OpenClassrooms répond à un besoin important du marché japonais dont la population est vieillissante. Si l’on prend l’exemple de Dentsu, l’une des plus grandes agences de publicité au monde, sur ses 60 000 employés, 80 % d’entre eux ont des compétences obsolètes. Il est nécessaire de les former rapidement aux métiers de la publicité de demain. Pour l’instant, les cours en ligne d’OpenClassrooms ne sont dispensés qu’en français et en anglais. Mais leurs solutions ont convaincu les clients asiatiques. Notre travail sera donc de gérer les délais d’attente des clients pour obtenir des produits entièrement adaptés au Japon.

Quelle est la meilleure porte d’entrée pour pénétrer le marché de l’Asie-Pacifique ?

L’Australie est un marché homogène, mais sous-estimé du fait de sa petite taille. Pourtant, les indicateurs y sont au vert avec une croissance de 3,5 % en moyenne depuis trente ans. Tous les contrats que nous y avons signés étaient dix fois plus importants qu’en Europe. Pour toutes les sociétés que Fast-Track a accompagnées là-bas, l’Australie a représenté entre 30 % et 40 % des revenus Asie-Pacifique lors des premières années de lancement sur ce marché.

Y a-t-il une attente du marché asiatique pour les sociétés françaises ?

Auparavant, les clients ne juraient que par les entreprises américaines et israéliennes. Aujourd’hui, il existe une vraie curiosité pour les françaises. Au Japon, dans le secteur du marketing et de la publicité, une marque comme Criteo s’est imposée comme une référence. Les Japonais, les Singapouriens et les Australiens ont un fort appétit pour l’innovation venue de l’étranger.

Propos recueillis par Nicolas Bauche

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