Emma Walmsley, l’audacieuse

La directrice générale de GSK n’hésite pas à prendre les mesures qui s’imposent pour insuffler un nouveau souffle au géant pharmaceutique. Les résultats sont au rendez-vous.

La directrice générale de GSK n’hésite pas à prendre les mesures qui s’imposent pour insuffler un nouveau souffle au géant pharmaceutique. Les résultats sont au rendez-vous.

La directrice générale de GSK, Emma Walmsley, n’a pas peur d’affronter les problèmes. Le cours de l’action du groupe n’ayant que peu augmenté sur une période prolongée, Emma Walmsley a engagé un remaniement profond de l’entreprise. Cela s’est traduit par la scission de la division santé grand public, qui a fusionné avec celle de Pfizer l’année dernière. Cette évolution a représenté un vrai coup de pouce pour les actionnaires, les actions de la société ayant augmenté de 7 % lorsque l’accord avec Pfizer a été annoncé pour la première fois. Il a été indiqué que la coentreprise générerait des économies annuelles totales de 500 millions de livres sterling d’ici à 2022.

Acquisitions stratégiques

Le rapprochement avec Pfizer est intervenu à la suite de la décision de GSK de racheter à Novartis sa participation dans leur coentreprise de santé grand public pour 13 milliards de dollars, prenant ainsi le contrôle total de l’entreprise. Cela faisait partie de la stratégie d’Emma Walmsley visant à améliorer les performances concurrentielles à long terme du géant pharmaceutique - donner la priorité aux programmes de R&D a représenté un élément clé de celle-ci. Suivant cette même approche, GSK a conclu l’acquisition de Tesaro, une société spécialisée dans l’oncologie et basée à Waltham, Massachusetts, pour 5,1 milliards de dollars.

Emma Walmsley est vue comme ayant pris une série de mesures audacieuses afin d’insuffler un nouveau souffle à l’entreprise, mais les risques étaient calculés. Le rapport annuel 2019 de la société montre que les ventes du groupe ont augmenté de 10 % pour atteindre 33,8 milliards de livres sterling. Emma Walmsley a réussi son grand pari sur l’innovation : les nouveaux produits ont entraîné une forte augmentation des ventes, le vaccin contre le zona Shingrix de GSK ayant généré un chiffre d’affaires de 1,8 milliard de livres sterling. Dans le domaine respiratoire, les ventes de Trelegy et Nucala ont connu une augmentation notable, tandis que les médicaments contre le VIH Dovato et Juluca ont représenté 422 millions de livres sterling.

2019 a été une année charnière pour l’entreprise compte tenu des efforts d’Emma Walmsley pour faire du pipeline de R&D la pierre angulaire de la relance de GSK.

2019 a été une année charnière pour l’entreprise compte tenu des efforts d’Emma Walmsley pour faire du pipeline de R&D la pierre angulaire de la relance de GSK. La société a obtenu trois autorisations majeures, huit dépôts réglementaires pour de nouveaux médicaments et six résultats positifs pour ses actifs dans des études pivots ; elle a également fait progresser quatre nouveaux actifs dans des études cliniques.

Vaccin contre le Covid-19

Dans son rapport annuel de 2019, GSK a déclaré qu’au total 39 médicaments et 15 vaccins étaient en cours de développement clinique, et qu’elle prévoyait en 2020 « au moins six approbations potentielles de produits ». Début 2020, GSK a conclu un accord novateur avec le Bill & Melinda Gates Medical Research Institute pour développer le vaccin destiné aux pays à faible revenu. Entre-temps, en février 2020, afin de contribuer à la réponse mondiale à l’épidémie causée par le coronavirus (SRAS-CoV-2), GSK a noué des collaborations avec la CEPI (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations) - ainsi que d’autres institutions et entreprises - mettant à disposition sa technologie d’adjuvant pour la mise au point d’un vaccin.

Par ailleurs, en 2019, la représentation féminine au sein de l’organisation a augmenté et GSK a été reconnue par Stonewall, le groupe de défense des droits des LGBT+, comme un employeur mondial de premier plan.

À l’instar de beaucoup d’entreprises, GSK a été touchée par le coronavirus - les ventes au deuxième trimestre 2020 ont chuté de 3 % totalisant 7,6 milliards d’euros, tandis que le bénéfice par action est tombé à 19,2 pence, soit moins que les 20,1 pence prévus par les analystes. Toutefois, selon les indications d’Emma Walmsley, les fondamentaux de l’entreprise semblent solides et l’accent mis sur la R&D devrait porter ses fruits. L’entreprise prévoit que "de multiples options seront nécessaires pour prévenir et traiter le COVID-19" et elle travaille à la mise au point d’éventuels vaccins avec adjuvant. En outre, la décision de procéder à des investissements stratégiques dans les technologies de vaccins et d’anticorps de la prochaine génération - en partie grâce à une collaboration avec CureVac - semble être la preuve du bon discernement d’Emma Walmsley.

Ben Cook, traduit de l'anglais

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