E. Newton (We Are) : "Nous offrons un espace dédié aux acteurs des industries"

C’est inédit, un espace uniquement dédié à la création vient de voir
le jour. Eric Newton, directeur marketing de profession et fondateur
de la société House Of Music Entertainment, vient de créer We Are,
un club où les acteurs de l’industrie créative pourront profiter d’un lieu novateur qui valorisera leur art.
Eric Newton, fondateur de la société House Of Music Entertainment

C’est inédit, un espace uniquement dédié à la création vient de voir le jour. Eric Newton, directeur marketing de profession et fondateur de la société House Of Music Entertainment, vient de créer We Are, un club où les acteurs de l’industrie créative pourront profiter d’un lieu novateur qui valorisera leur art.

Décideurs. Quel est votre parcours ?

Eric Newton. J’ai passé entre quinze et dix-sept ans dans le monde des médias, notamment dans la pub, le digital et le marketing auprès de sociétés françaises et internationales. J’ai également travaillé dans des groupes de communication, tels que Havas. Avant de changer de métier, il y a dix ans, en créant une société de production House Of Music and Entertainment (Home) qui intervient dans deux domaines: avec d’abord la conception de programmes musicaux pour lesquels des artistes comme Julien Clerc, Maître Gims, James Blunt ou encore Vanessa Paradis se sont produits. Ensuite en accompagnant des annonceurs sur la structuration et l’optimisation de leurs contenus.

Quel constat est à l’origine de la création de We Are ?

Mon expérience m’a permis de réaliser que les industries créatives françaises sont extraordinairement performantes. Par exemple, Havas et Publicis sont dans le Top 5 mondial des groupes de communication. Peu de pays peuvent se targuer de posséder deux groupes dans ce classement. Quant aux médias, en France, le groupe TF1 est la première chaîne d’Europe. Dans le domaine musical, Universal est le premier label au monde et Deezer, plateforme d’écoute musicale en streaming, est au coude à coude avec son concurrent suédois Spotify sur la position de leader. LVMH est le premier groupe français de luxe. Sans compter que Jean-Michel Wilmotte et Christian de Portzamparc sont parmi les meilleurs architectes au monde. La France possède tous les grands événements de l’industrie créative: le festival de Cannes; Vivatech est devenu l’un des rendez-vous mondiaux les plus importants de la tech; le Midem, le temple du salon de la musique à Cannes, pour ne citer qu’eux. Nous nous distinguons dans des domaines d’excellence mais nos industries créatives ne représentent que 3,5 % du PIB, alors qu’en Angleterre cela représente 10 %. Ce n’est pas normal ! Nous devons mieux valoriser notre côté créatif. De plus, en France, nous travaillons en silos, ce qui empêche les acteurs de l’industrie créative de partager et d’échanger, tandis que chez nos voisins anglosaxons, c’est exactement le contraire.

"Les industries créatives françaises sont extraordinairement performantes."

La création d’un lieu unique était donc nécessaire ?

En effet ! Pour se rencontrer il faut un lieu et ce lieu, aujourd’hui, existe avec We Are. Partout dans le monde, plusieurs initiatives fédéraient les industries créatives, notamment à Londres ou aux États-Unis, mais en France, aucune. Il nous a donc fallu deux ans pour monter ce projet dont l’objectif était de créer un espace dédié aux acteurs de ces industries créatives pour qu’ils puissent se rencontrer, se connaître, partager, échanger et travailler ensemble. Pour ce faire, nous avons créé des périmètres communs comme des restaurants et des bars au sein de nos locaux et des espaces de travail et de cocréation avec l’aménagement d’un studio de broadcast pour pouvoir produire nos propres contenus.

Qui sont vos porteurs de projets ?

Nous avons structuré une levée de fonds auprès d’une quarantaine d’actionnaires tels que Marc Simoncini, fondateur de l’application Meetic, Pierre-Eric Leibovici, fondateur de Daphni et Olivier Goy, fondateur d’October. Ce sont des personnalités connues dans la sphère des médias, de la tech, du digital, de la production et du luxe. Il était important pour nous d’avoir des actionnaires issus de plusieurs secteurs.

À qui We are s’adresse-t-il ?

Il faut savoir que We Are n’est pas seulement un club, We Are, c’est plus qu’un club. Trois populations se retrouvent dans ce lieu. Le grand public tout d’abord, qui peut venir voir des expositions et s’imprégner de plusieurs formes de création. Viennent ensuite les industriels, qui, eux, bénéficient d’un espace qu’ils pourront exploiter selon leurs besoins. Et enfin, les acteurs de cette industrie qui, réunis sous la forme d’un club, payent une cotisation pour en être membre afin de pouvoir bénéficier à titre personnel d’un certain nombre de services et de «facilities» pour se rencontrer et partager.

We are c’est également une communauté. Quels sont les critères requis pour y adhérer ?

Pour être membre de We Are, il faut faire partie de ces industries de près ou de loin, ou sinon, être au moins passionné ou engagé par le sujet. Il faut compter 1 200 euros de droit d’entrée et 1 200 euros de cotisation annuelle. En tant que membre, il faut savoir faire preuve de générosité, il ne faut pas venir ici juste avec l’idée de prendre mais également avec l’envie de donner de l’expérience, d’apporter de la valeur ajoutée et de partager son réseau. Le sens de We Are repose d’ailleurs sur la philosophie de l’Ubuntu théorisé par Desmond Tutu en Afrique du Sud qui se résume en une phrase « je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ». L’idée est de se dire que nous n’existons que parce que nous faisons partie d’un collectif et que tout seul nous n’existons pas. C’est le sens de We Are, être une force créative en mouvement. Je crois fondamentalement qu’il y a un génie français présent depuis des siècles qui doit aujourd’hui entrer en résonnance. Surtout à l’heure où les contenus n’ont jamais été aussi attaqués par les américains et les chinois. Il nous est impératif de mettre en avant notre force créative et de la défendre, nous qui avons inventé le cinéma, la photo, réalisé le premier film d’animation au monde et possédons une capacité littéraire incroyable.

"Il nous est impératif de mettre en avant notre force créative et de la défendre."

Vous parliez de "facilities". De quoi s’agit-il ?

La première promesse est le réseau, à partir duquel les membres ont accès à une plateforme digitale qui va leur permettre d’entrer en contact avec tous les acteurs de ces industries. La deuxième dimension permet de bénéficier d’espaces de rencontres où se faire connaître et enfin avoir accès tous les soirs à un événement en lien avec ces industries.
Chaque fin de journée ont lieu des débats, des projections de films. Des artistes viennent chanter et présenter leur album. Des écrivains, leur livre ou d’autres, leur prochain jeu vidéo. Il y a donc tout un panel de présentations et de soirées organisées pour les adhérents.

Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

Nous ambitionnons de structurer une communauté active et devenir un lieu où nous pourrons faire naître des projets, en soutenir d’autres et faire éclore des talents. Si les personnes qui se trouvent chez We Are passent un agréable moment et ressortent plus ouverts qu’ils ne l’étaient auparavant, c’est déjà une victoire pour nous.

Propos recueilis par Annaëlle Ntsame 

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