E. Madinier (Banque Richelieu France): "Le recrutement et le développement sont nos priorités"

Forte d’une importante réorganisation terminée en 2020, la Banque Richelieu France, qui réunit 65 collaborateurs répartis entre Paris et Lyon, entend accélérer sa croissance. Édouard Madinier, membre du directoire, présente le positionnement de la structure, ses savoir-faire et ses axes de développement.

Forte d’une importante réorganisation terminée en 2020, la Banque Richelieu France, qui réunit 65 collaborateurs répartis entre Paris et Lyon, entend accélérer sa croissance. Édouard Madinier, membre du directoire, présente le positionnement de la structure, ses savoir-faire et ses axes de développement.

DÉCIDEURS. Depuis 2018 et la création du groupe Richelieu, la Banque Richelieu s’est profondément restructurée. Quels grands chantiers ont été menés ?

Édouard Madinier. Nous sommes un groupe bancaire familial français à taille humaine, spécialisé dans la gestion de fortune et piloté depuis Paris par la holding Compagnie Financière Richelieu qui chapeaute trois filiales. La première, Richelieu Gestion, est l’entité en charge de l’activité d’asset management et de la stratégie sur les marchés financiers du groupe. La seconde, Banque Richelieu Monaco, gère la clientèle internationale. Enfin, Banque Richelieu France intervient sur toutes les questions de gestion de fortune principalement dans l’Hexagone. Elle a d’ailleurs terminé la redéfinition de son organisation interne : alors que le front office s’est structuré avec des banquiers répartis selon la typologie de clientèle qu’ils accompagnent – entre 1 et 20 millions d’euros d’actifs financiers pour les uns et au-delà de 20 millions de patrimoine financiers pour les autres –, le back office et les fonctions support ont gagné en autonomie. Enfin, l’activité de gestion sous mandat est désormais assurée par Richelieu Gestion. Avec toutes ces évolutions, le groupe a gagné en rapidité et en fluidité dans l’exécution et le suivi client. 

"Nos performances en 2020 sont éloquentes : +7,3 % pour les profils dynamiques, net frais de gestion"

Comment définiriez-vous l’ADN de la banque ?

Notre positionnement tient à la conjugaison de quatre caractéristiques fondamentales : la réactivité, l’expertise financière, l’offre sur mesure et l’ouverture aux questions internationales. Notre taille et la centralisation de tous nos services nous assurent une réelle rapidité pour la prise de décision et leur exécution. Par ailleurs, au regard de l’histoire de la banque qui était à l’origine une société de gestion, nous disposons d’une expertise naturelle en matière financière. Nous sommes particulièrement réputés sur certains segments comme les small & mid caps européennes, les actions américaines et la gestion ESG dont quasiment tous nos fonds respectent les critères. Ensuite, nous développons une véritable approche sur mesure. Même si le terme est galvaudé, nous le revendiquons car nous sommes en mesure de mettre en place une gestion dédiée : nous construisons une allocation et un suivi du risque avec le client. C’est assez rare car, aujourd’hui, le suivi de ce type de portefeuille est très lourd pour les banques.

En tant que pure player de la gestion de fortune, comment se compose votre offre et à qui s’adresse-t-elle spécifiquement ?

Aujourd’hui, notre seuil d’entrée est fixé à un million d’euros d’actifs financiers confiés. En premier lieu nous définissons la meilleure enveloppe de gestion : assurances-vie françaises et luxembourgeoises, PEA ou encore les holdings à l’aide de nos ingénieurs patrimoniaux. Une fois celle-ci déterminée, nous choisissons le meilleur type de gestion pour le client : une gestion sous mandat dans laquelle il nous donne procuration pour gérer pour lui son portefeuille selon son profil de risque et ses objectifs, une gestion libre dans laquelle le client gère et passe seul ses ordres – pour certains clients, nous offrons même la possibilité d’avoir un accès direct aux marchés, sans l’intermédiaire d’un banquier – ou la gestion conseillée qui est un mélange des deux précédents modèles.

Sur quels types d’instruments financiers intervenez-vous ?

Sur toutes les classes d’actifs et toutes les zones géographiques. Si nous ne la couvrons pas nous-mêmes, nous faisons appel à des partenaires (architecture ouverte). Nous développons des produits structurés dits propriétaires pour aller chercher le meilleur couple rendement/risque. Si nous les structurons, nous confions leur émission à d’autres grandes banques sélectionnées à l’issue d’un appel d’offre. En complément de l’actif, nous proposons aussi de gérer le passif de nos clients par le biais de crédits et de financement. Nous faisons par exemple des financements hypothécaires et financements Lombard avec une maturité maximale de dix ans sur l’amortissable ou de cinq pour les crédits in fine. Enfin, notre équipe d’ingénieurs patrimoniaux assure un conseil juridique et fiscal sur la détention et la transmission des actifs, la gouvernance, les projets philanthropiques ou les sujets matrimoniaux.

Vous proposez une expertise sur l’administration du non-coté, notamment à destination des entrepreneurs et start-uppers. Pouvez- vous nous en dire plus ?

Nous avons une vraie connaissance de l’administration des titres non cotés, que ce soit au travers de holding, PEA et assurances-vie. Dans l’univers des start-up, les fondateurs et managers sont couramment associés à la réussite de l’entreprise via des plans d’intéressement qui prennent des formes très variées : actions ordinaires, BSPCE, BSE, AGA, etc. Or, chacun de ces mécanismes suit un régime fiscal, des moyens de détention et de transmission différents sur lesquels nous pouvons les conseiller et les accompagner administrativement.

Quel bilan dressez-vous de la crise sanitaire et de l’année 2020 ?

L’annonce du confinement en mars 2020 n’a pas eu de conséquence sur notre activité : en quelques jours à peine, nous étions pleinement opérationnels à distance. Nous avons même gagné certains nouveaux clients, déçus par l’impréparation de leurs banques et séduits par notre réactivité et notre agilité. Dans ce contexte de nervosité extrême des marchés, nous avons beaucoup travaillé et cela a payé. Nos performances sur l’année sont éloquentes : +7,3 % pour les profils dynamiques (contre -5,6 % en moyenne pour le CAC40 dividendes réinvestis) et +5,2 % pour les profils équilibrés, net frais de gestion. Les clients étaient finalement assez disponibles, ce qui nous a permis de multiplier les rendez-vous de gestion et de faciliter les échanges. 

"Nous avons achevé la réorganisation de la banque en France"

Quels axes de développement privilégiez- vous à moyen terme ?

La crise sanitaire nous a fait renoncer à rencontrer les professionnels du secteur – avocats, family offices, experts-comptables, banquiers d’affaires – qui sont habituellement des apporteurs de nouveaux clients. Nous sommes ravis de les retrouver aujourd’hui. Outre l’entretien et le développement de ces partenariats, nous misons beaucoup sur la clientèle d’entrepreneurs et de start-up avec qui nous entretenons d’excellentes relations

Comment la croissance se dessinet- elle selon vous : plutôt de manière organique ou des opérations de croissance externe pourraient-elles être envisagées ?

L’année écoulée a été un frein à notre politique de recrutement alors que c’est clairement notre priorité. Nous cherchons des profils très qualifiés pour grandir sans perdre notre agilité pour autant. Au-delà de la croissance interne, nous sommes très attentifs à toutes les opportunités d’acquisition qui se présentent. Nous visons de préférence une cible qui dispose d’une clientèle comparable à la nôtre. La croissance est notre objectif numéro un : toutes les forces vives du groupe sont mobilisées pour l’atteindre. 

Propos recueillis par Sybille Vié

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