Du legal design jusque dans la legaltech

Le legal design, ou encore l’art du langage juridique clair, est une méthode de travail destinée avant tout aux juristes d’entreprise qui diffusent des règles de droit au sein d’autres départements que le leur et aux avocats désireux d’offrir à leurs clients une prestation juridique compréhensible. Naturellement, il envahit un autre espace de droit : la legaltech. Cette dernière en perçoit bien les avantages.
Pour les acteurs de la legaltech, l’intégration du legal design dans leurs solutions fait partie des éléments de différenciation.

Le legal design, ou encore l’art du langage juridique clair, est une méthode de travail destinée avant tout aux juristes d’entreprise qui diffusent des règles de droit au sein d’autres départements que le leur et aux avocats désireux d’offrir à leurs clients une prestation juridique compréhensible. Naturellement, il envahit un autre espace de droit : la legaltech. Cette dernière en perçoit bien les avantages.

Le Code civil réécrit en legal design, une folie ? Pas vraiment. "Tout créateur de normes ou d’actes juridiques devrait utiliser le langage clair, réagit Christophe Roquilly, directeur de l’Edhec Augmented Law Institute. D’ailleurs, une plateforme digitale, quelle qu’elle soit, doit être intuitive. Sans quoi l’utilisateur la quitte, surtout si elle est payante." Si le législateur français n’a pas encore perçu l’intérêt que représente l’utilisation de méthodes de design thinking lors de la formation de la loi, les créateurs d’outils numériques juridiques, eux, l’ont bien compris. Se mettre à la place de l’utilisateur, du destinataire, du lecteur ou de la personne qui va appliquer l’élément du droit garantit sa compréhension, donc son utilité. Les avantages sont indéniables : permettre au résultat d’être compréhensible par tous, accélérer la prise en main par les juristes, améliorer la visibilité de la solution. "Pour les acteurs de la legaltech, cela fait partie des éléments de différenciation, relève le conseil en stratégie des organisations juridiques associé chez Day One Olivier Chaduteau. Et aussi un moyen d’assurer une meilleure appropriation et conduite du changement des équipes", puisqu’elles sont mieux formées et gagnent du temps au quotidien. Le moteur de recherche juridique Juripredis le confirme en indiquant sur son blog qu’il est "la base de toute la legaltech".

Une offre encore insuffisante

Le professeur à l’Edhec Christophe Roquilly, fin observateur de la legaltech, a d’ores et déjà vu les plateformes évoluer, mais pas suffisamment. "Nous l’utilisons beaucoup en interne pour la formation de nos équipes, décrit Loïc Le Goas, CEO de LegalVision, mais pas assez en direction de nos clients notamment pour la formation des utilisateurs." Même son de cloche chez Gino LegalTech, où la direction est convaincue des bienfaits du legal design dans son activité de création d’actes juridiques sans avoir encore déployé le projet de manière significative. "Avec le développement de l’intelligence artificielle dans nos solutions, nous parviendrons à l’intégrer, explique l’avocat Philippe Ginestié, son fondateur. Mais nous solliciterons pour cela des experts, pas question d’implémenter la pensée design de façon artisanale."

Justement, trouver le bon interlocuteur ne semble pas si facile. Les offres se sont multipliées soit en provenance des États-Unis, comme l’ancien Dot. devenu Amurabi, soit sur les initiatives de professionnels du droit comme l’ancienne directrice juridique d’Auchan  Sihem Ayadi, qui a créé Juridy, ou l’avocate Sophie Lapisardi qui, unie avec le spécialiste du design thinking Fabrice Mauléon, a ouvert son propre centre de formation, Lexclair. Mais si les cabinets d’avocats intègrent ces méthodes dans leur quotidien (par exemple, la jeune structure Constellation en a fait l’un des éléments essentiels lors de sa création en mai 2019 ou encore au Luxembourg, où Arendt & Medernach a embauché en janvier 2020 un legal designer, Miroslav Kurdov, qui avait fondé en 2013 le site spécialiste du design de l’information juridique Sketchlex.com.), leurs prestataires de services digitaux ne devraient pas tarder à leur emboîter le pas.

Pascale D'Amore

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