Dracula Technologies : la start-up qui a les dents longues

Chaque semaine, Décideurs vous propose un focus sur une start-up prometteuse ou un acteur incontournable de la Tech française. Aujourd’hui : Dracula Technologies.

Chaque semaine, Décideurs vous propose un focus sur une start-up prometteuse ou un acteur incontournable de la Tech française. Aujourd’hui : Dracula Technologies.

En commercialisant la première cellule photovoltaïque organique façonnée au monde, Dracula Technologies compte bien transformer le secteur des objets connectés et remettre en cause l’hégémonie de la pile.

Une invention lumineuse

Le principe de Dracula Technologies repose sur Layer®, une technologie imprimée qui génère de l'énergie à partir de la lumière ambiante. Le procédé est basé sur une méthode de fabrication utilisant l’impression numérique. À l’instar d’une imprimante de bureau utilisant de l’encre graphique, les modules Layer® sont imprimés avec de l’encre fonctionnelle, produite par l’entreprise elle-même. Cette dernière se décompose en matériaux conducteurs, sans terres rares ni plomb. Ainsi, les performances des modules sont optimisées en fonction de l’environnement dans lequel le produit est utilisé, que ce soit en intérieur, en extérieur, ou encore dans un environnement mixte. Fonctionnant comme un panneau solaire qui aurait été miniaturisé, le Layer® peut se recharger et fournir de l’énergie à l’objet auquel il est rattaché, y compris dans une pièce à la lumière tamisée.

Autre avantage, et pas des moindres, la technique d’impression utilisée permet de créer des formes spécifiques, notamment sur des supports flexibles. La technologie Layer® réside en la juxtaposition de plusieurs couches, chacune possédant des propriétés physiques spécifiques, qui une fois combinées génèrent de l’énergie grâce à la lumière ambiante. L’ensemble des matériaux est enveloppé dans des films de barrières souples afin de prévenir des rayons ultraviolets, de la pollution ou encore de l’humidité. En plus d’être efficace, la solution s’inscrit dans une démarche écologique : "Toutes les couches du produit sont recyclables, rappelle Rahisse Mamod Ramjy, responsable marketing de l’entreprise, avant d’ajouter qu’un gramme d’encre employé permet de faire un mètre carré de module."

Faire face à la pile

L’entreprise a dès à présent développé un produit dont la taille est optimale pour une utilisation dans le secteur de la domotique et du petit équipement connecté. Dracula Technologie se positionne ainsi sur le marché des objets connectés à basse consommation, avec quatre caractéristiques : usage de l’énergie ambiante ; engagement Greentech en n’employant ni terre rare, ni matériaux lourds ; réduction du coût en énergie sur le long terme avec un accompagnent sur dix ans (là où la pile dépasse rarement trois années), et la personnalisation complète du produit.

Pour Rahisse Mamod Ramjy, l’objectif de l’entreprise est clair : "Concurrencer la pile." Une solution ambitieuse qui a déjà convaincu le partenaire de l’entreprise, Renesas Electronics Corporation, et reconnue pour sa qualité, comme en atteste le label européen Seal of Excellence, obtenu en ce début d’année.

Dynamique radieuse

Depuis sa fondation en 2011, la start-up n’a jamais cessé de faire de la recherche et du développement sa priorité, une dynamique qui explique la réussite de l’entreprise. Après avoir levé 2 millions d’euros en 2016 et basé son activité à Valence – ville connue pour être un pôle fort de la French Tech – Dracula Technologies a réussi une deuxième levée de fonds de 2,4 millions d’euros auprès de MG Digital en 2020, lui permettant ainsi de changer de locaux afin d’employer de nouvelles machines à la production amplifiée. L’entreprise compte à présent  21 employés et affiche sa volonté de renforcer ses effectifs d’au moins six personnes supplémentaires, avec des profils "tech", comme  c’est déjà le cas pour 80 % de l’équipe. Dracula Technologies s’intéresse de près à la recherche scientifique, avec quatre docteurs, 64 publications et six brevets dont quatre en cours d’édition. L’entreprise ne compte pas s’arrêter là, l’objectif de l’année 2022 étant la préparation de l’étape d’industrialisation, qui permettra de pousser la production à des centaines de milliers d’unités. À l’heure de la multiplicité des appareils connectés, l’avenir de la solution produite par l’entreprise semble tout tracé.

Émile Le Scel

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !

retrouvez l'intégralité du dossier Côté Tech

Chaque semaine, Décideurs vous propose un focus sur une start-up prometteuse ou un acteur incontournable de la Tech française à travers les thématiques de l'immobilier, de l'énergie et de l'environnement.
Sommaire Third : de l'hôtel au bureau Solen : une start-up à l’idée lumineuse Carbon : renforcer la souveraineté énergétique de la France La Devanture : le Airbnb des commerces WiredScore : labels affaires Gridky : tout le neuf dans le même panier PlanRadar : le chantier digitalisé Water Horizon : la chaleur en perspective Deepki : mesurer pour corriger Glowee : la nature en lumière
TotalEnergies et les empêcheurs de polluer en rond

TotalEnergies et les empêcheurs de polluer en rond

Une centaine de militants écologistes ont barré ce matin l’entrée de l’assemblée générale qui devait notamment valider la politique climatique du grou...

Séché Environnement rachète les activités de traitement des eaux industrielles de Veolia

Séché Environnement rachète les activités de traitement des eaux industrielles de Veolia

Séché Environnement renforce ainsi son expertise dans le cycle de l’eau industrielle et élargit son offre de services. Montant de la transaction : 40...

Introduction en bourse réussie pour Lhyfe, spécialiste de l'hydrogène vert

Introduction en bourse réussie pour Lhyfe, spécialiste de l'hydrogène vert

L'entrée sur le marché réglementé d’Euronext® à Paris, a permis à la start-up d'effectuer une augmentation de capital d’un montant de 110 millions d'e...

Logement : ministère amer

Logement : ministère amer

Malgré les interpellations multiples dénonçant une campagne au cours de laquelle la question du logement est restée très secondaire, en dépit des aler...

Agnès Pannier-Runacher, Amélie de Montchalin : mission environnement

Agnès Pannier-Runacher, Amélie de Montchalin : mission environnement

À Elisabeth Borne, Première ministre en charge de la planification écologique, Emmanuel Macron a décidé d’adjoindre Agnès Pannier-Runacher à la Transi...

Glowee : la nature en lumière

Glowee : la nature en lumière

Chaque semaine, Décideurs vous propose un focus sur une start-up prometteuse ou un acteur incontournable de la tech française. Aujourd’hui, Glowee.

Aurélie Pouliguen rejoint LexCase en qualité d’associée

Aurélie Pouliguen rejoint LexCase en qualité d’associée

Le cabinet LexCase intègre une nouvelle expertise en droit immobilier avec l’arrivée d’Aurélie Pouliguen et de sa collaboratrice Alice Angelot. Explic...

Marché de l'investissement immobilier : et si, finalement, tout allait bien ?

Marché de l'investissement immobilier : et si, finalement, tout allait bien ?

Depuis quelques mois, l'immobilier d'entreprise voit deux discours s’affronter : l’un voudrait que la situation soit particulièrement catastrophique,...

Lire plus d'actualités

Newsletter savoir pour agir

N'avancez plus à l'aveugle

Ne plus afficher ce message