Dominique Desseigne, l'impromptu

En une quinzaine d’années, le PDG du groupe Barrière a fait changer d’échelle l’entreprise en conjuguant internationalisation et diversification. Un tour de force alors que rien ne le prédestinait à diriger un géant du luxe.

En une quinzaine d’années, le PDG du groupe Barrière a fait changer d’échelle l’entreprise en conjuguant internationalisation et diversification. Un tour de force alors que rien ne le prédestinait à diriger un géant du luxe.

Rares sont ceux arrivés au sommet malgré eux. Dominique Desseigne fait pourtant partie de cette curieuse espèce. Derrière son exceptionnelle carrière à la tête du groupe Lucien Barrière, point d’intuition géniale ou d’héritage familial, mais un drame personnel. Loin du monde des affaires, ce juriste de formation a d’abord embrassé la profession de notaire. Il exerce à ce titre à Paris avant de racheter une étude rive gauche. L’accident de sa femme Diane Barrière, héritière et directrice des casinos du même nom, le pousse à revoir sa trajectoire professionnelle. D’abord codirecteur du groupe avec son épouse, il prend seul les rênes du géant de l’hôtellerie de luxe en 2001 après le décès de cette dernière en 2001. Le voici à la tête d’une trentaine de casinos et d’une quinzaine d’hôtels prestigieux, sans compter plusieurs restaurants et golfs. Une responsabilité importante pour celui qui n’a jamais prévu qu’elle lui incombe. « Je suis d’autant plus attentif au développement du groupe que je ne suis pas à mon poste grâce aux liens du sang », confie-t-il l’année dernière à Paris Match.

Préparer la relève

S’engage alors une phase de développement intense pour le groupe Barrière. Le nouveau dirigeant voit grand. Son rapprochement avec Accor, devenu actionnaire de référence, lui permet d’avoir les moyens de ses ambitions, notamment à l’international. C’est ainsi qu’en 2003, le groupe ouvre son premier casino à l’étranger, à Montreux. L’hôtellerie ne tarde pas à suivre puisque, six ans plus tard, le groupe investit Marrakech. À l’occasion de la sortie d’Accor, remplacé au capital par Fimalac en 2011, la famille Desseigne-Barrière porte sa participation de 51 % à 60 % au sein de la firme. Une excellente façon, pour le PDG septuagénaire, de préparer la relève. Et cette fois-ci, sauf surprise, la voie semble toute tracée puisqu’Alexandre Desseigne, son fils entré dans le groupe en 2014, vient de se voir confier la responsabilité d’assurer la direction générale de l’hôtellerie et de la restauration.

Sybille Vié

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !

retrouvez l'intégralité du dossier Fortunes 100, leçons de réussite

Les 100 premières fortunes : France, Europe, International.
Sommaire Susanne Klatten, plus qu’une héritière Giovanni Ferrero, focus sur le patron de Nutella Amancio Ortega, le roi d'Espagne Dietrich Mateschitz, l'énergique Pony Ma, l'omniprésent Jeff Bezos, le prophète du e-commerce Carlos Slim Helu, le conquistador Aliko Dangote, Saga Africa Abigail Johnson, la discrète Petr Kellner : le roi des chèques
Hôtellerie et restauration : la double peine

Hôtellerie et restauration : la double peine

Parmi les plus touchés par la crise, le secteur de la restauration et de l’hôtellerie est aussi parmi les tout derniers à émerger du confinement. Si c...

Liberty Global et Telefónica : une connexion à 35 milliards

Liberty Global et Telefónica : une connexion à 35 milliards

La crise n’a pas empêché les opérateurs américains et espagnols de dévoiler leur projet de rapprocher leurs activités britanniques Virgin Media et O2...

Tech et start-up : quel soutien ?

Tech et start-up : quel soutien ?

L’innovation, particulièrement dans le digital, se révélera l’une des clés de la relance économique. Pour ce faire, le gouvernement ne doit pas néglig...

C. Mayer-Lévi (France Invest) : "Le risk return de la dette privée devrait s’améliorer"

C. Mayer-Lévi (France Invest) : "Le risk return de la dette privée devrait s’améliorer"

En quête de rendements dans un environnement de taux très bas, de nombreux investisseurs se sont positionnés ces dernières années sur la dette privée....

Alain Roumilhac (Manpower) : "Le rebond de l’emploi passera d’abord par nous"

Alain Roumilhac (Manpower) : "Le rebond de l’emploi passera d’abord par nous"

La crise sanitaire a mis à l’arrêt le secteur de l’intérim dans sa grande majorité. Président de Manpower France, Alain Roumilhac attend avec impatien...

Contentsquare boucle une série D de 175 millions d’euros menée par BlackRock

Contentsquare boucle une série D de 175 millions d’euros menée par BlackRock

Le spécialiste français de « l’experience analytics » Contentsquare a récolté 190 millions de dollars dans le cadre d’une série D abondée par BlackRoc...

Xavier Rollet (Racine) : "Une transmission réussie doit être préparée en amont"

Xavier Rollet (Racine) : "Une transmission réussie doit être préparée en amont"

Différentes possibilités s’offrent à un entrepreneur lors de la transmission de son entreprise. Xavier Rollet, Co-Managing Partner du cabinet Racine r...

P. Loustric (Scentys) : "La communication a été essentielle"

P. Loustric (Scentys) : "La communication a été essentielle"

Pierre Loustric, président de Scentys, partage son expérience managériale des dernières semaines. Le chef d'entreprise revient également sur sa straté...

Lire plus d'actualités

Newsletter savoir pour agir

N'avancez plus à l'aveugle

Ne plus afficher ce message