D. Benoît (Pictet) : "L’absence d’activité de banques d’affaires réduit les risques de conflits d’intérêt"

Pictet est un pure player de la gestion de patrimoines privés et institutionnels. Le groupe suisse a en effet pour seul métier la gestion de fortune pour les familles et les entrepreneurs ainsi que la gestion d’actifs et la distribution de fonds de placement. Dominique Benoît, coresponsable de la succursale de Paris du groupe Pictet et directeur de la Gestion de patrimoine pour la France, se confie sur son activité.

Pictet est un pure player de la gestion de patrimoines privés et institutionnels. Le groupe suisse a en effet pour seul métier la gestion de fortune pour les familles et les entrepreneurs ainsi que la gestion d’actifs et la distribution de fonds de placement. Dominique Benoît, coresponsable de la succursale de Paris du groupe Pictet et directeur de la Gestion de patrimoine pour la France, se confie sur son activité.

Décideurs. Le groupe suisse Pictet a ouvert son bureau français il y a quatorze ans. Quels ont été les arguments de votre établissement pour se faire une place sur ce marché ?

Dominique Benoit. Nous sommes arrivés en France avec l’objectif ambitieux de devenir l’une des références dans la gestion de fortune. Nous n’avons pas d’activité de banques d’affaires, ce qui réduit considérablement les risques de conflits d’intérêt pour le client. L’absence d’actionnaires externes et une solidité financière hors pair nous assurent par ailleurs une totale indépendance et nous permettent de faire des choix à long terme, dans l’intérêt même du client et donc de l’entreprise. Pictet est détenu et dirigé depuis sa fondation en 1805 par des associés, au nombre de huit actuellement, qui restent en fonction en moyenne plus de 20 ans. Cette longévité, propre à une culture de partnership, nous rend particulièrement sensibles aux conséquences de nos décisions et favorise ainsi une culture de responsabilité. Pictet est aujourd’hui la principale banque européenne en mains privées en gestion de fortune.

Quel est le profil de votre clientèle ? Comment les convaincre de faire appel à vos services ?

Nous servons en général une clientèle dont le patrimoine moyen s’élève entre 20 et 50 millions d’euros. Ce sont le plus souvent des entrepreneurs ayant vendu leur société ou sur le point de le faire. Nous accompagnons également des familles dont la fortune est plus établie. Nous conseillons aussi une clientèle plus jeune, âgée souvent d’une trentaine d’années. Nos principaux atouts sont le savoir-faire et l’expérience de nos banquiers, la force de notre marque avec entre autres la réputation de solidité du Groupe et une offre de solutions d’investissement et de services parmi les plus performants de la place. Nos clients souhaitent avant tout s’adresser à des personnes d’expérience et de confiance qui connaissent leur métier, qui savent écouter et comprendre leurs besoins.

Vous disposez d’une société de gestion reconnue sur la gestion d’actifs, en particulier sur l’investissement dans des titres cotés, avec notamment votre gamme de fonds thématiques. Pourtant vos clients montrent de plus en plus d’intérêt pour l’investissement dans le non-côté. Quel accompagnement leur proposez-vous ?

La volatilité des marchés financiers peut inquiéter une certaine clientèle qui préfère diversifier son patrimoine en se positionnant davantage sur des actifs réels. Pour les assister, nous avons une société au sein du Groupe, Pictet Alternative Advisors, qui a une expérience de 30 ans pour sélectionner les meilleurs investissements au travers de fonds ou en direct. Pictet Alternative Advisors a par exemple lancé récemment le fonds Pictet Real Estate Capital (Elevation 1) dont le ticket d’entrée est de 1 million d’euros. Ce fonds suit une stratégie d’investissement et de gestion value-add, avec l’objectif de tirer profit du potentiel du marché immobilier. Il investit directement dans des biens immobiliers se trouvant dans des smart cities européennes, situées à des carrefours de communication, des villes en première ligne de la transformation numérique de l’économie.

Avec l’avènement du digital, le rôle des banquiers privés peut-il être éclipsé par des outils numériques ?

Non. Les outils numériques sont là avant tout pour simplifier les tâches à faible valeur ajoutée et ainsi aider le banquier à offrir un meilleur service au client. Il ne faut pas perdre de vue que le métier de banquier privé est en premier lieu un métier de relations humaines, qui vit de la confiance qu’accorde le client à son banquier. Le digital ne fera que fluidifier les relations entre les personnes et devrait permettre aussi au banquier de donner plus de temps à son client ou encore d’améliorer le niveau de sécurité pour le client.

Quels conseils donneriez-vous à un client qui doit choisir son banquier privé ?

L’expérience de la maison et du banquier me semblent être les éléments essentiels à prendre en compte à l’heure de faire son choix.

Propos recueillis par Aurélien Florin

 

 

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