Diversification patrimoniale : les cryptomonnaies décryptées

Impossible de passer à côté des crypto-actifs. L’engouement planétaire pour cette nouvelle classe d’actifs pousse les investisseurs à s’interroger sur la pertinence d’ouvrir leur portefeuille aux bitcoins, ethers ou autres ripples. Entre la promesse de rendements potentiellement pharamineux et les risques de pertes, ces monnaies d’un nouveau genre s’invitent dans la stratégie patrimoniale des investisseurs.

© Yuri Shebalius

Impossible de passer à côté des crypto-actifs. L’engouement planétaire pour cette nouvelle classe d’actifs pousse les investisseurs à s’interroger sur la pertinence d’ouvrir leur portefeuille aux bitcoins, ethers ou autres ripples. Entre la promesse de rendements potentiellement pharamineux et les risques de pertes, ces monnaies d’un nouveau genre s’invitent dans la stratégie patrimoniale des investisseurs.

Lorsqu’il est lancé en 2009, le bitcoin est conçu comme une devise électronique échangeable de pair à pair sur la blockchain, un système informatique ultrasécurisé et constamment mis à jour. « Le but était de créer une monnaie décentralisée, qui ne serait soumise à aucun contrôle, ne fonctionnant que selon des règles informatiques », précise Manuel Valente, directeur de Coinhouse. Sa valeur ne fluctuant qu’en fonction de la loi de l’offre et de la demande. Neuf ans plus tard, on dénombre plus de 1 500 crypto-monnaies. Et autant d’opportunités pour les investisseurs.

Volatilité inouïe

L’atout premier d’un crypto-actif est sa volatilité. « Alors que la valeur d’un bien immobilier pourra au mieux croître de 10 % en un an ou que celle d’une action cotée pourra être multipliée par deux, un crypto-actif peut parfois réaliser un multiple de 10 ou 100 sur la même période. Par exemple, le cours de la paypite a été multiplié par 3 en 5 mois », explique Vincent Jacques, président de Paypite. Il suffit de suivre le cours du bitcoin dont la valorisation a été multipliée par 16 entre janvier et décembre 2017, avant de perdre de la valeur. « Les cours peuvent grimper et descendre de 10 % à 15 % par jour », confirme Manuel Valente. Cette volatilité inouïe offre de réelles opportunités spéculatives. Attention toutefois au revers de la médaille. S’il est possible de réaliser une plus-value énorme, le risque de tout perdre n’est pas à prendre à la légère. Mais mieux vaut ne pas être frileux. Investir dans un crypto-actif conviendra aux profils hautement tolérants au risque. « Il ne faut investir en crypto-monnaie que la part de son patrimoine qu’on est prêt à perdre », rappelle Vincent Jacques. Une fois encore, la diversification de son portefeuille entre actifs traditionnels et monnaies virtuelles semble être la meilleure des stratégies.

Hasard ou stratégie ?

Ces prérequis rappelés, reste à identifier la meilleure monnaie dans laquelle investir. Là encore, aucune règle prédéfinie. Les conseils qui fleurissent en ligne sur les forums et sites en témoignent, préconisant tout et son contraire. « Il y a une vraie part de chance puisque la plupart des crypto-monnaies ne reposent pas sur un sous-jacent concret à la différence d’une action qui dépend de la valorisation de l’entreprise qui l’a émise », prévient Vincent Jacques. Tout ne serait qu’affaire de hasard ? Pas tout à fait. « Chaque crypto-monnaie a ses spécificités et ses avantages propres. En optant pour un crypto-actif dont la valorisation est élevée, on réduit les risques de fluctuations violentes », tempère Manuel Valente. Surtout, loin de ces monnaies « abstraites », l’investisseur peut préférer se tourner vers une crypto-monnaie dont la valeur est corrélée au succès d’un projet spécifique. Pour ce faire, il lui faudra souscrire à une initial coin offering (ICO), c’est-à-dire participer à une levée de fonds par le biais d’une émission d’actifs numériques : les tokens. Les titulaires de ces jetons seront, selon les cas, autorisés à utiliser la technologie développée par la société à l’initiative de l’ICO ou pourront prétendre à un droit à des dividendes. Dans le cas de l’IPO, autant que l’investissement dans une crypto-monnaie, c’est un soutien à un projet particulier qui compte.

« Tout le monde peut acheter des bitcoins par simple virement ou paiement par carte bancaire »

À chacun sa méthode

L’étape du choix semble être la plus délicate du processus. En effet, les options pour investir concrètement ne manquent pas. « Il suffit par exemple de se rendre dans un point de vente physique, explique Manuel Valente. Muni d’une carte d’identité, tout le monde peut acheter des bitcoins ou des ethers par simple virement ou paiement par carte bancaire. Ils sont ensuite livrés sur un portefeuille électronique. » La même opération est également possible directement sur Internet ou via de multiples applications spécialisées. Pour les plus aguerris du trading, l’achat et la vente de crypto-actifs s’effectuent également sur des bourses dédiées, Binance en tête. Une fois la monnaie acquise, à chaque investisseur sa stratégie. « Certains se contenteront de la conserver en espérant qu’elle prenne de la valeur avec le temps, d’autres réajusteront le contenu de leur portefeuille plus ou moins régulièrement, en fonction de l’évolution des valorisations », détaille Vincent Jacques.

L’obstacle fiscal

L’un des freins aux investissements en crypto-actifs en France résidait dans le flou qui entourait le traitement fiscal des plus-values de cession éventuellement dégagées. Pourtant, un récent arrêt du Conseil d’État a permis de clarifier la situation, assimilant fiscalement la plus-value à celle obtenue lors de la vente d’un bien meuble. « Si le montant de la vente est inférieur à 5 000 euros, elle n’est pas imposée. Dans le cas contraire, la plus-value est soumise à un taux global de 36,5 % », résume Vincent Jacques.

Un régime plus lourd que celui réservé aux plus-values de cession de valeurs mobilières, relevant dorénavant du prélèvement forfaitaire unique à 30 %. Un constat mais pas une fatalité. « Nous poursuivons des discussions avec le législateur pour aligner ces deux régimes », affirme Manuel Valente. Une nécessité d’autant plus urgente que certains de nos voisins européens n’imposent pas du tout ces plus-values. Le régime fiscal des ICO n’est guère plus favorable puisque 33,3 % des fonds levés sont ponctionnés au nom de l’impôt sur le revenu. Alors que Bercy annonçait son intention de faire de Paris la capitale mondiale des ICO, le chemin semble encore bien long.

Sybille Vié

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