DHC : la haute couture du recrutement juridique

Fondé en 2011, le cabinet de recrutement dédié aux métiers du droit, Dana Human Capital, tire son épingle du jeu grâce à l’expertise de son fondateur. Avocat de métier, Roland Dana maîtrise les spécificités des différentes professions juridiques. Un cabinet de chasse éclairé et éclairant.

© Capucine Coquand

L'équipe de DHC dans ses bureaux parisiens en janvier 2019.

Fondé en 2011, le cabinet de recrutement dédié aux métiers du droit, Dana Human Capital, tire son épingle du jeu grâce à l’expertise de son fondateur. Avocat de métier, Roland Dana maîtrise les spécificités des différentes professions juridiques. Un cabinet de chasse éclairé et éclairant.

Roland Dana connaît parfaitement l’univers juridique. Issu d’une famille de juristes, l’homme décide de perpétuer la tradition familiale. En 2007, il sort ainsi diplômé de l’EFB et intègre le département projets du cabinet Linklaters. Seulement voilà, après quatre années d’exercice et un passage dans une structure française, l’avocat se rend compte que sa place est ailleurs : « J’avais besoin de davantage de relationnel, de prendre de la hauteur et de ne pas être uniquement plongé dans les dossiers. » Au même moment, il prend conscience du très fort potentiel de ce métier dans un marché juridique en pleine mutation. « Je suis convaincu que c’est un magnifique métier, poursuit-il.  À condition de l’exercer avec un degré élevé d’exigence et une connaissance pointue du marché. » Après une courte expérience au sein d’un cabinet de recrutement, Roland Dana fonde sa propre structure en 2011 : Dana Human Capital (DHC).

« Un autre costume »

« Pour exercer ce métier en conservant une approche haut de gamme, il faut s’affranchir des grandes structures », estime-t-il, convaincu que l’indépendance reste la clé pour proposer un service de qualité. D’autant que l’homme dispose d’un solide réseau. Si bien que, très vite, plusieurs cabinets réputés – Herbert Smith Freehills, De Pardieu Brocas Maffei, Capstan… – font appel à lui pour recruter de nouveaux collaborateurs. Le principal atout de ce chasseur de têtes ? Sa maîtrise du marché et sa capacité à cerner les attentes des avocats qui le sollicitent. « Nous sommes faits du même bois et parlons le même langage, assure le chef d’entreprise aujourd’hui entouré de quatre collaborateurs installés à Paris et Lyon. Je suis toujours leur confrère, même si je porte désormais un autre costume. »

Un rôle d’agent pour les associés

Outre sa connaissance du secteur, le recruteur sait repérer le potentiel des candidats. Ses principaux critères ? Les références, les valeurs et l’adhésion à l’ADN de ses clients, la compétence technique étant un prérequis. « Nous essayons de comprendre quelles sont ses motivations ainsi que ses inspirations », note Roland Dana qui se positionne à la fois comme chasseur de têtes, mais aussi comme agent. « De plus en plus d’avocats associés nous contactent lorsqu’ils souhaitent changer de structure, explique-t-il. Dans ce cas, nous les conseillons en fonction des cibles que nous avons étudiées sur le marché. »

"De plus en plus d’avocats associés nous contactent lorsqu’ils souhaitent changer de structure" 

Roland Dana peut ainsi être amené à accompagner le départ de toute une équipe, parfois même de plusieurs départements d’un cabinet. Un rôle à la fois délicat et stratégique. « Certains associés font appel à nous pour changer de maison avec plus de dix collaborateurs. Dans ce cas, nous participons à la négociation, nous avons un rôle de go-between », poursuit celui pour qui aucun défi ne semble insurmontable.

Recruter la perle rare

Et pour cause : certains font appel à lui pour dénicher des talents bien particuliers. C’est le cas de Marianne Schaffner, associée en charge du département propriété intellectuelle au sein du cabinet Dentons (lire son interview pages suivantes). Celle-ci lui a récemment confié le recrutement de collaborateurs dotés d’une expertise à la fois juridique et scientifique. Un défi de taille. « Pour cela, il est indispensable de savoir sortir des sentiers battus », assure l’avocate qui recommande vivement les compétences de Roland Dana et de ses équipes. Au-delà du recrutement d’avocats, les cabinets s’adressent à DHC pour dénicher la perle rare qui deviendra secrétaire général, business developer, DRH, responsable du marketing ou de la communication… « Cela suppose de s’intéresser à d’autres marchés, comme celui du conseil en stratégie », soutient le chasseur de têtes qui, depuis 2011, intervient également pour le compte de directions juridiques. Ses principaux clients ? Des sociétés d’envergure, comme le Club Med pour qui il a bâti la totalité du département juridique immobilier ou, encore, une compagnie d’assurances dont il a structuré l’équipe compliance.

Outre leur connaissance du secteur, l’équipe de DHC sait repérer le potentiel des candidats. Principaux critères de sélection ? Au-delà des compétences techniques, les valeurs, le savoir être et l’adhésion à l’ADN de la structure visée.

La loi Macron : une aubaine

Outre l’entreprise et les cabinets d’avocats, l’équipe de DHC maîtrise parfaitement les problématiques du notariat, secteur particulièrement impacté par la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, dite loi Macron, promulguée en 2015. « Le texte a, notamment, pour conséquence de tirer les salaires vers le haut, analyse Roland Dana. Les études notariales sont aujourd’hui confrontées à une inversion des rapports de force. Elles peinent aussi bien à recruter qu’à fidéliser leurs équipes. » Si les notaires, comme les avocats, se sont massivement opposés à la réforme de la loi Macron, pour Roland Dana, le texte – qui prévoit notamment la possibilité de créer des structures interprofessionnelles – est une aubaine : « Il nous permet de mener des rapprochements, d’accompagner la création de certains bureaux… Les opportunités sont multiples. »

Interprofessionnalité

Des nouvelles mesures que les professionnels du droit doivent, selon lui, prendre en compte, allant même jusqu’à conseiller aux avocats de se montrer proactifs en matière d’interprofessionnalité. À défaut, les cabinets de petites et de moyennes tailles risquent d’être absorbés par les sociétés d’experts-comptables. Les structures plus importantes pourraient, de leur côté, se faire doubler par les cabinets d’audit. Le mouvement inédit d’avocats de Fidal à KPMG en est l’illustration la plus frappante. Si les avocats, comme les notaires, sont aujourd’hui contraints de trouver leur place dans cette interprofessionnalité, certaines maisons ont d’ores et déjà mis en œuvre des rapprochements. « C’est le cas de la fusion entre l’étude notariale Bremens & Associés et le cabinet d’avocats Jacques Bret, à Lyon, illustre Roland Dana. Un rapprochement d’une telle ampleur entre les deux professions est une première et je crois que c’est un exemple à suivre. »

Consulting et coaching

DHC s’emploie à accompagner ses clients dans cette phase de mutation du marché juridique. « Nous connaissons parfaitement le marché et disposons d’un certain recul. Nous essayons donc de leur délivrer une analyse lucide et objective de l’évolution du secteur », conclu-t-il. Et pour la suite ? L’homme souhaite continuer à développer la chasse de têtes autour de trois pôles clés : cabinets d’avocats, études notariales, directions juridiques. Mais aussi renforcer son positionnement d’agent pour les associés et développer une offre de coaching : « Cela s’adressera plutôt à des profils confirmés qui doutent dans leur activité. Nous proposerons des bilans de compétences, ainsi qu’un accompagnement en matière de gestion de cabinet. » Autre projet : ouvrir un bureau au Luxembourg et nouer un partenariat avec un cabinet de recrutement londonien. Puis, enfin et surtout, consolider les équipes pour continuer à proposer aux professions juridiques un service résolument haut de gamme. Ambitieux.

Capucine Coquand (@CapucineCoquand)

 

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