De "l'art d'être Français"

Après la nécessité de repenser le fonctionnement démocratique et celui des institutions, de revaloriser la formation et le travail, le chef de l’État a évoqué l’impératif de cultiver nos racines. Celles qui font des Français non un rassemblement d’individualités mais "une nation de citoyens".

Après la nécessité de repenser le fonctionnement démocratique et celui des institutions, de revaloriser la formation et le travail, le chef de l’État a évoqué l’impératif de cultiver nos racines. Celles qui font des Français non un rassemblement d’individualités mais "une nation de citoyens".

Pour le Président Macron, la transformation du pays passe aussi par l’identification et la valorisation de certains fondamentaux sociétaux et culturels. Par un attachement à une langue, à une culture, et par ces « permanences » que le chef de l’État s’est dit déterminé à « préserver et consolider » parce qu’il y voit les fondements d’une identité collective et les ressorts de ce qui, aujourd’hui, doit nous permettre de « redéfinir la trame de notre nation ».

Famille et engagement

En tête de ces fondamentaux qui constituent ce qu’il a appelé « l’art d’être Français », Emmanuel Macron évoque d’abord la famille, dont la structure s’est modifiée sur les dernières décennies et pour laquelle il veut aujourd’hui « une véritable ambition » destinée à « accompagner (celles) qui se sont transformées (notamment les familles monoparentales, ndlr), à retrouver une dynamique de nos natalités, à bâtir une place à chacun… ».

Autres « invariances » à raviver : le sens de l’engagement. « Nous ne sommes pas une société d’individus mais une nation de citoyens », a déclaré le chef de l’État en évoquant l’attachement aux associations et sa volonté de développer le service civique universel, cette « matrice indispensable pour irriguer des vocations dont il faut accélérer le déploiement » et l’attachement fondamental au principe de laïcité.

Laïcité et frontières

« La laïcité, c’est la possibilité de croire en Dieu ou de ne pas y croire, de vivre ensemble dans la concorde et le respect, a déclaré le Président. La loi de 1905 est notre pilier, elle est pertinente et doit être réaffirmée et pleinement appliquée. »  Ce qui a été fait lorsqu’ont été fermées des écoles et associations lorsque celles-ci ne respectaient pas les règles de la République, a-t-il rappelé avant d’aller plus loin. « Mais aujourd’hui, quand on parle de laïcité on parle du communautarisme qui s’est installé dans certains quartiers, d’un islam politique qui veut faire sécession avec notre République. Là-dessus j‘ai demandé au gouvernement d’être intraitable, a asséné le chef de l’État. Parce que c’est une menace sur la capacité à tenir la nation ensemble. »

"Il nous faut rebâtir un patriotisme inclusif où chacun prend sa part, pas une addition d'intérêts particuliers"

Enfin, il a insisté sur le rôle essentiel des frontières, ces « limites » aussi bien physiques que culturelles qui, elles aussi, participent du concept même de nation. « Pour être ouvert, pour accueillir, il faut des frontières et des règles, a déclaré Emmanuel Macron qui a dit voir dans cette problématique essentielle un des grands combats que, « avec le climat », l’Europe se doit de mener. « La responsabilité va avec la solidarité, c’est pourquoi l’Europe doit tenir ses frontières, a-t-il déclaré. Pour protéger le droit d’asile, on doit lutter contre ceux qui abusent de ce droit. Cette reprise en main doit passer par nouveaux contrôles et un débat annuel au Parlement sur la politique migratoire. Il nous faut rebâtir un patriotisme inclusif, où chacun prend sa part, pas une addition d'intérêts particuliers.»

Caroline Castets

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