Cryptomonnaies : quel impact pour l’environnement ?

Portées par l’engouement d’un jeune public, les cryptomonnaies rencontrent un succès certain ces dernières années. Alors que l’investissement socialement responsable est de mise, le bitcoin est pointé du doigt en raison de sa forte consommation énergétique et inquiète les défenseurs de l’environnement.

Portées par l’engouement d’un jeune public, les cryptomonnaies rencontrent un succès certain ces dernières années. Alors que l’investissement socialement responsable est de mise, le bitcoin est pointé du doigt en raison de sa forte consommation énergétique et inquiète les défenseurs de l’environnement.

Face à l’urgence climatique, une nouvelle conviction émerge, celle d’un basculement vers l’ère numérique pour le bien de la planète. Pourtant, les nouvelles technologies et notamment les cryptomonnaies, consomment énormément d’énergie, souvent fossile.

Pollution numérique en hausse

Les cryptomonnaies sont stockées dans des bases de données numériques énergivores. Ces centres de stockage se multiplient au rythme des informations numériques produites, et nécessitent de grandes quantités d’électricité pour être alimentés, et d’eau pour être refroidis. La consommation importante d’électricité dépensée pour le minage des cryptomonnaies focalise l’attention, d’autant plus qu’elle provient en majeure partie de la combustion d’énergie fossile comme le charbon.  Pour les « miner », les ordinateurs résolvent des formules mathématiques complexes et utilisent des ressources comme des métaux rares utilisés dans les cartes graphiques, pouvant provoquer des pénuries.

"La consommation importante d’électricité dépensée pour le minage des cryptomonnaies focalise l’attention"

Monnaie phare des cryptomonnaies, le bitcoin est devenu l’actif numérique de prédilection et son expansion a provoqué une ruée vers l’or numérique nécessitant des milliers de data centers qui fonctionnent en permanence. Plus des deux tiers du minage est réalisé en Asie et notamment en Chine, en raison des faibles coûts opérationnels des centrales électriques au charbon. Par suite des répercussions néfastes du minage sur l’écologie, la Chine a pris en 2021 des mesures de répression contre ces activités, déclarant illégales toutes les transactions liées aux cryptomonnaies. Une mesure laissant à penser qu’il y a également des raisons politiques de souveraineté monétaire derrière cette décision. Un grand nombre de mineurs a ainsi trouvé refuge au sein de pays limitrophes, comme le Vietnam.

Dénoncée par Digiconomist – plateforme qui signale les conséquences involontaires des activités numériques –, cette pollution a atteint un pic de consommation énergétique depuis janvier 2022. Selon les calculs de Selectra, les valeurs annuelles en térawattheure (TWh) pour la consommation d'énergie du bitcoin qui montaient à un peu plus de 7 TWh par an en 2017, ont dépassé les 134 TWh en janvier 2022. Bill Gates déclarait d’ailleurs en 2021 : « Le bitcoin n’est pas terrible pour le climat », De même, Elon Musk expliquait que Tesla n’accepterait plus les règlements en bitcoins pour la même raison. Le patron du géant automobile a finalement nuancé ses propos en expliquant qu’il reverrait sa position si le bitcoin devenait plus respectueux de l’environnement.

Les énergies renouvelables ouvrent la voie à l’amélioration

L’espoir renaît avec la possibilité de diminuer l’empreinte carbone du bitcoin dans le cas où les ordinateurs qui extraient la monnaie sont alimentés par de l’électricité provenant des énergies renouvelables. Par ailleurs, la fondation Ethereum a annoncé vouloir changer le fonctionnement de sa cryptomonnaie, passant d’un système dit de « proof of work » (preuve de travail) à un système de « proof of stake » (preuve d’enjeu). Une nouvelle méthode ne nécessitant pas de résoudre des calculs complexes et qui, par conséquent, se trouve moins gourmande en énergie.

"L’espoir renaît avec la possibilité de diminuer l’empreinte carbone du bitcoin"

De nombreux acteurs cherchent à résoudre ce principal obstacle de surconsommation d’énergie. L’université de Cambridge, par exemple, travaille en continu sur des rapports visant à fournir une analyse objective de l’impact des cryptomonnaies sous toutes ses facettes, et notamment sur le plan environnemental. Des initiatives vertes se multiplient pour réduire leurs consommations énergétiques et leurs émissions de CO2. De plus en plus de cryptomonnaies, comme SolarCoin ou EcoCoin, voient le jour avec des considérations écologiques et éthiques, rééquilibrant ainsi l’image négative du bitcoin et calmant les ardeurs écologistes. 

Juliette Woods

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