Le CDI intérimaire décolle

La loi Avenir Professionnel a fait entrer le CDI intérimaire dans le code du travail. Une officialisation qui produit les effets d’un coup d’accélérateur.

La loi Avenir Professionnel a fait entrer le CDI intérimaire dans le code du travail. Une officialisation qui produit les effets d’un coup d’accélérateur.

Selon Prism’emploi, en quatre ans, 43000 CDI intérimaires ont été signés en France. Ce contrat permet aux agences d’intérim d’embaucher des salariés en CDI tout en leur offrant la possibilité de réaliser des missions ponctuelles. Les salariés peuvent bénéficier de formations en conservant un salaire minimum mensuel. L’objectif ? offrir la sécurité de l’emploi, favoriser une rapide montée en compétences et leur permettre d’acquérir une meilleure employabilité.

Sécurité ou précarité ?

Jusqu’alors, les syndicats s’avéraient plutôt frileux sur le dispositif. Force Ouvrière estimait que le contrat laissait les intérimaires « dans une totale précarité et sans aucune protection inhérente au CDI traditionnel ». Le syndicat s’insurgeait contre un accord « rétrograde » qui relevait d’un accord de branche étendu et non de la loi. Durant l’été 2018, la cour de cassation avait remis en cause le pouvoir donné aux partenaires sociaux qui, selon les juges, n’auraient pas la compétence de prévoir la conclusion d’un CDI pour des missions temporaires.

Or, avec la loi « Avenir Professionnel » du 5 septembre dernier, l’Assemblée nationale encadre ce « nouveau » contrat adoptant un amendement pour le faire entrer dans le Code du travail. L’objectif est donc de stabiliser et sécuriser le CDI intérimaire. Le contrat est désormais régi par les dispositions du contrat à durée indéterminé classique. La loi Avenir professionnel valide également rétroactivement les CDII signés entre 2014 et 2015.

Pour Muriel Pénicaud, ministre du travail, l’amendement qui pérennise le CDII  « complète le projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel en répondant à un besoin de flexi-sécurité à la française et en sécurisant les parcours ». Prism’ Emploi, syndicat qui réunit les professionnels du secteur, considère maintenant que l’intérim est le contraire de la précarité, insistant sur la nécessité qu’était de « balayer » le faux procès fait à l’encontre de l’intérim et des intérimaires.

Un regain d’intérêt

Il semble bien que la disposition ait également pour effet d’inciter les acteurs du travail temporaire à investir largement le CDII. Adecco, le géant de l’intérim qui signait en mars 2014 le premier CDI intérimaire de la profession, entend bien développer son réseau de salariés. Il s’est fixé pour objectif de recruter 5000 personnes en CDI intérimaire d’ici la fin de l’année 2018.  Le groupe insiste sur la sécurité de l’emploi et la garantie d’un salaire que permet le contrat de travail « nouvelle génération. Le président de The Adecco Group France Christophe Catoir assurait sur France Info : « Nous assurons la flexibilité de plusieurs entreprises qui, toutes seules, prennent des contrats temporaires ». En travaillant avec 33 000 entreprises au quotidien, le leader de l’intérim entend bien stabiliser donc une partie de ses effectifs en CDI.

Manpower profite également de ce nouveau contrat. L’entreprise qualifie le fonctionnement du dispositif comme un véritable effet levier pour que les salariés se projettent professionnellement. C’est également le cas de Synergie qui promeut le CDI intérimaire et qui insiste sur la formation et la montée en compétences des salariés.

Tom Fouan

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