Comment LR a confirmé son ancrage local

À la peine depuis la présidentielle de 2017, le parti de droite peut se consoler : à l’échelle locale ses élus gardent leur popularité. Et bon nombre de villes acquises en 2014. Retour sur un premier tour des municipales globalement réussi.

À la peine depuis la présidentielle de 2017, le parti de droite peut se consoler : à l’échelle locale ses élus gardent leur popularité. Et bon nombre de villes acquises en 2014. Retour sur un premier tour des municipales globalement réussi.

Un triomphe historique. Le terme n’est pas exagéré pour qualifier les résultats de LR aux élections municipales de 2014 qui ont vu le parti de droite prendre les commandes de 572 villes de plus de 10 000 habitants contre 349 pour la gauche.

Conquêtes 2014

Six ans plus tard, une partie non négligeable des conquêtes de 2014 a été conservée. Parfois, brillamment, dès le premier tour. C’est notamment le cas d’Ajaccio (53,51% pour Laurent Marcangeli), Clichy (51,94% pour Rémi Muzeau) ou encore Caen (50,80% pour Joël Bruneau). Le meilleur score pour la droite a été réalisé par Arnaud Robinet à Reims avec 66%.

Dans d’autres villes, certains candidats LR devraient passer sans encombre au second tour dans des communes historiquement ancrées à gauche. Ainsi, à Saint-Étienne, Gaël Perdriau arrive nettement en tête avec 46,88% tandis qu’à Limoges, le second tour ne devrait être qu’une formalité pour Émile-Roger Lombertie (46,21%). La situation et la même pour Damien Meslot à Belfort (48%) ou encore Guy Lefrand à Evreux (42,11%). À Toulouse, Jean-Luc Moudenc pourrait profiter des divisions de la gauche pour garder son siège à l’Hôtel de ville. Cependant, certains maires de droite ont été réélus… mais sont passés en Macronie avec armes et bagages. Citons par exemple Christophe Béchu à Angers et Gérald Darmanin à Tourcoing.

Places fortes

Comme le PS, Les Républicains peuvent se targuer de garder une majorité des grandes villes dans lesquelles ils sont historiquement implantés. Certaines figures bien connues sont plébiscitées : à Troyes, François Baroin recueille 67% dès le premier tour et à Meaux, Jean-François Copé se rassure (76%). Dans le sud de la France, Hubert Falco garde Toulon (61%) et David Lisnard réalise le carton de le premier tour à Cannes : 88%. À Nice, Christian Estrosi et ses 47% se retrouvent en ballotage très favorable.

Des joyaux en péril

Toutefois, le mouvement dirigé par Christian Jacob pourrait perdre plusieurs "joyaux", soit des grandes villes contrôlées depuis longtemps. Dans deux d’entre elles, l’état d’urgence est déclaré : Bordeaux et Marseille.

Au niveau local, LR reste le premier parti de France

Sur les rives de la Garonne, les choses sont simples : la droite est aux commandes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec deux maires seulement : Jacques Chaban-Delmas de 1947 à 1995, puis Alain Juppé. Le dauphin de ce dernier, Nicolas Florian (34,56%) est menacé par le candidat d’union de la gauche, Pierre Hurmic (34,48%). La clé du scrutin réside dans le maintien ou non du candidat d’extrême gauche Philippe Poutou (11,77%) et de Thomas Cazenave porte-étendard bordelais de LREM qui a déçu avec seulement 12,79%.

À Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui régnait en maître sur la Canebière avait adoubé Martine Vassal. Elle se retrouve dans une triangulaire périlleuse avec une gauche unie et un RN bien implanté. Les électeurs macronistes et les partisans du dissident LR Bruno Gilles joueront un rôle déterminant.

Malgré tout, fort de son éclatante victoire de 2014, LR devrait rester le premier parti de France en nombre de mairies contrôlées. De quoi lui apporter des fonds publics, des sièges de sénateur et une certaine crédibilité.

Lucas Jakubowicz

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