Coblence & Associés, un roman à succès

Installé sur le marché français depuis plus de trente ans, le cabinet Coblence & Associés organise son avenir en s’appuyant sur l’héritage laissé par ses fondateurs. Une petite histoire faite de grandes réussites.

© Pascale D'Amore

L’ensemble des associés de Coblence & Associés dans la cour du cabinet en juillet 2018.

Installé sur le marché français depuis plus de trente ans, le cabinet Coblence & Associés organise son avenir en s’appuyant sur l’héritage laissé par ses fondateurs. Une petite histoire faite de grandes réussites.

La plupart des grands cabinets d’avocats d’affaires présents sur le marché aujourd’hui ont débuté par une démarche de création isolée. Coblence & Associés ne déroge pas à la règle. La rencontre d’experts hautement qualifiés, une once de diplomatie et une vision stratégique du métier d’avocat sont les clés de sa construction. Une indéniable faculté à transmettre est la recette de
son avenir.

Lorsque Jean-Marc Coblence s’associe à Roland Desponds en 1984, il fait le pari de créer une structure exclusivement consacrée aux entreprises grâce à une offre en droit du travail et des affaires. « Je sortais de six ans d’exercice dans des cabinets qui ne me laissaient aucune perspective d’association, se souvient le fondateur. J’ai voulu créer ma propre boutique, la bâtir sur un modèle différent de ceux que j’avais connus et ne pas reproduire la même politique. » Chantal Giraud-van Gaver et Élisabeth Laherre le rejoignent rapidement afin de compléter l’offre en droit social, une autre matière devenue un pilier de la structure. Parallèlement, Jean-Marc Coblence développe sa pratique du droit de la communication et des médias, « en plein âge d’or de la matière », rappelle Chantal Giraud-van Gaver. En effet, lors de l’entrée en vigueur de la loi Toubon en 1981 imposant l’emploi de la langue française dans les publicités, le cabinet conseille déjà de grands groupes publicitaires comme DDB Worldwide, Publicis Groupe ou encore des agences spécialistes des campagnes pour cigarettiers. L’enjeu ? Assurer leur développement tout en respectant un environnement normatif de plus en plus contraignant. Le cabinet envisage dès lors le droit de la communication comme une matière internationale et fonde Adlaw, une association internationale de cabinets d’avocats spécialistes dans ce domaine.

Histoire d’un développement

C’est à cette époque, à la fin des années 1990, que Ludovic Dorès rejoint le cabinet à son tour. Tout jeune avocat, il commence par développer le droit des sociétés. Avec l’arrivée d’Alexandre Brugière en 2010 puis celle d’Olivier Couraud en 2011, la structure approfondit ses expertises en corporate et en tax. Le partnership se consolide encore par des associations en interne en droit social, IT et immobilier, « la seconde génération de compétences du cabinet », resitue Ludovic Dorès. « Aujourd’hui, notre pôle corporate-M&A fait partie des compétences phares du cabinet comme le droit social et le droit des médias », précise l’avocat corporate. La structure, comptant 14 associés, consacre en effet 35 % de son activité au droit social, 15 % au contentieux des affaires, 10 % au droit fiscal, 15 % au droit des sociétés, 10 % au private equity et 15 % à l’IP/IT. Prochainement, elle accueillera de nouvelles recrues en IP/IT et en construction. Et récemment, Pierre-Antoine Dubecq a rejoint la pratique corporate.

Ce positionnement permet au cabinet d’intervenir régulièrement sur des dossiers aux enjeux internationaux. « Nous travaillons de plus en plus pour des entreprises étrangères, souvent sur les aspects français », explique Ludovic Dorès. Le cabinet conseille également des entreprises françaises sur des opérations à l’étranger. Parmi ses clients, Alain Pronost, associé de la société de gestion de portefeuilles Andlinger & Company : « Coblence & Associés est intervenu dans le projet d’acquisition d’une branche d’activité d’un groupe international présent en France, au Royaume-Uni, en Espagne et en Chine. Ses avocats sont habitués à ce type de processus, appréhendent les enjeux, les besoins et les attentes de l’entreprise. »

Une histoire de collectif

Grâce à l’élargissement progressif de leur spectre de compétences, les équipes de Coblence se positionnent aujourd’hui sur certains dossiers épineux pour les grands groupes. « Récemment, nous avons eu à gérer des départs de directeurs généraux », explique Ludovic Dorès, taiseux sur les noms de ses clients. Il est tout de même de notoriété publique que Chantal Giraud-van Gaver et Jean-Marc Coblence ont entouré John Galliano au moment de son départ de la maison Dior. Aux côtés du créateur, des compétences en droit des sociétés et en droit du travail étaient requises. Cette alliance d’expertises est la source de la réussite du cabinet. Par exemple : un dirigeant de société envoyé à l’étranger afin de développer un bureau ou une activité sur place revient en France du fait de l’échec de sa mission. Son retour a des conséquences multiples, tant statuaires que patrimoniales. En complément du conseil de Chantal Giraud-van Gaver sur du pur droit social, la question qui va se poser sera de savoir si l’on doit appliquer la fiscalité française ou bien la fiscalité étrangère dans le cadre de ce licenciement. Un autre dossier récent illustre bien la complémentarité entre les départements. Il s’agit de l’accompagnement du groupe Unigrain lors de l’entrée en exclusivité pour la cession de Mecatherm dont la valorisation d’entreprise est de 120 millions d’euros. Ici, les associés corporate et tax ont agi de concert avec les pôles IP/IT, social et immobilier.

Le fondateur Jean-Marc Coblence passe le relai à Ludovic Dorès pour diriger Coblence & Associés.

Histoires de dirigeants

Cette pluridisciplinarité renforce la vision business de chaque avocat du cabinet. Une qualité recherchée par Olivier Goulon, le CEO et cofondateur de Gamned, une société spécialisée dans l’achat de médias programmatiques, lorsqu’il fait appel à Coblence lors de son premier LBO. « Au-delà de la compétence que l’on peut attendre de tout cabinet d’avocats, explique le dirigeant, les équipes de Coblence s’intéressent aux enjeux du business, ils en comprennent l’écosystème et sont dotés d’une vision stratégique globale sur plusieurs mois. » Une appréciation confirmée par une autre cliente du cabinet, Magali Valat, qui est deputy general counsel, soit directrice juridique adjointe, chez Nexans, une entreprise de l’industrie du câble. Cette dernière salue la proactivité du cabinet sur ses dossiers et sa capacité à travailler avec son équipe M&A en interne.

La proximité avec le client est aussi la première méthode de travail d’une associée historique du cabinet, Chantal Giraud-van Gaver. Sa spécialité : le conseil social – voire l’accompagnement quotidien et le coaching de carrière – des dirigeants et des cadres d’entreprise. Elle en parle avec passion : « Chaque dossier est unique, il faut sans cesse innover et s’engager à 100 % auprès d’une personnalité et dans un cadre nouveau », explique-t-elle. Entrée ou retour d’expatriation, management package, passage du contrat au mandat pour les futurs directeurs généraux, accord de sortie (conclu dans 90 % des cas, précise celle qui « ne plaide que rarement »)... Les sujets sont nombreux. Un travail intensif et bref – pour traiter ce type de dossier, chacun a intérêt à aller vite – qui l’occupe à plein temps à son bureau spécialement conçu afin de recevoir les dirigeants en difficulté et à son domicile. « La perte d’une société peut être vécue comme un véritable choc psychologique, confie l’associée. Mon travail se prolonge souvent au-delà des portes du cabinet. »

Une transmission historique

À la veille de son départ vers une seconde vie professionnelle, Jean-Marc Coblence dresse le bilan de sa carrière d’avocat et de fondateur : « En 1984, j’étais tout sauf inquiet et surtout totalement inconscient. Aujourd’hui, je suis reconnaissant et fier du travail des avocats du cabinet. » Le fondateur ne s’inquiète pas pour l’avenir. Celui pour qui son départ « n’est pas un événement » estime avoir accompli sa mission : assurer la pérennité de son cabinet grâce à une règle simple : « C’est un cabinet dans lequel personne ne peut élever la voix, explique l’avocat qui restera vraisemblablement dans le giron des grands patrons. Cette règle a le mérite de désamorcer pas mal de crises internes. »

Autre impératif avant de partir : organiser la transmission de la direction du cabinet. C’est Ludovic Dorès, son associé depuis 1999, qui a été désigné pour lui succéder. Si cette transition semble naturelle, c’est parce qu’on l’a préparée pendant deux ans : « J’ai d’abord été managing partner aux côtés de Jean-Marc : nous prenions des décisions ensemble ou je lui demandais son avis avant d’en prendre moi-même », explique le nouvel associé dirigeant. « Il témoigne d’une inclination particulière pour assurer la fonction de managing partner », confirme Jean-Marc Coblence. Sous l’impulsion de Ludovic Dorès, la gouvernance du cabinet a évolué ces dernières années : mise en place de comités de rémunération et des services généraux, évolution de la rémunération vers un système mixte, changement de la forme sociétale du cabinet... Par ces mutations, ce dernier entend « intéresser les associés à la gestion du cabinet et créer des synergies ». Un esprit collectif que l’on retrouve dans le travail des équipes de Coblence : « Sur chaque dossier, nous vendons l’ensemble des compétences utiles du cabinet », affirme Ludovic Dorès.

L’histoire à écrire

Grâce à une gouvernance stratégiquement renouvelée, les perspectives d’avenir sont déjà bien établies. D’ici la fin de l’année, Ludovic Dorès entend finaliser les modalités de départ des plus anciens et prévoit une vague d’associations internes pour 2020. Un changement de génération déjà amorcé en 2014 lorsque Coblence & Associés a déménagé : « En cinq ans, nous avons doublé de taille, constate avec fierté Chantal Giraud-van Gaver. Alors même que nous sommes passés de 750 à 1 500 mètres carrés, nos bureaux sont déjà bien remplis. » Une croissance maîtrisée qui aurait pu aller encore plus vite si le cabinet avait trouvé un homologue avec lequel se marier. Les fondateurs ont en effet envisagé à plusieurs reprises de grandir en réalisant une fusion avec un autre cabinet d’avocats, mais une opération de ce type, qui aurait été inédite sur le marché français, n’a jamais abouti. Une telle alliance n’est pas exclue dans l’avenir mais, pour le moment, Coblence préfère se consacrer à la consolidation de son modèle : « Nous souhaitons poursuivre notre croissance ­continue tout en restant un cabinet à taille humaine », glisse Ludovic Dorès. Avec 45 avocats et un important potentiel de développement, Coblence & Associés constitue déjà un bel exemple de pérennité.

Marine Calvo et Pascale D'Amore

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