Christophe Kullmann : « Les entreprises abordent l’immobilier comme un levier essentiel de leur transformation »

À la tête de Foncière des Régions depuis la création de l'entreprise, en 2001, Christophe Kullmann guide la SIIC dans son développement. Il revient avec nous sur ses dernières opérations d'ampleur et sur les spécificités de son entreprise.

À la tête de Foncière des Régions depuis la création de l'entreprise, en 2001, Christophe Kullmann guide la SIIC dans son développement. Il revient avec nous sur ses dernières opérations d'ampleur et sur les spécificités de son entreprise.

Décideurs. Le marché de l’immobilier tertiaire est en pleine mutation. Comment se positionne Foncière des Régions dans ce contexte et avec quelles forces distinctives ? 
Christophe Kullmann.
À l'origine reposant sur une dynamique financière, notre secteur avait évolué ces dernières années vers une dynamique plus industrielle. Aujourd’hui, nous basculons petit à petit vers une  dynamique « servicielle ». Savoir proposer et concevoir les meilleurs immeubles, d’un point de vue technique, environnemental ou économique, aux meilleurs emplacements, ne suffit plus. Nous devons aller plus loin dans l’accompagnement de nos clients avec comme maître mot la flexibilité, à la fois spatiale et temporelle. Les entreprises, petites ou grandes, abordent maintenant l’immobilier comme un levier essentiel de leur transformation, aux côtés des outils digitaux et des nouveaux modes de management. Rajoutons que les nouvelles générations qui font leur entrée dans le monde du travail expriment clairement leurs attentes, pour ne pas dire exigences, vis-à-vis de leur environnement de travail qu’elles souhaitent plus ouvert, chaleureux, diversifié, connecté, serviciel… Dans ce contexte, Foncière des Régions s’appuie sur sa connaissance fine des utilisateurs, sa culture partenariale et son agilité pour accompagner ses clients dans leur stratégie immobilière.

Proposer et concevoir les meilleurs immeubles, d'un point de vue technique, environnemental ou économique ne suffit plus 


Quelles opérations clés en 2017 reflètent ce positionnement ?
Cette année nous livrons par exemple huit opérations de bureaux en France, soit près de 100 000 mètres carrés de nouveaux espaces en grande partie pré-loués. Parmi elles, Euromed Center à Marseille, un nouveau quartier de 70 000 mètres carrés qui comprend quatre immeubles de bureaux, un hôtel, des commerces en pied d’immeubles, un jardin et un parking partagé. Un projet mixte ambitieux qui accueille d’ailleurs notre premier site de coworking de 2 300 mètres carrés. Une opération totalement louée qui illustre bien notre approche immobilière en tant qu’investisseur et développeur. Nous livrons également l’immeuble EDO à Issy-Les-Moulineaux, nouveau siège du groupe Transdev. Pour cette opération de restructuration, nous avons su adapter notre projet aux besoins de l’utilisateur afin qu’il corresponde parfaitement à ses attentes. Dernier exemple, l’immeuble Art&Co situé à Paris 12e près de la gare de Lyon. Bâtiment Art déco anciennement loué à la SNCF, nous l’avons totalement repensé, modernisé et ouvert sur son environnement. Quasiment loué en totalité avant sa livraison, il accueillera notre concept d’espaces de coworking sur plus de 5 000 mètres carrés. Une belle synthèse de nos savoir-faire !

 
L’hôtellerie est une classe d’actifs montante de votre patrimoine. Quelle en est votre vision ?
Les usages dans l'hôtellerie et les bureaux convergent de plus en plus et des synergies concrètes apparaissent. Sachant que nous intervenons sur ces deux marchés, nous avons l'ambition d'intégrer à nos réalisations actuelles et futures une même dimension servicielle. Ainsi, nous proposons des espaces partagés pour les hôtels et des espaces de coworking ou de conciergerie dans les bureaux. L'idée est de nous affranchir des intermédiaires et de piloter ces services nous-mêmes. Nous pensons désormais la mixité en amont des réalisations, et cette nouvelle dynamique est très intéressante dans l'hôtellerie. Le secteur s'est transformé et a trouvé les moyens d'attirer de nouveau une clientèle jeune, urbaine, mobile. Et les chiffres du tourisme, notamment dans les capitales européennes, confortent nos choix de stratégie et notre vision.


Vous êtes à la tête de Foncière des Régions depuis sa création et avez ancré un modèle partenarial au cœur du modèle de la foncière. Comment celui-ci va-t-il évoluer et répondre aux évolutions de l'immobilier ? 
Le modèle partenarial fait partie de notre ADN. Nous le déployons avec l’ensemble de nos parties prenantes : clients, collectivités, fournisseurs, industrie immobilière… Il nous a déjà permis d’accompagner l’évolution du secteur et des besoins de nos clients : nous avons lancé notre activité de développement il y a maintenant plus de dix ans, nous avons élargi notre périmètre à l’Europe, relancé le management immobilier hôtelier, ou encore, tout récemment, mis sur pied notre propre offre de coworking. Intervenant sur toute la chaîne des métiers immobiliers, et sur le territoire européen, nous souhaitons poursuivre dans cette voie et continuer à élargir notre palette d’expertises, toujours dans une logique d’anticipation. Nous venons par exemple d’organiser un hacakthon sur le thème du bureau de demain et nous avons choisi de le faire en partenariat avec Orange et IBM, deux de nos grands locataires. Une parfaite illustration de ce modèle partenarial. 


Propos recueillis par Laetitia Sellam

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