C.Sanchez et F. Rambaud (LVMH) : « Nous voulons promouvoir et valoriser des savoir-faire indispensables »

Christian Sanchez, directeur des relations sociales et président de l’Institut des métiers d’excellence de LVMH, et Florence Rambaud, sa directrice, sont responsables du développement de ce centre de formation aux métiers du luxe un peu à part.

Christian Sanchez, directeur des relations sociales et président de l’Institut des métiers d’excellence de LVMH, et Florence Rambaud, sa directrice, sont responsables du développement de ce centre de formation aux métiers du luxe un peu à part.

Décideurs. Pourquoi avoir créé l’Institut des métiers d’excellence ?

Christian Sanchez. Les enjeux stratégiques ayant mené à la création de l’Institut des métiers d’excellence LVMH (IME) sont liés à la volonté du groupe de valoriser, pérenniser et de transmettre nos savoir-faire dans les métiers de l’artisanat, de la création et de la vente, au niveau exigé par le secteur du luxe, auprès des jeunes générations. Il a été lancé en 2014 sous l’impulsion de Chantal Gaemperle, directrice ressources humaines et synergies. L’IME propose une formation en alternance – gratuite, pratique, concrète, certifiante et rémunérée – conçue en partenariat avec des centres de formation prestigieux sélectionnés pour la qualité de leurs enseignements et la reconnaissance de leurs diplômes. S’y ajoute le particularisme des master classes qui, à travers l’apprentissage des langues étrangères, stages, voyages, rencontres avec des artistes… forgent un ensemble de compétences assez exceptionnel.

À quels métiers forme-t-il ?

Florence Rambaud. Nous formons aux métiers de bijoutier, joaillier, sertisseur, maroquinier, couturier, chef de culture viticole, horloger, designer…

Quels sont les objectifs de l’IME ?

F. R. Ils sont multiples ! Nous voulons promouvoir, valoriser les savoir-faire indispensables aux métiers du luxe et permettre à nos apprenants de développer leur employabilité. Je crois qu’il faut faire vivre ces métiers anciens en les projetant dans le futur avec des jeunes apprentis « du troisième type » !

« Un partenariat exemplaire entre tuteurs, entreprises et écoles »

À quelle population s’adresse ce programme ?

C. S. Les bénéficiaires de ce dispositif sont des jeunes débutants ou bien des adultes en reconversion qui rejoignent nos maisons grâce à des contrats d’apprentissage ou de professionnalisation. Nous avons chaque année plus d’une centaine de contrats d’alternance à pourvoir en France. Nous cherchons donc à attirer les meilleurs talents d’où qu’ils viennent. Pour cela, nous menons des actions d’information et de sensibilisation. Je pense notamment au Village de l’IME à Clichy-sous-Bois : la troisième édition a eu lieu en janvier 2018 et a accueilli plus de 500 visiteurs dont 300 collégiens et lycéens de Seine Saint-Denis. Cet événement nous permet de réunir les écoles partenaires, nos maisons, des tuteurs et des apprentis en cours de formation dans le but de présenter nos métiers, nos programmes en alternance et les perspectives d’emploi au sein du groupe LVMH et ainsi de rendre plus accessibles ces maisons et ces formations prestigieuses.

Quels ont été les freins à la mise en place de ce programme ?

F. R. Ils sont plutôt d’ordre administratif. Les dossiers de financement sont assez compliqués à monter, les structures actuelles qui régissent les politiques d’apprentissage et de formation sont souvent trop lourdes ou trop rigides. La réforme en cours devrait nous simplifier les choses. Par ailleurs, nous avons dû expliquer l’IME et les innovations pédagogiques qu’il propose pour développer l’apprentissage et convaincre certaines écoles de l’intérêt d’ouvrir une classe LVMH en leur sein. Les maisons quant à elles ont très vite adhéré au projet et apprécient la valeur ajoutée de l’IME : de l’organisation des recrutements à la construction des programmes répondant à leurs besoins. En 2017, 40 maisons et partenaires ­externes sont employeurs de nos alternants.

Quels sont les résultats de l’institut ?

F. R. Depuis sa création en 2014, 325 alternants ont intégré l’IME en France, en Suisse et en Italie et le taux de réussite aux diplômes est de 96 % en moyenne. Le taux d’employabilité dans les filières métier est de 90 % en apprentissage, CDD et CDI en 2017. Enfin, le taux de placement chez LVMH et ses partenaires externes est de 65 %.

Quels sont vos projets de développement ?

C. S. Nous prévoyons de renforcer des programmes existants en France, en Suisse et en Italie et de les ouvrir à l’Espagne et en Chine où nous voulons notamment exporter des formations aux techniques de vente spécifiques au monde du luxe et que beaucoup de pays nous envient.

Propos recueillis par Roxane Croisier

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