Ces écueils à éviter pour les JO 2024

Dépassement du budget initial, éléphants blancs, gentrification… Les risques inhérents à l’organisation des Jeux Olympiques sont nombreux. Le France GRI 2019 a été l’occasion pour certaines parties prenantes de faire le point avec les acteurs immobiliers.
Le futur village olympique des JO 2024 (©Paris2024 Luxigon Dominique Perrault Architecte)

Dépassement du budget initial, éléphants blancs, gentrification… Les risques inhérents à l’organisation des Jeux Olympiques sont nombreux. Le France GRI 2019 a été l’occasion pour certaines parties prenantes de faire le point avec les acteurs immobiliers.

Les Jeux Olympiques génèrent de formidables retombées pour les villes hôtes. Mais ils comportent également leur lot de risques. Dans le prolongement d’un cahier publié en 2018 sur l’héritage urbain et immobilier des mega-events, la professeur titulaire de la Chaire immobilier et développement durable de l’Essec Ingrid Nappi-Choulet a listé les principaux lors de la conférence organisé mardi 9 avril par le France GRI sur les JO 2024.

Le risque de dépassement du budget initial figure en tête de liste. « Cette malédiction du vainqueur des enchères a notamment touché Barcelone en 1992 et Londres en 2012, rappelle Ingrid Nappi-Choulet. Et Tokyo, ville hôte des JO 2020, a déjà doublé la facture par rapport à ce qui avait été calculé initialement. » Pour l’heure, le coût total des Jeux 2024 dans la capitale tricolore a été estimé à 6,6 milliards d'euros. Autre écueil récurrent : celui des éléphants blancs, ces équipements construits et financés pour l’événement mais qui sont laissés à l’abandon quand la compétition est terminée. Le cas d’Athènes après les JO de 2004 fait figure d’exemple à ne surtout pas suivre en la matière. Justement, Paris semble avoir pris la question par le bon bout. « Nous avons inversé la logique en commençant par imaginer ce que sera le village olympique en 2025 avant de penser à 2024, explique Nicolas Ferrand, directeur général exécutif de la Société de livraison des ouvrages olympiques. Complémentaire du Comité d’organisation des Jeux Olympiques qui s’occupe des infrastructures provisoires, la Solideo prend en charge les infrastructures qui perdureront. » Toutes les problématiques ne semblent cependant pas avoir été anticipées par les organisateurs.

« La question de la mobilité est dans l’angle mort de l’ensemble des acteurs qui interviennent dans la préparation des Jeux Olympiques, déplore Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris en charge de l’urbanisme. Le sujet se limite au Grand Paris Express et au Charles-de-Gaulle Express. » Et d’ajouter : « Il y a également la question de la capacité de notre pays à monter qu’il vit avec son temps. Nous avons demandé au préfet de région de monter un groupe de travail pour mettre en place un démonstrateur de véhicules autonomes entre Roissy et Paris à l’occasion des Jeux Olympiques. Idem pour les avions à décollage vertical et à propulsion propre, sujet sur lequel nous travaillons avec Aéroports de Paris pour avoir démonstrateur de ces services. Ces initiatives sont prises par les élus locaux en l’absence de structures pour traiter la mobilité ».

Quant à la menace d’une gentrification après l’événement, le président de Plaine Commune Développement (SEM qui intervient sur l’agglomération rassemblant Saint-Denis, Aubervilliers, Epinay-sur-Seine, Pierrefitte-sur-Seine, La Courneuve, Villetaneuse, L’Ile-Saint-Denis, Stains et Saint-Ouen) se veut rassurant. « Ce risque avait déjà été évoqué en 1993 lors de l’installation du Stade de France à Saint-Denis, avance Patrick Braouezec. Mais il n’y a pas eu de gentrification. » Et de détailler : « Il y a une nécessité de maitrise foncière et de volonté politique qui n’est pas pour autant incompatible avec l’attractivité auprès des promoteurs et investisseurs. Ces derniers font des opérations rentables chez nous. Nous avons conscience que notre territoire va se transformer et nous sommes prêts à relever les défis. » Rendez-vous est pris dans cinq ans et au-delà pour vérifier cette prédiction. 

Par François Perrigault (@fperrigault)

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