Capgemini - Altran : la fin du feuilleton ?

Le groupe informatique Capgemini aura lutté contre le fonds activiste Elliott pour réussir à s’offrir Altran. La SSII, qui prend enfin plus de 50% du capital du leader mondial de la R&D externalisée doit désormais attendre une décision de la cour d’appel de Paris. Celle-ci clôturera l’une des OPA les plus suivies de l’année.
Paul Hermelin, PDG de Capgemini, et Dominique Cerutti, PDG d'Altran.

Le groupe informatique Capgemini aura lutté contre le fonds activiste Elliott pour réussir à s’offrir Altran. La SSII, qui prend enfin plus de 50% du capital du leader mondial de la R&D externalisée doit désormais attendre une décision de la cour d’appel de Paris. Celle-ci clôturera l’une des OPA les plus suivies de l’année.

Depuis juin 2019, la cible est dans le viseur de Capgemini, leader français de la transformation digitale, car les synergies sont nombreuses. Elles devraient permettre au géant mondial de la R&D externalisée d’économiser entre 70 et 100 millions d’euros. L’OPA amicale pourrait alors donner naissance à un véritable géant de l’IT, car Altran se démarque du reste du marché avec ses 2,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018. Pourtant un acteur s’y est farouchement opposé : Elliott. Le fonds activiste, qui détient 14 % du capital d’Altran estime que le prix proposé par Capgemini, de 14 euros par action, « ne reflète pas sa juste valeur ». Alors que, les directions des deux entreprises se sont entendues sur ce prix, le fonds spéculatif considère que « la prime offerte aux actionnaires aujourd'hui n'est que de 7%, un montant nettement inférieur aux 38% qui ont été offerts dans des transactions précédentes comparables ». Le principal intéressé répond que son « offre est équitable et reflète pleinement la valeur d'Altran » et surtout qu’il n'y a « aujourd'hui aucune autre offre sur la table pour les actionnaires d'Altran ». Elliot alarme aussi les actionnaires sur d’éventuels offres plus favorables du repreneur en cas d’échec de l’OPA, ce que fustige Paul Hermelin, PDG de Capgemini: « Nous sommes encadrés par des règles précises de communication financière. […] Ils [les fonds activistes] diffusent des bruits et ne sont astreints à aucune discipline. On appelle ça l'asymétrie. »

Contre toute attente, conscient du pouvoir d’un tel acteur, que Capgemini a relevé, mardi 14 janvier, son offre de 50 centimes par action. «Nous voulions tordre le cou à des rumeurs de marché laissant entendre aux actionnaires d’Altran qu’il pourrait y avoir mieux demain et permettre aux arbitragistes qui ont acquis des titres juste au-dessus de 14 euros de réaliser un petit gain », explique alors Paul Hermelin, avant d’ajouter, pour rassurer les actionnaires, que « Capgemini s’engage à ne pas réaliser de nouvelle offre ni de fusion sur la base d’un prix par action Altran supérieur au prix de l’offre pendant au moins dix-huit mois ». Les actionnaires avaient jusqu’au 22 janvier pour apporter leurs participations à l’OPA. De telle sorte que si Capgemini ne réussissait pas à acquérir 50,1 % du capital d’Altran, à cette date la naissance de ce géant de la transformation digitale avortait. Le fonds activiste, lui, refusant toute cession à moins de 18 euros par action. L’incertitude régnait donc sur les marchés jusqu’au résultat du 28 janvier. Finalement, « Capgemini […] est en mesure de détenir […] 53,57 % du capital et au moins 53,41 % des droits de vote de cette société », selon le communiqué de l'Autorité des marchés financiers. L’OPA est donc un succès et les deux groupes devraient amorcer leur rapprochement sous peu. Pourtant, Elliott a mandaté l'Adam (Association des actionnaires minoritaires) afin de contester en justice le processus de gouvernance chez Altran qu'il juge « défaillant ». Verdict de la cour d’appel de Paris attendu avant le 24 mars.

Baptiste Delcambre

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