CaixaBank et Bankia, pour le meilleur et pour le pire

En septembre, les deux groupes annonçaient leur fusion en vue de créer la plus grande banque d’Espagne. À l’heure de la crise sanitaire et alors que les taux bas persistent, les rapprochements entre établissements financiers semblent inéluctables.

En septembre, les deux groupes annonçaient leur fusion en vue de créer la plus grande banque d’Espagne. À l’heure de la crise sanitaire et alors que les taux bas persistent, les rapprochements entre établissements financiers semblent inéluctables.

"Se marier dans un moment difficile rend encore plus important le choix d’un bon partenaire, expliquait en septembre Gonzalo Gortázar, directeur général de CaixaBank. C’est la meilleure transaction que nous puissions faire." La fusion entre son établissement et Bankia permettra de donner naissance à la plus grande banque d’Espagne. À lui seul le nouvel ensemble représentera pas moins de 664 milliards d’euros d’actifs, plus de 6 700 agences, 51 500 employés et une capitalisation de près de 17 milliards d’euros.

Économies d'échelle 

"Nous allons devenir la première banque espagnole à un moment où il est plus que jamais nécessaire de créer des entités de taille significative", commentait pour sa part José Ignacio Goirigolzarri, le président de Bankia. Il faut dire qu’en cette période troublée les effets d’échelle comptent. La crise du coronavirus entraîne des incertitudes économiques, lesquelles pèsent sur les taux qui devraient rester encore durablement bas. Or des taux bas, ce sont des revenus bancaires en moins.

"Nous allons devenir la première banque espagnole à un moment où il est plus que jamais nécessaire de créer des entités de taille significative"

Afin de résister aux chocs et de générer de la valeur pour ses actionnaires, le futur ensemble espère dégager chaque année quelque 770 millions d’euros de synergies de coûts et 290 millions de nouveaux revenus. Si les groupes ne communiquent pas sur les éventuelles suppressions de postes qui découleraient de l’opération, les prévisions de Barclays évoquent, quant à elles, 5  000 emplois dans la balance. 

Une opération financière...

Le rapprochement est une jolie victoire pour CaixaBank qui avait déjà tenté, en 2011, de s’unir à l'ancienne Caisse d'épargne de Madrid (devenue Bankia en 2010). Le groupe catalan - qui a déménagé son siège social de Barcelone à Valence en 2017 - devrait contrôler 75% de la nouvelle entité. Celle-ci sera dirigée par Gonzalo Gortázar tandis que José Ignacio Goirigolzarri assumera le rôle de président exécutif. Selon les termes de l'accord, Caixabank offrira 0,6845 action de son capital pour chaque action de Bankia. Appelée à disparaître, la marque Bankia laissera place au logo de CaixaBank, celui-là même qui fut dessiné par Joan Miró.

... Et politique

À noter qu’une fois la fusion réalisée, la participation de Criteria Caixa dans CaixaBank restera d'environ 30% des actions tandis que l’État - à travers le fonds de restructuration des banques espagnoles (FROB) - ne détiendra plus que 15,5% du capital de Bankia, contre 61,8% actuellement. Pour mémoire, le gouvernement a participé au sauvetage de la banque en 2012, deux ans seulement après sa création à la suite d’une fusion entre sept établissements régionaux. "Cette opération est la meilleure option pour les actionnaires, pour le secteur public et donc aussi pour le remboursement de l’aide publique", poursuit José Ignacio Goirigolzarri. Un deal comme celui entre Bankia et CaixaBank prouve que des sorties tout à fait acceptables pour les pays et le contribuable existent. Ce qui pourrait donner des idées à des États comme l’Allemagne, qui conserve des parts dans Commerzbank.

"Cette opération est la meilleure option pour les actionnaires, pour le secteur public et donc aussi pour le remboursement de l’aide publique"

Plus globalement, les mouvements de consolidation se révèlent être un bon moyen pour répondre aux crises. Alors que l’Espagne comptait 47 entités bancaires avant la crise de 2008, le territoire n’en dénombre plus que huit. D’autres rapprochements ont lieu en Europe. En février, l’italienne Intesa Sanpaolo annonçait le rachat d’UBI Banca. En septembre, des rumeurs circulaient sur un projet de fusion entre UBS et Credit Suisse, laquelle permettrait aux banques helvètes de donner vie à un mastodonte européen. De quoi occuper les avocats et banquiers d’affaires pour un moment.

Olivia Vignaud

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