CAC 40 : les actionnaires largement favorisés

Les groupes du CAC 40 ont redistribué deux tiers de leurs bénéfices à leurs actionnaires depuis 2009, laissant salariés et investisseurs sur le carreau. Le rapport « CAC 40 : des profits sans partage », publié le 14 mai par les ONG Oxfam et Basic, dénonce l’inégalité du partage des bénéfices de ces grands groupes.

Les groupes du CAC 40 ont redistribué deux tiers de leurs bénéfices à leurs actionnaires depuis 2009, laissant salariés et investisseurs sur le carreau. Le rapport « CAC 40 : des profits sans partage », publié le 14 mai par les ONG Oxfam et Basic, dénonce l’inégalité du partage des bénéfices de ces grands groupes.

Le constat est sans appel. « La France est le pays au monde où les entreprises cotées en Bourse reversent la plus grande part de leurs bénéfices en dividendes aux actionnaires », constate le rapport de l’Oxfam et du Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne (Basic). Depuis 2010, 45 % à 60 % ont été reversés sous forme de dividendes aux actionnaires, soit 67,5 % des profits des groupes du CAC 40.

Les salariés oubliés

« Les richesses n’ont jamais été aussi mal partagées entre les différentes parties prenantes du CAC 40 » et ce, malgré la « règle des trois tiers » instaurée par Nicolas Sarkozy en 2009. Celle-ci préconisait que sur 100 % de bénéfices, 33 % reviendraient aux salariés, 33 % iraient « dans la poche » de l’actionnaire et 33 % seraient réinvestis dans l’entreprise. Les groupes français ont reversé deux fois plus de dividendes à leurs actionnaires que dans les années 2000, ne laissant que 5,3 % aux salariés et 27,3 % aux réinvestissements.

Pour inverser la tendance, le rapport propose de limiter les dividendes au niveau des bénéfices redistribués aux salariés, afin que la rémunération la plus haute ne représente pas plus de vingt fois la rémunération médiane de l’entreprise. Oxfam et Basic interpellent le gouvernement qui doit reprendre « la main sur cette économie déboussolée avec des mesures de régulation ambitieuses ». En attendant que le partage des profits soit rééquilibré, les ONG encouragent le plafonnement des écarts de rémunération à un facteur de 20. Aujourd’hui, les P-DG gagnent 119 fois plus que la moyenne de leurs salariés.

Morgane Al Mardini 

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