Marc Madiot (Groupama-FDJ) : « La performance fait de vous un leader »

Ancien cycliste de talent, Marc Madiot est aujourd’hui un ­manager passionné et respecté. Depuis vingt-deux ans, la FDJ l’accompagne dans son projet sportif. Une fidélité à toute épreuve récompensée par de nombreux succès : titres nationaux, podium sur le tour et trois monuments du cyclisme. Et avec Groupama comme co-partenaire, il vise encore plus haut

Ancien cycliste de talent, Marc Madiot est aujourd’hui un ­manager passionné et respecté. Depuis vingt-deux ans, la FDJ l’accompagne dans son projet sportif. Une fidélité à toute épreuve récompensée par de nombreux succès : titres nationaux, podium sur le tour et trois monuments du cyclisme. Et avec Groupama comme co-partenaire, il vise encore plus haut

Décideurs. Avant de fonder votre équipe cycliste, vous avez été un grand coureur en remportant notamment deux fois Paris-Roubaix. Le passage d’un rôle de sportif à celui de dirigeant d’équipe s’est-il fait naturellement ? Est-ce un projet que vous avez toujours eu envie de concrétiser ?

Marc Madiot. Ce n’est que durant la deuxième partie de ma carrière que ce projet a commencé à mûrir dans mon esprit. Je suis parti d’une feuille blanche. J’ai mis du temps à convaincre un ­partenaire de me suivre. Mais lorsque j’entreprends quelque chose, je crois en ce que je fais. Quelques années après avoir conclu le partenariat avec la Française des jeux, j’ai demandé à l’un de leurs dirigeants pourquoi il m’avait choisi. Il m’a répondu : « Nous nous sommes engagés avec toi car nous avions compris que ce n’était pas l’argent qui te motivait. Nous ne savions pas si tu allais être bon, mais nous savions que tu allais avoir envie. » Le plus important lorsque vous menez un projet est donc de bien faire comprendre à vos interlocuteurs que vous avez envie, que vous serez totalement investi.

De vous, le grand public retient notamment votre joie à quelques centaines de mètres de l’arrivée de Thibault Pinot à Porrentruy pour une victoire d’étape sur le Tour de France très symbolique. Celle-ci ayant mis en avant l’arrivée d’une nouvelle génération de cyclistes français talentueux après une période difficile. Est-ce ce qu’il est possible de passer ces années dites « Armstrong » sans une passion indéfectible ?

Je ne me suis jamais posé de questions. J’ai toujours cru en ce que je faisais, que cela porterait ses fruits un jour ou l’autre. Est-ce de l’inconscience ? Je ne sais pas. Comme j’ai coutume de dire : c’est le doute qui fait avancer, mais je ne doute pas de réussir. Nous avons cru en notre destin.

"Le leader est celui qui sait faire mal à ses concurrents"

Le leadership est-il naturel ou peut-il ­s’acquérir ? Votre leader sur les Grands Tours, Thibault Pinot, a par exemple mis du temps avant d’assumer pleinement ce rôle.

Le leadership entre le dirigeant d’une équipe et un coureur est très différent. Le peloton est une jungle où se crée un ­rapport de force. Le leader c’est celui qui sait faire mal à ses concurrents. Il doit prouver qu’il est le plus fort physiquement et mentalement. Si vous ne faites pas mal aux autres, vous serez éjecté. C’est la performance, la capacité à surpasser la douleur qui font de vous un leader.

La passion vous a-t-elle conduit à prendre de mauvaises décisions ?

Pas souvent. J’ai la chance d’être bien entouré. Mes proches ont été capables de me guider, de me conseiller. Je sais entendre et écouter. J’essaie de fonctionner avec le plus d’adhésion possible de la part des personnes de mon équipe. Je décide rarement tout seul. Le monde du cyclisme a fortement changé. Les équipes sont de véritables entreprises. Aujourd’hui je suis plus une courroie de transmission. Mon rôle est de donner les moyens à mes collaborateurs de bien travailler et de mettre les talents individuels au bénéfice du collectif. Tous les membres de l’équipe doivent, chacun dans son domaine, avoir le sentiment d’apporter une valeur ajoutée.

Le meilleur est-il encore à venir ?

Bien sûr, je crois toujours que demain sera meilleur qu’hier. Je rêve qu’un coureur de notre équipe remporte un jour le Tour de France. Est-ce que ce rêve se réalisera ? Je n’en sais rien. Lorsque l’on fait du sport de haut niveau, on souhaite aller le plus loin possible. Le destin fera le reste. Le plus important est de se donner les moyens d’y parvenir.

Propos recueillis par Aurélien Florin

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