C.-E. de Cazalet (EPSA Innovation) : " L’État est aujourd’hui un véritable partenaire financier des entreprises "

Face à la multitude des dispositifs existants et aux attentes des pouvoirs publics, il est parfois délicat pour les dirigeants d’identifier et de solliciter les aides publiques adaptées à leurs projets. Charles-Edouard de Cazalet, directeur associé chez Epsa Innovation, cabinet de conseil spécialisé dans la performance opérationnelle tout au long du cycle innovation, revient sur les défis et les obstacles auxquels les entreprises françaises, dans tous les secteurs d’activités, de la start-up à l’ETI, en passant par le grand groupe, sont confrontées en matière de financement.
Charles-Edouard de Cazalet, directeur associé chez EPSA Innovation

Face à la multitude des dispositifs existants et aux attentes des pouvoirs publics, il est parfois délicat pour les dirigeants d’identifier et de solliciter les aides publiques adaptées à leurs projets. Charles-Edouard de Cazalet, directeur associé chez Epsa Innovation, cabinet de conseil spécialisé dans la performance opérationnelle tout au long du cycle innovation, revient sur les défis et les obstacles auxquels les entreprises françaises, dans tous les secteurs d’activités, de la start-up à l’ETI, en passant par le grand groupe, sont confrontées en matière de financement.

Décideurs. Quels types de dispositifs existent-ils actuellement pour aider les entreprises à financer leurs projets de développement et de transformation ? Sont-ils suffisants ?

Charles-Edouard de Cazalet. Plus que jamais, l’État se positionne aujourd’hui comme un véritable partenaire financier des entreprises dans le développement de leurs projets de croissance, d’internationalisation, d’investissement ou encore de décarbonation. Les entreprises françaises ont toujours bénéficié de programmes de soutien public pour financer leurs projets d’innovation et de R&D, tels que les crédits d’impôt recherche (CIR) et innovation (CII) ou le statut Jeune entreprise innovante (JEI). Cependant, les défis sociétaux actuels comme la réindustrialisation ou la décarbonation de notre industrie nécessitent un taux de financement plus élevé dans un contexte de forte mutation des entreprises.

Depuis 2020, ces financements ont été largement renforcés pour faire face à la crise sanitaire et économique. Nous avons rapidement vu émerger le plan de relance " France Relance ", avec plus de 100 milliards d’euros destinés aux investissements et à la décarbonation de l’industrie dans ce contexte économique dégradé, puis le Plan " France 2030 " dont l’objectif est notamment de soutenir la R&D et l’innovation dans des secteurs stratégiques : énergies alternatives, mobilités vertes, production médicale, exploration spatiale… Ces plans ambitieux démontrent la volonté de l’État d’être un soutien financier privilégié pour les entreprises.

" Il y a une méconnaissance des différents dispositifs existants de la part des entreprises, surtout de la part des plus petites structures "

Bien qu’il soit encore tôt pour évaluer les résultats de ces plans, nous observons déjà des financements très bénéfiques pour l’activité de nos clients, grâce à de nombreux appels à projets et subventions adaptés à leurs problématiques de financement et aux besoins de notre société. Ces dispositifs permettent de déclencher des décisions d’investissement ou d’amplifier les budgets initialement prévus afin d’augmenter l’impact et les objectifs des projets.

Quels sont les freins et obstacles que rencontrent les entreprises dans leur recherche d’aides publiques ?

Le principal problème réside dans l’absence de mise en place d’une stratégie de financement cohérente avec les besoins en développement de l’entreprise, sa taille et la nature de ses projets. D’une part, il y a une méconnaissance des différents dispositifs existants de la part des entreprises, surtout de la part des plus petites structures comme les start-up ou les PME, qui passent à côté des dispositifs adaptés à leurs besoins par manque de connaissances ou de temps à y consacrer. Les ETI ou les grandes entreprises, en revanche, rencontrent le plus souvent des difficultés à identifier l’ensemble des projets d’investissement en cours au sein de leurs différents sites ou entités et, finalement, à cartographier les projets qui pourraient faire l’objet d’un soutien des pouvoirs publics.

Selon notre expérience chez Epsa ­Innovation, une stratégie de financement cohérente doit prendre en compte trois ­facteurs.

Tout d’abord, il est essentiel de posséder une bonne compréhension des problématiques de financement de l’entreprise, avec une vision à 360° des projets actuels et à venir, avec leur thématique, leur budget, leur localisation et leur timing. Pour mettre en place une stratégie de financement optimisée, l’entreprise doit raisonner sur une échelle qui englobe l’ensemble de ses projets d’investissements et des problématiques métiers (digitalisation, robotisation d’un site industriel, éco-­conception, design de produits…).

Ensuite, la mise en place de process ­internes adaptés est nécessaire pour optimiser la centralisation des données et la réactivité dans les demandes de financement, qu’il s’agisse du CIR/CII, des aides à l’innovation ou des appels à projets. L’organisation interne doit permettre de piloter la stratégie de financement efficacement grâce à une remontée d’informations régulière et une coordination entre les équipes afin d’éviter que les demandes de financement deviennent concurrentes entre elles. Pour rappel, une même dépense ne peut ­bénéficier de l’aide de deux aides ­publiques en parallèle.

" La qualité intrinsèque du dossier justificatif est ce qui garantit un financement maximal "

Pour finir, la clé réside également dans une véritable stratégie de veille de l’écosystème. La qualité intrinsèque du dossier justificatif est ce qui garantit un financement maximal. Cependant, il est intéressant de rester en contact régulier avec les organismes de financement pour anticiper la publication de futurs appels à projet. C’est le cas des experts d’Epsa Innovation, qui échangent régulièrement avec les instructeurs pour comprendre leurs attentes dans le processus de sélection de dossiers.

Leader dans l’obtention d’aides liées au plan de relance, Epsa Innovation a déposé plus de 200 dossiers " France Relance " depuis juillet 2020 et a déjà permis de financer 60 lauréats, avec un taux de succès à 80 % sur les premiers dossiers instruits. Quelles meilleures pratiques recommandez-vous afin d’accompagner les entreprises dans leur recherche de financements ?

Pour répondre aux différentes problématiques de financement de nos clients, nous procédons à un accompagnement personnalisé et adapté à chaque typologie d’entreprise, de la start-up à l’ETI.

Par exemple, une start-up qui bénéficie déjà des avantages fiscaux et sociaux du statut Jeune entreprise innovante (JEI) ignore qu’elle peut également bénéficier de dispositifs liés à la deeptech ou d’aides régionales spécifiques. De la même manière, une ETI qui déclare du Crédit d’impôt recherche (CIR) depuis plusieurs années peut rencontrer des difficultés à imbriquer correctement le dispositif IP Box dans sa stratégie de financement de sa propriété intellectuelle ou à identifier les projets d’investissement mis en œuvre à travers son organisation et susceptibles d’être soutenus par un dispositif.

Les experts d’Epsa Innovation s’impliquent en véritables partenaires de l’entreprise dans l’identification et la mise en place des financements publics adaptés à l’aide d’une cartographie initiale de tous ses projets en cours et à venir. À la mesure de leur parfaite maîtrise des critères de sélection des dossiers de candidature, ils ont ainsi obtenu plus de 100 millions d’euros de financements directs en 2020 pour nos clients.

Par ailleurs, faire appel à un cabinet spécialisé permet de sécuriser le dossier de demande d’aide grâce à la constitution des éléments justificatifs en fonction des attentes actuelles de l’administration fiscale et des différents organismes émetteurs (État, Bpifrance, Ademe…).

Epsa innovation est l’entité " financement de l’innovation " d’Epsa Groupe, acteur majeur de la performance des entreprises. Nous comptons plus de 220 salariés présents dans 7 pays, 35 millions d’euros de chiffre d’affaires et 2 500 clients.

Avec une croissance organique et externe de plus de 150 % en 3 ans, Epsa Groupe accompagne aujourd’hui plus de 5 000 clients, dont 36 membres du CAC 40, dans 30 pays pour un volume d’affaires de 650 millions d’euros.

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