C. Béchu (Maire d'Angers) : "Je veux qu’Angers soit la première smart city d’une nouvelle génération de territoire intelligent"

Angers présente, à l’occasion du SIMI, "Territoire Intelligent". Ce nouveau programme de 178 millions d'euros sur 12 ans vient d'être conclu avec le consortium mené par Engie Solutions. Christophe Béchu, le maire de la ville, dévoile sa stratégie urbaine.
Christophe Béchu (©Pascal Guiraud)

Angers présente, à l’occasion du SIMI, "Territoire Intelligent". Ce nouveau programme de 178 millions d'euros sur 12 ans vient d'être conclu avec le consortium mené par Engie Solutions. Christophe Béchu, le maire de la ville, dévoile sa stratégie urbaine.

Décideurs. Quelles sont les grandes lignes de la stratégie urbaine déployée à Angers depuis 2014 ?

Christophe Béchu. Notre stratégie repose sur trois piliers : la mise en valeur, la rénovation et l’innovation. La mise en valeur de l’exceptionnel patrimoine architectural et paysager de la ville d’Angers (155 000 habitants) passe par l’attention portée à la qualité de tous les projets, qu’ils soient publics ou privés. Mais elle est également mise en œuvre à travers des projets phares. Deux exemples : Cœur de Maine vise à reconnecter la cité à sa rivière par la création de nouveaux espaces publics au bord de l’eau et le périmètre du site patrimonial remarquable (SPR) permet de préserver le patrimoine tout en accélérant la réhabilitation des bâtiments privés. Le deuxième pilier, c’est le renouvellement urbain, notamment la transformation de deux grands quartiers d’habitat social, Belle-Beille et Monplaisir, en véritables écoquartiers desservis par une nouvelle ligne de tram. Enfin, l’innovation répond aux nouveaux besoins des habitants d’aujourd’hui et de demain. Angers bénéficie d’une forte attractivité et doit continuer à créer du logement et des lieux d’activités pour accueillir de nouveaux habitants et emplois. La Ville a engagé plusieurs opérations d’aménagement qui offrent un fort potentiel de développement. Au-delà du quantitatif, notre préoccupation est aussi d’anticiper les besoins des habitants de demain en innovant dans la programmation, l’architecture ou encore la qualité environnementale. C’est le sens de l’appel à projet Imagine Angers.

Quel bilan tirez-vous justement d’Imagine Angers, lancé en 2017 ?

Cette initiative a permis de faire émerger six grands projets qui n’auraient pas vu le jour sans une telle démarche. Trois permis de construire ont d’ores et déjà été déposés, pour un démarrage des travaux en 2020. Au-delà des six projets lauréats, l’ensemble des projets ont apporté des idées et des réponses nouvelles qui pourront voir le jour sur d’autres sites. La démarche nous conduit aussi à travailler différemment avec les acteurs de la ville, en tirant mieux parti de l’investissement et de l’innovation privée pour répondre à certains besoins des habitants et des entreprises. Imagine Angers a aussi participé au rayonnement d’Angers et a renforcé l’image de dynamisme et d’innovation de notre ville. Cela a également été un moment intense d’échanges et de débats avec les habitants sur la ville de demain, notamment à travers la boîte à idées ouverte sur le site qui a recueilli des centaines de propositions, mais également lors de l’exposition des projets au public, visitée par 15 000 Angevins.

Pourquoi avez-vous mis en place un moratoire des zones commerciales ?

Depuis l’ouverture de l’Atoll, en avril 2012, l’agglomération angevine possède deux grands pôles commerciaux, au nord et au sud, qui s’étendent sur plus de 90 000 m2 et accueillent chaque année entre 6 et 7 millions de visiteurs. Ces deux pôles se situent à une dizaine de kilomètres du centre-ville d’Angers qui, comme partout en France, souffre de la concurrence des zones commerciales de périphérie. Et ce, même si le taux de vacances en centre-ville est moins important à Angers (5,5 %) que dans des villes de taille comparable (12 %). Le moratoire, voté en 2014, a pour objectif de préserver les équilibres sur notre territoire et de protéger les commerces de centre-ville. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons décrété la première heure gratuite de stationnement dans les parkings.

Quelle est votre vision de la Smart City ?

Je veux qu’Angers soit la première d’une nouvelle génération de territoire intelligent. Notre territoire (300 000 habitants) a une histoire ancienne et très riche avec l’électronique. Des filières de pointe s’y sont développées (Bull, Thomson) et il est reconnu pour la qualité de son enseignement supérieur et ses établissements de recherche (ESEO, ESAIP, ISTOM). Ce territoire est également mis en avant pour son dynamisme économique, grâce à la présence d’entreprises renommées (Evolis, ATOS, Scania). Nous figurons aujourd’hui parmi les chefs de file de la transition numérique et de l’économie du futur. Nous sommes labellisés French Tech depuis 2015, nous hébergeons la Cité de l’objet connecté, nous avons accueilli le World Electronics Forum en 2017 et Angers a été la ville hôte du Global Forum les 7 et 8 octobre derniers. Implanté à Angers, le Cluster régional We Network contribue également à cette dynamique territoriale en fédérant les industriels de l’électronique et des systèmes intelligents de l’Ouest. Je souhaite poursuivre sur cette dynamique en dépassant le concept de territoire d’expérimentation. Il s’agit désormais de bâtir un territoire intelligent dans ses usages, dans ses services publics et dans son rapport aux citoyens, avec trois grands objectifs : économiser les consommations et les ressources afin d’accélérer la transition écologique du territoire pour qu’il soit plus durable, plus responsable et qu’il respecte mieux l’environnement ; améliorer et proposer de nouveaux services aux habitants, ce qui permettra de rendre l’action publique plus efficace et plus opérationnelle au service des habitants ; optimiser la gestion du service public et ses coûts de fonctionnement, dans le but de générer des économies pour la collectivité. Des projets innovants concernent déjà un grand nombre de politiques publiques, comme la gestion des bâtiments, des espaces verts, des déchets ou du stationnement. A l'issue d'un dialogue compétitif que nous avons engagé fin 2018,  nous avons sélection le consortium Engie Solutions – Suez – La Poste – le Groupe Vyv pour accompagner le territoire dans sa démarche. Le marché global de performance s’étalera sur une durée de douze ans pour un montant d’investissement estimé à 178 millions d’euros HT, dont une tranche ferme de 121 millions d’euros HT.

Propos recueillis par François Perrigault (@fperrigault)

Cette interview est extraite du guide Acteurs Publics 2019 qui sera disponible sous peu. 
 

Le projet Métamorphose, lauréat sur le site Quai Saint Serge dans le cadre d’Imagine Angers (© Hamonic + Masson & associés / Groupe Giboire)

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