Alors qu’elles naviguent dans la nouvelle donne climatique et les contraintes qui l’escortent, les entreprises témoignent des leviers privilégiés en 2021 pour abaisser leurs émissions, et évoquent les freins à l’adoption d’un immobilier plus durable. Décryptage.

À la suite d’une enquête mondiale réalisée auprès de 426 entreprises et 221 investisseurs, JLL a publié l'étude "Vers des bureaux bas carbone" dans le but de recenser les initiatives des entreprises dans leur démarche de durabilité et de mesurer la façon dont elles mobilisent leurs bureaux pour réduire leur empreinte environnementale.

Responsabilité collective

Selon l'étude, en 2021, 68 % des entreprises déclarent avoir intégré la réduction de l’empreinte carbone à leur stratégie de développement durable. Une part qui devrait atteindre les 88 % à horizon 2025. Dans plus de la moitié des cas, leurs efforts sont motivés par le désir de répondre aux attentes de la société et des salariés, tout en améliorant leur efficacité opérationnelle et en réduisant leurs coûts. Pour 82 % des répondants, les salariés vont en effet demander à pouvoir travailler dans des lieux plus verts et plus durables à l’avenir. Signe que l’immobilier est un paramètre de plus en plus scruté en matière d’impact carbone, 83 % des répondants affirment que l’immobilier durable est devenu un sujet de comité de direction. Dans le détail, le choix d'un nouveau site apparaît comme une éventualité crédible : 40 % des décideurs immobiliers vont prioriser les immeubles certifiés d'ici à 2025. De fait, les leviers actionnés majoritairement en 2021 ont consisté à optimiser la surface prise à bail, à identifier les actifs à fort impact carbone dans les portefeuilles et arbitrages et à privilégier les immeubles certifiés. En matière d'organisation, 39 % adopteront des principes de rénovation de leurs espaces, respectueux des objectifs zéro émission d'ici 2025. Les leviers identifiés résidant dans le déploiement de principes d'aménagement et des cahiers des charges durables, la prévalence de la conception modulaire, de la qualité des matériaux et du réemploi ainsi que la réduction du carbone incorporé. 

De la parole aux actes ?

Si la plupart des entreprises sondées déclarent accélérer leur objectif d’immobilier bas carbone d’ici 2025, des freins importants demeurent. En effet, seules 37 % s’estiment matures en matière de mesures et de reporting, empêchant ainsi la mesure de l’efficacité réelle de leurs actions. Par ailleurs, plus de trois quarts des entreprises indiquent ressentir un manque de soutien de leurs ambitions par les bailleurs et un manque d’incitation des collectivités. Fait révélateur, 59 % des directions immobilières regarderont la politique de développement durable des villes avant d’opter pour une nouvelle localisation à horizon 2025. Concernant les moyens, le déploiement de solutions technologiques adéquates et l’amélioration des capacités en matière de collecte et d’analyse de données sont considérés comme les leviers à actionner en priorité dans les années à venir pour opérer la transition durable du bâtiment. Flore Pradère, directrice Recherche et Prospective Bureaux chez JLL, conclut : "Pour être efficace dans l’atteinte de leur objectif net 0 carbone, entreprises comme investisseurs s’accordent sur un point : ils devront travailler main dans la main, et avec les collectivités, pour répondre aux enjeux de la décarbonation. Un écosystème partenarial est à mettre en place, car la transition écologique doit être globale et intégrée à chaque étape d’un projet de construction ou de rénovation, de l’écoconception du chantier jusqu’aux usages de l’occupant". Des volontés partagées qui imposent une collaboration durable. De quoi passer du cynisme à la bonne volonté ? C'est à espérer. 

AC

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