Brut poursuit sa révolution médiatique avec BrutX

Véritable phénomène de société, le média Brut diffusé sur les réseaux sociaux, qui totalise près de 20 milliards de vues en 2020, débarque à présent sur nos écrans de télévision. Avec BrutX, le site d’information lance désormais sa propre plateforme SVOD. Claire Basini, directrice générale adjointe en charge des nouvelles activités et Laurent Lucas, directeur de rédaction décryptent ce nouveau projet et les ambitions du groupe.

© BrutX

Véritable phénomène de société, le média Brut diffusé sur les réseaux sociaux, qui totalise près de 20 milliards de vues en 2020, débarque à présent sur nos écrans de télévision. Avec BrutX, le site d’information lance désormais sa propre plateforme SVOD. Claire Basini, directrice générale adjointe en charge des nouvelles activités et Laurent Lucas, directeur de rédaction décryptent ce nouveau projet et les ambitions du groupe.

Décideurs. Brut vient d’annoncer le lancement de sa propre plateforme SVOD. Quel est l’objectif et la valeur ajoutée de BrutX ?  

Claire Basini. Depuis sa création, Brut met en avant des acteurs du changement à travers l’actualité et l’information. Notre communauté découvre ainsi des sujets et des personnalités qui l’intéresse, mais sans pouvoir aller plus loin. Nous nous sommes dit qu’il était important de pouvoir approfondir ces thèmes, et les valeurs que défend Brut sur une plateforme qui propose des fictions, des films, des séries et des documentaires. Et parce que nous considérons que la culture et les artistes sont depuis toujours des fers de lance de l’évolution de notre société. BrutX fait ainsi vraiment sens et complète Brut avec la création d’un écosystème global, entre le média et la plateforme SVOD.  

Comment s’organise l’alimentation et la distribution de la plateforme BrutX ?  

Claire Basini. En plus de la création de contenus originaux via notre studio de production interne, nous avons noué des partenariats avec des acteurs culturels français, européens et internationaux. Studios de production, sociétés de distribution ou encore artistes et journalistes indépendants nous proposent leurs projets et leurs œuvres.  

BrutX propose une expérience de divertissement sur du temps long, en immersion. Il nous a donc paru évident que la télévision serait le support principal de consommation de la plateforme. Nous sommes distribués sur huit millions de box via les opérateurs télécoms Orange et Free. Une discussion est en cours avec l’ensemble du marché, afin d'étendre cette offre très prochainement. Par ailleurs, un partenariat d’envergure a également été signé avec le groupe Fnac-Darty pour faire découvrir BrutX à leurs clients dans tous les magasins et sur leurs sites respectifs. 

Les vidéos Brut ont généré 20 milliards de vues en 2020. C’est un phénomène de société toutes tranches d’âge confondues, particulièrement chez les jeunes. Quelle est votre recette secrète et quel est l’ADN de Brut ?  

Laurent Lucas. Brut est un média générationnel. Il traduit et raconte le monde dans lequel nous vivons, de manière assez authentique. Comme les nouvelles générations se détournent des médias traditionnels, les réseaux sociaux sont le point d’accès choisi par Brut pour toucher ces générations qui utilisent davantage leur téléphone. La protection de l’environnement, le féminisme, la responsabilité du pouvoir font partie des nombreux sujets universels pour lesquels Brut s’engage et souhaite sensibiliser les spectateurs. Les histoires que nous partageons ont une portée internationale et peuvent toucher autant un jeune spectateur indien qu’un jeune Américain ou Européen. Cette conviction, alliée à notre capacité d’adaptation aux plateformes en ligne en évolution constante correspondent à l’ADN de Brut. 

“Brut ne se positionne absolument pas contre les médias traditionnels”

Que pensez-vous du débat sur la légitimité et la perception des nouveaux médias face aux médias traditionnels ? 

Laurent Lucas. Brut ne se positionne absolument pas contre les médias traditionnels, qui font leur métier de manière respectable, en plus d’être essentiels et importants. Notre préoccupation est avant tout de correspondre à l’usage. C’est-à-dire, à la manière dont les jeunes générations s’informent. BrutX s’inscrit dans cette volonté de coller à tous les canaux par lesquels l’actualité est désormais consommée. La diversification de notre contenu permet d’enrichir des thèmes que nous abordons sur les réseaux sociaux et qui sont peu abordés dans l’univers médiatique. Produire des documentaires sur des thèmes pour lesquels les jeunes générations ont un réel intérêt et faire passerelle avec la culture est notre objectif. C’est le cas notamment de la série Veneno  disponible sur notre plateforme et qui aborde la transidentité.  

Claire Basini. Si les réseaux sociaux sont le cœur du réacteur de Brut, nous nous adaptons à tous les usages. Nous proposons aussi des podcasts, une newsletter quotidienne qui permet une relation plus personnalisée et intime avec le spectateur, ainsi que l’accès à toutes les rubriques sur notre site internet.  

Brut s’est énormément développé à l’international, notamment en ouvrant des bureaux aux États-Unis, et en s’étendant en Asie orientale et en Amérique latine. Pourquoi ce choix ?  

Laurent Lucas. Après le lancement de Brut en France en novembre 2016, nous nous sommes très rapidement rendu compte de l’universalité de nos thématiques. Environ 70% de nos vidéos sont regardées partout dans le monde. C’est pour cette raison qu’il est intéressant de se développer à l’échelle internationale, et de globaliser au maximum les contenus. Pour cela, nous avons tout d’abord développé des outils qui nous permettent de transformer nos vidéos françaises en anglais, en espagnol, mais aussi en hindi. Grâce à cette agilité, Brut a ouvert des bureaux aux États-Unis et en Inde. Nous venons d'ouvrir de nouvelles pages dans 5 pays d’Afrique ainsi que d’investir l’Amérique latine et très prochainement l’Asie du Sud-Est. Si notre ADN se construit depuis Paris, Brut déploiera aussi des équipes locales dans chaque pays pour créer encore davantage de contenus.  

Quelle est la feuille de route de Brut et de BrutX pour 2021 ? 

Laurent Lucas. Côté média, nous allons continuer de raconter le monde qui nous entoure de la manière la plus juste possible. Brut souhaite aussi développer de nouveaux formats et accentuer les situations d’immersion dans les enquêtes. Nous réfléchissons dès à présent à la manière de décrypter la future campagne électorale qui s’annonce animée.  

Claire Basini. Le lancement de BrutX est véritablement le projet pour lequel nous nourrissons de grandes ambitions cette année. Poursuivre la production de documentaires exclusifs, enrichir le catalogue par de nouveaux partenariats culturels et pouvoir, à terme, produire nous-même des séries et des films sont nos objectifs immédiats.  

Propos recueillis par Laura Breut 

 

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