"BPE affirme son positionnement de banque privée positive et citoyenne"

La proactivité de BPE sur les questions ISR n’est pas un frein à la croissance de la banque privée. Bien au contraire. Jean-Marc Ribes, président du directoire, et Aurélie Tristant, membre du directoire et présidente de La Banque Postale Immobilier Conseil, reviennent sur l’engagement de leur établissement.

La proactivité de BPE sur les questions ISR n’est pas un frein à la croissance de la banque privée. Bien au contraire. Jean-Marc Ribes, président du directoire, et Aurélie Tristant, membre du directoire et présidente de La Banque Postale Immobilier Conseil, reviennent sur l’engagement de leur établissement.

Décideurs. Pouvez-vous nous présenter la banque privée BPE ?

Jean-Marc Ribes. BPE est une filiale à 100 % de La Banque Postale, qui est elle-même filiale de La Poste. Nous sommes une banque privée parisienne également présente dans les territoires puisque nous sommes implantés dans plus de 70 villes. C’est important de le préciser car nous accompagnons nos familles patrimoniales et nos dirigeants d’entreprise dans toute la France. BPE est une structure extrêmement agile, à taille humaine, qui prend des décisions rapides. Avec sa filiale La Banque Postale Immobilier Conseil (LBPIC), elle s’appuie sur 450 personnes tout en étant adossée à un groupe puissant, solide et liquide qu’est La Poste.

Quelle place y prend l’investissement socialement responsable ?

J.-M. R. C’est un engagement collectif très important pour nos collaborateurs, pour nos clients et pour le groupe BPE dans son ensemble. Nous sommes la première banque privée à avoir signé un accord en 2020 avec l’Institut de l’économie positive afin de calculer notre indice de positivité.

En quoi consiste-t-il ?

J.-M. R. Il est établi à travers cinq dimensions qui touchent aux sujets de mixité et d’intégration, au bienêtre au travail tel que la satisfaction de nos collaborateurs, aux aspects environnementaux comme le calcul de son empreinte carbone, aux offres de services et produits positifs pour nos clients ainsi qu’à la dimension stratégique sur le long terme de l’entreprise. BPE affirme son positionnement de banque privée positive et citoyenne. C’est-àdire : où en est-on aujourd’hui et où souhaitons-nous aller demain ?

Auriez-vous un exemple concret d’action ?

J.-M. R. Tout à fait. En novembre, nous avons signé l’accord handicap, en présence de Madame Sophie Cluzel, Secrétaire d’État auprès du Premier Ministre, chargée des personnes handicapées au siège de notre banque privée BPE. Cet accord permet à nos collaborateurs qui souhaitent aider, soit directement des personnes handicapées au sein de l’entreprise soit des aidants qui ont, par exemple, des enfants touchés par le handicap, en leur faisant don de jours de congés ou de RTT. Autre exemple : les absences accordées par notre directoire et notre DRH aux collaborateurs qui ont besoin de se faire soigner ou de soigner leurs enfants. Quand on doit aller à l’hôpital, il est généralement très compliqué de trouver des horaires avant 9h et après 17h. Enfin, depuis le 2 novembre, nous avons pris l’engagement de recruter une personne sur deux en situation de handicap. Depuis, nous avons respecté cette règle et allons continuer à le faire.

"Quand le CAC 40 a chuté de 6 % en 2020, notre PEA citoyen a fait plus de 10 %"

La gestion sous mandat est l’une des activités qui caractérisent BPE. Comment les questions d’ISR y sont-elles intégrées ?

J.-M. R. Aujourd’hui, 92 % de nos investissements en gestion sous mandat intègrent une politique de gestion ISR. Et nous travaillons pour que, d’ici à fin juin 2021, 100 % de notre gamme GSM soit ISR. Nous intégrons cette thématique depuis plusieurs années déjà, notamment à travers notre gamme citoyenne. Nous avons développé un PEA citoyen, qui rencontre un vif succès auprès de notre clientèle. Quand le CAC 40 a chuté de 6 % en 2020, celui-ci a fait plus de 10 %. Nous avons aussi un profil de mandat de gestion citoyen qui est dans notre contrat d’assurance-vie BPE Emeraude, que nous avons développé avec CNP Assurances, qui fait partie de notre groupe. Les OPC sélectionnés chez BPE respectent les exigences du label d’État ISR, lequel existe depuis 2016. La sélection des actions est également réalisée avec des critères extra-financiers ESG.

Avez-vous des exemples d’offres très concrètes ?

Aurélie Tristant. Je vous donne deux exemples d’offres « positives » que nous venons de concevoir pour nos clients. La première est un groupement forestier d’investissement, lancé à l’automne dernier et élaboré avec la Société Forestière, filiale de la Caisse des dépôts et de CNP Assurances. Nous proposons à nos clients de devenir associés du groupement forestier BPE Patrimoine et Forêts pour investir dans la forêt française et ainsi participer à sa protection. Leur épargne se trouve orientée vers un actif tangible. La deuxième offre est une obligation "verte", BPE Green France 2031, que nous venons de lancer avec La Banque Postale. Celle-ci repose sur un sous-jacent de 35 valeurs françaises sélectionnées pour leur responsabilité environnementale et va permettre d’émettre un "green bond" afin de financer la transition énergétique. Cette offre est disponible jusqu’au 12 mars.

L’une des réponses à la question environnementale se trouve donc dans la diversification de l’épargne.

A.T. Nous pensons chez BPE que la diversification est très importante et illustre le fait d’être une banque privée positive. Nos clients nous demandent de leur proposer une réflexion large sur la manière d’investir leur épargne. Dans les échanges que nous avons avec eux, nous prenons en compte leur curiosité, leur appétence à investir dans des offres proches de leur territoire. Ils doivent avoir le sentiment que leur épargne est utile pour leur région, pour leur pays et bien sûr pour leur famille au sens large. C’est le principe d’une épargne qui rend heureux.

"Nous pensons chez BPE que la diversification est très importante"

Cette diversification s’illustre à travers des offres en direct ?

A.T. Oui, par exemple, avec la plateforme de crowdfunding Lendopolis, filiale également de La Banque Postale, nous proposons d’investir directement dans des projets liés à la transformation énergétique, comme des parcs éoliens ou des centrales solaires. Là encore, nos clients mettent leur épargne au service de leurs territoires.

Vous pouvez aussi proposer les services de la Banque postale Immobilier Conseil. Comment fonctionne-t-elle ?

A.T. La Banque Postale Immobilier Conseil, filiale de BPE depuis l’année dernière, a dix ans d’existence. Elle propose à nos clients d’investir directement dans l’immobilier, actif préféré des Français. Elle sélectionne les meilleurs programmes, en favorisant des bâtiments à énergie positive et dont l’usage a un sens pour la société. Je pense à l’immobilier de santé ou à celui à destination des étudiants.

Comment l’année 2020 s’est-elle passée pour BPE ?

J.-M. R. L’année dernière a été une nouvelle année de croissance pour BPE. Notre banque a enregistré ses meilleurs résultats depuis sa création en 1963. L’esprit entrepreneurial, d’équipe et de conquête, ainsi que la proximité que nous avons su entretenir avec nos clients et prospects, nous ont permis de nous développer fortement. Les encours nets de nos crédits patrimoniaux ont augmenté de 400 millions d’euros, soit +13 %. La collecte brute de nos actifs sous gestion s’est élevée à 2,2 milliards d’euros et la collecte nette à 1,7 milliard d’euros en 2020. Nous sommes donc très confiants pour l’année 2021. Quelle que soit la situation sanitaire, nous continuerons à être très proches de nos clients et du business. Notre objectif d’actifs sous gestion est d’atteindre 13 milliards d’euros contre 11,3 milliards en 2020. Et nous souhaitons être encore plus positifs que par le passé !

Propos recueillis par Julien Garrone

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