Blade veut renverser l’industrie de l’ordinateur

L’ordinateur dans le cloud lancé par la start-up Blade affiche 50 000 abonnés. Un succès pour cette entreprise d’à peine trois ans. Il vient récompenser une stratégie tournée vers les gamers et une bonne dose de système D. Son prochain défi, renverser l'industrie de l'ordinateur personnel.

L’ordinateur dans le cloud lancé par la start-up Blade affiche 50 000 abonnés. Un succès pour cette entreprise d’à peine trois ans. Il vient récompenser une stratégie tournée vers les gamers et une bonne dose de système D. Son prochain défi, renverser l'industrie de l'ordinateur personnel.

Au premier abord Blade apparaît comme une start-up réservée aux geeks ou à une élite technophile. Une fois le jargon apprivoisé, le fonctionnement de la box, baptisée Shadow, s’avère relativement simple. La start-up propose un accès à une machine haut de gamme à partir de n’importe quel ordinateur connecté à Internet. Pour ce faire, il suffit de relier la box à votre ordinateur. Peu importe que celui-ci n’ait jamais servi à autre chose qu’à enchaîner des parties de démineur. La box est connectée à un cloud où sont logées les meilleures cartes graphiques et de puissantes cartes mémoires.

Fabriquer un ordinateur sur mesure

Les gamers se sont très vite imposés comme la cible commerciale de Blade. « Nous avons lu tous les bouquins sur comment monter sa start-up. Un point revenait tout le temps : Trouver une niche où nous aurions une vraie valeur-ajoutée » explique Emmanuel Freund. L’idée d’un ordinateur décentralisé et survitaminé convient parfaitement à ce public, dont les jeux sont de plus en plus lourds. « En plus, la communauté est virale, et prescriptrice ».

Un sacré tournant pour cet entrepreneur qui commence sa carrière en développant des téléphones et des ordinateurs destinés aux seniors. Avec un certain succès. À la tête d’Isidor, puis de Doro, il réussit à vendre 250 000 exemplaires en 2 ans, et réussit même à titiller les plus grands constructeurs. « À l’époque, nous sommes devenus le quatrième vendeur dans le monde de téléphones, devant HTC ! », clame-t-il. C’est au cours de cette première expérience entrepreneuriale que lui et son cousin imaginent un ordinateur dématérialisé.

Cette fine équipe rêve de caméras haute définition et de batteries endurantes. Très vite ils doivent faire des compromis pour arriver à loger l’ensemble des composants sur un même appareil. L’idée prend alors forme de créer une ordinateur complètement dématérialisé qui libérerait les appareils des contraintes techniques. Le duo imagine même de proposer à chaque client de constituer son ordinateur sur mesure, avec des composants “as a service”. Le fondateur annonce avec assurance la fin de l’ordinateur personnel. “La seule chose personnelle, ce sont vos données” insiste Emmanuel Freund.

Shadow enterrera-t-il l’industrie du laptop ?

Après deux petites levées de fonds, la start-up lève 51 millions d’euros en 2017. Entrent à son capital des investisseurs de renom, comme Pierre Kosciusko-Morizet, qui donnent de la crédibilité aux ambitions de la start-up. Blade finance son internationalisation, ouvre un bureau aux Etats-Unis, et développe de nouveaux services. Lors de sa première convention organisée en novembre 2018, Emmanuel Freund annonce le lancement du premier réseau social de l’entreprise baptisé “Hive”. La société veut aider à retrouver le goût des LAN (Local Area Network), ces parties de jeux en réseaux entre amis, et le plaisir “des chips, des doigts gras et des coups en traître”. À plus long terme, la start-up veut diversifier son offre, en s’adressant aux graphistes, aux universités, voire au grand public.

Blade fait partie des pionniers de l’ordinateur dématérialisé. Une performance qui a même valu à la start-up un article louangeur dans la prestigieuse revue Wired. Mais partir le premier n’assure pas nécessairement le succès. Ses 50 000 abonnés, à hauteur de 30 euros par mois en moyenne, risquent de ne pas peser lourd face aux offensives de Microsoft ou de Sony, qui ont annoncé à leur tour leurs ambitions dans le cloud gaming. Google s’intéresse également à ce marché. Il a lui aussi signé un partenariat avec Ubisoft pour tester récemment le jeu Assassin's Creed Odyssey, blockbuster du géant français, en mode cloud gaming. Si les jours de l’ordinateur sont peut être comptés, il est trop tôt pour savoir qui donnera le coup de grâce.

Florent Detroy (@florentdetroy)

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