Comment les salariés jugent-ils leur rémunération ?

La crise sanitaire a remis au centre du débat la question de l’utilité sociale des métiers et accéléré la quête du sens au travail. Mais, les salariés n’abandonnent pas pour autant leurs aspirations en matière de rémunération. Elles se transforment simplement.

La crise sanitaire a remis au centre du débat la question de l’utilité sociale des métiers et accéléré la quête du sens au travail. Mais, les salariés n’abandonnent pas pour autant leurs aspirations en matière de rémunération. Elles se transforment simplement.

 

 

Chaque année, les premiers jours de l’automne annoncent la publication d’enquêtes et de baromètres autour de la question de la rémunération. Et, d’après les premiers chiffres, le cru 2020 ne devrait pas être un millésime. La responsable ? La crise du covid-19 qui, selon l’étude annuelle du cabinet Deloitte sur les salaires, met fin à plusieurs années de progression constante.

Une tendance confirmée par l’Association nationale des DRH (ANDRH) : 52% des DRH interrogés par ses soins estiment que la pandémie aura un impact négatif sur les augmentations salariales, individuelles ou collectives. Côté cadres, elle devrait, selon l’Apec, affecter principalement la partie variable de la rémunération et freiner les mobilités internes ou externes, favorables aux hausses de salaires.

Sens vs. Rémunération

La course aux augmentations semble donc bel et bien terminée. Mais, est-ce si grave pour autant ? De nombreuses études montrent, en effet, que si le salaire constitue un critère décisif pour accepter une offre d’emploi, son importance tend à diminuer avec le nombre d’années passées dans l’entreprise.

63% des employeurs estiment essentiel de pouvoir personnaliser les méthodes de paiement en fonction du type de travailleurs.

Pour les nouvelles générations, ce sont l’intérêt du poste, l’ambiance et le bien-être au travail, l’adéquation avec les valeurs portées par l’entreprise qui priment. La rémunération n’arrive qu’en dixième position des critères de choix ! Et, il y a fort à parier, que la période conforte cette quête de sens en distinguant des métiers indispensables à la vie de la nation et d’autres regroupés sous l’étiquette peu reluisante de "bullshit jobs".

Le cycle de la paie

Attention, toutefois, à ne pas sous-estimer trop hâtivement le facteur rémunération. Les salariés conservent de grandes attentes à son égard. Mais, leur attention se déplace peut-être du montant affiché sur leur bulletin de salaire aux modalités de paiement. À travers le monde, comme le révèle une étude sur le futur de la paie conduite par le ADP Research Institute, les salariés s’accordent à dire que les options de paiement – et plus particulièrement celles liées à la fréquence – peuvent être tout aussi attractives que d’autres avantages comme le télétravail.

Cela n’échappe pas aux employeurs qui, pour 70% d’entre eux, envisagent d’ores et déjà d’autres options de paiement que le traditionnel virement bancaire mensuel. 63% estiment même essentiel de pouvoir personnaliser les méthodes de paiement en fonction du type de travailleurs. L’avantage ? Rester compétitif dans la guerre des talents.

Pour 67% des dirigeants, le bien-être financier des salariés a un impact sur la productivité de l’entreprise.

Du bonheur au bien-être financier

Ces derniers accordent une importance de plus en plus forte à la vitesse de la paie. Ainsi, dans le monde, 8 salariés sur 10 se déclarent disposés à payer un petit montant pour pouvoir percevoir leur paie plus rapidement au moins une fois par an.

Plus forte auprès de la génération Y, cette demande d’accélération n’élude pas pour autant la question de la sécurité des paiements qui contribue, elle aussi, au bien-être financier des salariés. Celui-ci ne se mesure pas de manière quantitative, en pièces de monnaie sonnantes et trébuchantes. Désormais, les salariés attendent de leur employeur non pas seulement qu’il les paie mais qu’il les aide aussi à gérer leurs revenus et à les dépenser plus judicieusement. L’intérêt pour les entreprises ? Un impact positif sur leur productivité pour 67% des dirigeants.

Si l’argent ne fait pas le bonheur, il contribue donc fortement au bien-être des salariés et des organisations.

Marianne Fougère, Anaïs Le Bomin

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