Bernard Arnault, l'incontournable

Philanthrope passionné et homme d’affaires avisé, Bernard Arnault est le PDG du groupe LVMH, dont la capitalisation boursière atteint 189 milliards d’euros. Si les chiffres sont connus, l’homme est plus discret. Retour sur un parcours hors norme.

Philanthrope passionné et homme d’affaires avisé, Bernard Arnault est le PDG du groupe LVMH, dont la capitalisation boursière atteint 189 milliards d’euros. Si les chiffres sont connus, l’homme est plus discret. Retour sur un parcours hors norme.

Selon le Bloomberg Index, la fortune de Bernard Arnault a momentanément dépassé celle de Bill Gates au mois de septembre 2019. L’homme d’affaires français posséderait un patrimoine évalué à 101 milliards de dollars, soit 90 milliards d’euros. Il fait désormais partie du cercle très fermé des centimilliardaires où il talonne Jeff Bezos, homme le plus riche du monde. Grâce à l’excellente santé boursière de LVMH, la fortune du natif de Roubaix a augmenté de 17 milliards d’euros en un an.

La famille : sa première force

Bernard Arnault, c’est l’histoire d’un jeune homme du Nord pas tout à fait comme les autres, qui n’accepte pas la défaite, chez qui le travail et la réussite représentent le fil conducteur d’une vie. Le parcours de l’homme le plus riche d’Europe débute en 1949 à Croix, une commune située non loin de Roubaix. Élevé par sa grand-mère Maminette, "à la rigueur catholico-auvergnate" de son propre aveu, il apprend à être économe. Après Polytechnique, il rejoint Ferret-Savinel, l’entreprise familiale, créée en 1926 par son grand-père Etienne, et dont le père est devenu dirigeant en 1950. Il persuade ce dernier de vendre la branche BTP de l’entreprise pour se consacrer à une nouvelle activité. Après une profonde restructuration, le groupe bénéficie d’un capital de 40 millions de francs. Ferret-Savinel devient Férinel, société de promotion immobilière, et Bernard Arnault embrasse son destin d’entrepreneur.

Le luxe dans la tête

Fort de son succès hexagonal, il s’expatrie aux États-Unis en 1981 pour y lancer Ferinel Inc. L’aventure au pays de l’Oncle Sam ne rencontre pas le succès escompté : Bernard Arnault rentre au bercail en 1984… pour amorcer l’immense réussite qu’on lui connaît. C’est à ce moment qu’il se tourne vers le secteur du luxe et rachète la Financière Agache-Willot avec le soutien d’Antoine Bernheim de la banque Lazard. Cette société fiduciaire est alors propriétaire de Boussac Saint Frère, acteur majeur du textile dans le Nord, et des marques Christian Dior, Conforama, ainsi que de l’enseigne Le Bon Marché à Paris. À cette époque, le secteur du textile connaît de grandes difficultés. Afin de remettre l’entreprise sur pied, il procède à une importante restructuration pour ne conserver que la marque Christian Dior et le magasin Le Bon Marché qui deviendront les fers de lance de son empire. Une acquisition, de 40 millions de francs, soit l’essentiel de la fortune familiale, qui fera du patron français le propriétaire d’une société valorisée à huit milliards de francs en 1987. La même année, après un krach boursier, il entre au capital de LVMH, dont il acquiert 25 % des parts dès 1988. Un an plus tard, une OPA le propulse à la présidence de l’entreprise. Depuis cette date, Bernard Arnault n’a cessé d’appliquer ses principes de gouvernance. Le résultat est sans appel : la valeur du groupe est multipliée par quinze et le chiffre d’affaires progresse de plus de 500 %.

Son objectif : gagner

Gagner, vaincre, triompher. Ces mots auraient pu être associés à Gengis Khan ou Attila Le Hun, mais ils s’accordent aussi à la personnalité du patron le plus riche de France. Pour Bernard Arnault, il ne s’agit pas seulement d’aboutir à un succès financier mais aussi de laisser la concurrence sur la ligne de départ. Et ne lui parlez pas de Bill Gates ou de Steve Jobs, de Microsoft ou d’Apple qu’il juge avoir "un cycle de vie beaucoup plus éphémère que celui d’entreprises souvent centenaires". Deux entreprises du secteur des technologies, un des rares marchés où l’on entend peu parler de lui. Peut-être bien parce qu’il était là avant tout le monde, avec notamment 30 millions de dollars investis dans Netflix… en 1999. Francis Bacon affirmait que "le savoir, c’est le pouvoir". Bernard Arnault a dû consulter ses ouvrages.

Caroline Castets

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