Barbara Cygler (Viiv Healthcare) : « Le seul laboratoire dédié à 100 % dans la lutte contre le VIH »

Présente au niveau mondial, ViiV Healthcare a réalisé une croissance exponentielle en 2016, et se situe dans le classement des 500 meilleures croissances françaises à la treizième place. La deuxième filiale mondiale s’est donnée comme objectif d’adopter une approche innovante constante dans la prise en charge des patients infectés et de relever l’ensemble des nouveaux défis du VIH.

Présente au niveau mondial, ViiV Healthcare a réalisé une croissance exponentielle en 2016, et se situe dans le classement des 500 meilleures croissances françaises à la treizième place. La deuxième filiale mondiale s’est donnée comme objectif d’adopter une approche innovante constante dans la prise en charge des patients infectés et de relever l’ensemble des nouveaux défis du VIH.

Décideurs. Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

Barbara Cygler. Créée en 2009, ViiV Healthcare est une jeune joint-venture entre les laboratoires GSK, Pfizer et Shionogi depuis 2012. Nous sommes une structure dédiée à 100 % dans la lutte contre le VIH. Nous avons fait le choix initial de ne pas céder à la tentation de la diversification et de garder à cœur l’amélioration de la qualité de vie ainsi que la prise en charge des patients. 

ViiV Healthcare enregistre une croissance sur deux ans de 100,5 % et a atteint un chiffre d’affaires en 2016 de 298 millions d’euros. Comment définiriez-vous votre stratégie de croissance ?

L’innovation est notre cœur de métier. L’objectif est de trouver continuellement des produits qui apportent une amélioration en matière d’efficacité et de tolérance pour nos patients. Notre moteur de croissance réside dans la mise à disposition constante de nouveaux traitements qui améliorent la vie des patients. ViiV Healthcare est une réelle structure d’innovation avec un modèle de Recherche et Développement novateur et un engagement exclusif dans la lutte contre le VIH. Notre essor actuel est le résultat des médicaments mis à disposition ces deux dernières années.

Quels sont vos projets identifiés comme relais de croissance ?

Nous possédons aujourd’hui en France un portefeuille de dix produits. L’année 2013 a été très importante pour nous avec la sortie d’une molécule : dolutégravir. Ce traitement est au centre de trithérapies innovantes et flexibles. Nous avons eu la chance qu’à partir de la découverte de cette molécule, différentes formes de dolutégravir aient été mises à disposition des patients vivant avec le VIH. En 2016, nous avons intégré tout le portefeuille de produits VIH du laboratoire pharmaceutique BMS pour aller plus loin dans la recherche et le développement.

L’arrivée de nouveaux traitements basés sur la bithérapie sont déjà identifiés comme des relais de notre future croissance. Nous sommes le premier et seul laboratoire à proposer un traitement avec seulement deux molécules, c'est-à-dire une bithérapie, qui soit aussi efficace qu’une trithérapie ! Aujourd’hui, tout l’enjeu de cette prise en charge inédite est de vivre avec le VIH dans la durée. Cette ère de la bithérapie est un nouveau paradigme permettant à la fois d’apporter une innovation et une amélioration de la qualité de vie des patients infectés. 

Comment envisagez-vous le futur de ViiV Healthcare ?

Il y a vingt ans, une personne atteinte du VIH en mourait, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. La population infectée est de plus en plus vieillissante. Le nouvel enjeu est de trouver les traitements qui sauront s’adapter au mieux à la vie du patient de demain. La prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH reste notre principal objectif. Pour cela, nous continuerons d’investir dans la recherche et le développement. Notre challenge ? Améliorer quotidiennement la vie de nos patients !

Nous avons aussi pour but de changer le regard de la population sur les personnes atteintes du VIH. L’étude « Positive Perspective » démontre que plus de 82 % des personnes atteintes du VIH souffrent de stigmates sociétaux. Nous sommes au XXIe siècle, le fait d’être différent ou malade ne devrait plus être un problème. Il est certes important d’avoir des produits de qualité, mais permettre à des patients d’oublier qu’ils ont le VIH et changer la vision que le monde porte sur eux fait également partie de nos objectifs futurs. 

L’Onusida, le programme commun des Nations unies sur le VIH/sida, a présenté les objectifs à horizon 2020 concernant la lutte contre le VIH. Comment comptez-vous atteindre ces résultats ?

Nous sommes très impliqués dans la lutte contre le VIH. L’Onusida a effectivement défini des objectifs à horizon 2020 qu’on nomme le 90-90-90. Le premier objectif est que 90 % des personnes vivant avec le VIH doivent connaître leur statut sérologique. Le deuxième objectif est que 90 % des patients connaissant leur statut doivent être sous traitement. Et le dernier est que 90 % des malades traités doivent être contrôlés et ne plus avoir de symptômes. La France est en dessous actuellement des ambitions concernant la population diagnostiquée. Nous devons continuer à mener des actions de sensibilisation pour atteindre ces objectifs. Notre priorité est d’être à côté du patient et du soignant, car beaucoup de choses doivent encore changer. L’objectif est donc de toucher différents types de communautés qui ne sont pas forcément connectées à ce qui se passe aujourd’hui et qui ignorent les modalités de prise en charge.

Onusida, prévoit la fin de l’épidémie du Sida à l’horizon 2030. Pensez-vous que ce résultat puisse être atteint ?

C’est l’objectif ! En 2016 en France, environ 6 000 personnes ont découvert leur séropositivité. Et ce taux ne baisse pas malgré les nombreuses actions d’information menées. Notre position est de continuer à communiquer sur le sujet, de soutenir les associations de patients, d’aller sur le terrain et de travailler en partenariat avec tous les acteurs de la prise en charge du VIH. Cependant, la date butoir de 2030 reste envisageable dans les pays développés. A contrario, dans les pays en voie de développement, le chemin est encore très long. En Afrique, nous avons cédé l’intégralité de nos brevets concernant nos traitements à des fabricants de génériques. L’ambition est qu’ils puissent les diffuser. Aujourd’hui, 138 États dans le monde bénéficient de notre programme d’accès au marché et de nos produits innovants, car nous avons cédé gratuitement 17 licences volontaires. Nous travaillons beaucoup avec le medicines patent pool (MPP) qui nous aide à soutenir l’accès aux médicaments dans les pays en voie de développement. Les plus grands besoins sont là-bas !

Quels sont les enjeux contemporains de l’industrie pharmaceutique ?

L’innovation et l’accès au marché du produit sur le marché français constituent les véritables enjeux de l’industrie pharmaceutique. Aujourd’hui, il est de plus en plus difficile d’obtenir un prix valorisant l’innovation des traitements. Un réel besoin de valoriser la découverte se fait ressentir. C’est un vrai défi pour tous les laboratoires. La France est le pays d’Europe à avoir l’accès au marché le moins rapide. Une innovation mettra neuf mois supplémentaires pour être commercialisée en France qu’en Allemagne. L’objectif est donc de permettre un accès au marché plus prompt avec une valorisation de la nouveauté. Nous assistons également à un rôle toujours plus important du patient dans les instances représentatives. Les autorités de santé ont commencé à les intégrer dans leur structure. C’est un véritable bénéfice que de les voir impliqués dans la prise de décision sur des sujets qui les concernent en priorité. 

Propos recueillis par Alexandre LAURET.

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