Bandes dessinées : un investissement pour les nostalgiques

Alors que le marché de la bande dessinée semble arriver à maturité, les ventes se multiplient. Pour dénicher la perle rare, la stratégie est simple : s’en remettre aux très grands noms – Hergé et Goscinny en tête – ou miser sur des coups de cœur. Avec un risque réel de ne pas rentabiliser son achat.

© Artcurial

Projet de couverture de 1936 pour Le Lotus bleu par Hergé, vendue 3,2 millions d’euros chez Artcurial le 14 janvier 2021.

Alors que le marché de la bande dessinée semble arriver à maturité, les ventes se multiplient. Pour dénicher la perle rare, la stratégie est simple : s’en remettre aux très grands noms – Hergé et Goscinny en tête – ou miser sur des coups de cœur. Avec un risque réel de ne pas rentabiliser son achat.

"Les bandes dessinées ne seront jamais aussi tarées que ceux qui aiment ça", avait déclaré le regretté Georges Wolinski. Les prix astronomiques régulièrement enregistrés en salle des ventes lui donnent entièrement raison. Il y a forcément un peu de folie à s’offrir le projet de couverture, finalement non retenu par Hergé, pour son album Le Lotus bleu pour 3,2 millions d’euros. La vente, organisée le 14 janvier dernier par Artcurial, est devenue le record mondial pour une œuvre originale de bande dessinée.  

Madeleine de Proust 

Longtemps reléguée au rang des objets futiles, sans réelle valeur, intimement attachés au monde de l’enfance, la bande dessinée a gravi les échelons sans coup férir. Depuis les années 1990, les ventes se sont multipliées. L’occasion de mettre en lumière des pièces plus ou moins exceptionnelles mais faisant immanquablement appel à des souvenirs de jeunesse. Le côté "madeleine de Proust" de ces ouvrages explique aussi son succès car il touche une audience bien plus vaste que le petit monde des amateurs d’art contemporain par exemple. Il n’est donc pas étonnant de retrouver, parmi les amateurs, deux typologies de collectionneurs. Ceux qui, fortunés et grands amateurs, se concentrent sur les pièces les plus recherchées comme les couvertures ou les planches et les dessins originaux signés de noms mythiques comme Hergé, Bilal, Goscinny ou encore Hugo Pratt. Prêts à débourser des sommes colossales, ils sont peu nombreux. Et puis, les autres qui, pour assouvir leur passion, achètent au coup de cœur, sans forcément espérer une plus-value car, comme le rappelle Éric Leroy, spécialiste chez Artcurial, si les dessinateurs sont nombreux, le temps ne retiendra que quelques très rares élus.  

Conseil recommandé 

À de très rares exceptions près, "seules les pièces qui ont déjà de la valeur aujourd’hui continueront de s’apprécier" prévient l’expert. Dans ces conditions, la meilleure stratégie consiste à acheter en se faisant plaisir. Pour ce faire, les intermédiaires ne manquent pas. Outre les salles des hôtels de ventes, le collectionneur peut trouver son bonheur en s’adressant à des galeristes ou même auprès de librairies d’ancien ou de sites internet spécialisés. Attention cependant aux fausses bonnes affaires qui fleurissent sur le Net et qui se révèlent de véritables arnaques. Il n’est pas rare d’y trouver des albums trafiqués dans lesquels l’ancien et le récent ont été frauduleusement mêlés au sein d’un même album. Les fausses dédicaces y font également florès. Pour y voir plus clair, on ne saurait que trop conseiller de recourir à l’avis d’un professionnel. Solliciter les services d’une galerie ou d’une maison de ventes permet, de plus, d’obtenir des garanties sur l’origine de l’œuvre. Un précieux atout alors que, malgré les apparences, le marché de la bande dessinée demeure très technique. Difficile, dans ces conditions, de se passer de l’avis d’un expert pour évaluer la qualité, le niveau d’usure, les matériaux ou même la rareté d’un album ou d’une planche. Pour éviter les déceptions, la recette tient à l’association de deux ingrédients : le plaisir et le conseil.   

Sybille Vié

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Sommaire La mode gagne ses galons sur le marché de l’art H. Felbacq (Maison Cornette de Saint Cyr): "Oui, la mode est objet de collection" E. Leroy (Artcurial) : "Acheter Tintin ou Astérix, c’est comme acheter du Van Gogh ou du Picasso" Le street art sort de la rue O. Guillerot (Aguttes): "Le grand avantage du street art, c’est que l’on peut rencontrer les artistes"
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