Baisse des impôts de production : l'État se donne les moyens de ses ambitions

Bruno Le Maire promet une baisse de 20 milliards d'euros sur les impôts de production, répartie entre 2021 et 2022. Une avancée majeure réclamée depuis longtemps par les entreprises et qui permettra à la France de retrouver sa souveraineté.

Bruno Le Maire promet une baisse de 20 milliards d'euros sur les impôts de production, répartie entre 2021 et 2022. Une avancée majeure réclamée depuis longtemps par les entreprises et qui permettra à la France de retrouver sa souveraineté.

Le patronat en rêvait, Bercy l’a fait. Bruno Le Maire vient d’annoncer une baisse massive de 20 milliards d’euros d’ici à deux ans des impôts de production, avec pour objectif de relocaliser et développer l’industrie en France. Les partisans de cette mesure n’ont pas caché leur enthousiasme face à ce geste fiscal tant appelé de leurs vœux et qui, jusqu’à la crise, semblait un objectif quasi inatteignable. 

Souveraineté et environnement

"C’est une annonce majeure pour l’économie française. Des décennies que l’industrie attend ça", n’a pas manqué de commenter sur Twitter l’ancienne présidente du Medef Laurence Parisot. Tandis que sur le même réseau social Geoffroy Roux de Bézieux, actuel patron de l’organisme, saluait "Bruno Le Maire pour cette décision et cet effort massif". Rappelant que le Medef est engagé dans "ce combat pour la compétitivité depuis 2015", les impôts de production représentant aujourd’hui 60 milliards d’euros de plus en France qu’en Allemagne.

"C’est une annonce majeure pour l’économie française. Des décennies que l’industrie attend ça"

Dans le détail, une première baisse de 10 milliards d’euros sera effective en 2021, avant une seconde du même montant en 2022. "Depuis vingt ans, nous avons laissé partir notre industrie. Il y a eu des délocalisations massives, résume le locataire de Bercy sur France 2. Nous voulons relocaliser notre industrie pour être souverain sur les médicaments, sur l’automobile, sur l’aéronautique…".

Le ministre ne manque de rattacher l'ambition d'un retour vers plus de souveraineté économique à la cause environnementale – autre grand pilier de la relance économique. Bruno Le Maire rappelait sur France Inter que la transition écologique (qui pèserait pour 20 milliards d’euros dans le plan de relance, selon les premières annonces) accélérera la recherche, l’innovation, l’investissement et donc l’implantation d’entreprises sur le territoire français.

Le temps de la négociation

Si joindre le geste à la parole devrait effectivement avoir des répercussions positives sur la souveraineté, l’emploi et in fine les recettes de l’État, une baisse de la fiscalité se fait rarement sans impact, au moins à court terme, sur une ligne de financement. Et ce sont les régions qui craignent pour leurs rentrées d’argent. Bercy envisage en effet d’agir sur la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), qui représentait plus de 19 milliards d’euros l’an passé dont 9 milliards revenaient aux régions. Les négociations vont bon train entre ces territoires et le gouvernement, qui pourrait compenser la perte de ces prélèvements.

La baisse de l’impôt sur la production fait partie du plan de relance de 100 milliards d’euros annoncé cette semaine par l’État dont 40 milliards seront consacrés à l’industrie. Si le détail des dispositifs pourrait ne pas être connus avant fin août, les mesures nécessitant des discussions avec les parties prenantes, le Premier ministre a déjà commencé à égrainer certaines d’entre elles. Par exemple, les "dispositifs d'activité partielle mobiliseront 8 milliards d'euros l'année prochaine pour soutenir l'emploi et les salaires dans les entreprises confrontées à une baisse durable de leur carnet de commandes". Nul doute que chaque précision est attendue avec impatience par les milieux concernés.

Olivia Vignaud

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